Longtemps réservé à une élite oisive, le tourisme n'est en effet devenu " de masse " qu'avec le développement de la classe moyenne, y compris russe, indienne ou chinoise, et la démocratisation constante des prix des vols. En bref, plus de gens peuvent se payer des séjours à l'étranger, meilleur marché, et plus souvent. Et le boom des réseaux sociaux, avec pour double corollaire le culte de l'ego et la course à l'omniprésence visuelle, amplifiant toujours la quête de l'image parfaite, n'a rien arrangé.
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Longtemps réservé à une élite oisive, le tourisme n'est en effet devenu " de masse " qu'avec le développement de la classe moyenne, y compris russe, indienne ou chinoise, et la démocratisation constante des prix des vols. En bref, plus de gens peuvent se payer des séjours à l'étranger, meilleur marché, et plus souvent. Et le boom des réseaux sociaux, avec pour double corollaire le culte de l'ego et la course à l'omniprésence visuelle, amplifiant toujours la quête de l'image parfaite, n'a rien arrangé. A tel point qu'aujourd'hui, poster le cliché qui fera mouche prime parfois sur la réelle découverte s'inscrivant dans le temps... Résultat : certains spots sont asphyxiés, et leurs habitants envoient des signaux de ras-le-bol, voire de rébellion, comme ce fut le cas à Barcelone, Amsterdam ou Venise. Car les visiteurs qui dérangent les locaux ne sont pas forcément ceux qui se posent, en rangs serrés, sur les plages de la Costa Blanca ou des Baléares. Outre le fait que ces stations balnéaires sans charme ont été conçues pour répondre à ce type de tourisme " passif ", celui-ci ne représente désormais que 50 % des vacances sur le Vieux Continent. A en croire les chiffres de l'Organisation mondiale en charge du secteur, repris dans le dernier Courrier international, la tendance n'est pas près de s'inverser puisque 670 millions de plaisanciers ont sillonné l'Europe en 2017, soit une croissance de 7 % en un an. Et ce sont les villes, dont les infrastructures n'ont pas été pensées pour absorber cette déferlante de déplacements courts mais fréquents, qui trinquent en premier chef. Bien au-delà de la période estivale. Une option à explorer, dès lors, pour fuir les foules ? Emprunter les chemins de traverse, et chercher moins à ramener une photo incontournable qu'à vivre une expérience inoubliable. Ainsi, nous vous invitons, dans ce numéro du Vif Weekend, hors des pistes de ski balisées pour appréhender la neige autrement. Ou à nous suivre le long du sauvage littoral norvégien, en motor-home. Nul doute, cependant, que ceux qui se laisseront tenter par l'aventure dans la poudreuse et les étendues solitaires d'un pays à la superficie dix fois équivalente à la Belgique mais à la densité de population 25 fois inférieure en reviendront avec de splendides images. Si pas sur Instagram et Facebook, dans la tête. C'est pas si mal.