La chapelle de Spéluque, lovée dans le Plan - la plaine cultivée -, s'anime encore le dimanche, grâce à soeur Marie du Saint-Esprit. La sérénité des lieux, soulignée par un beau bâti roman daté du XIe siècle et une rangée de vieux arbres remarquables, nettoie le mental le plus coriace. La religieuse dominicaine a trouvé son chemin de vie?: sauver la chapelle et les terres alentour de plusieurs projets dénaturants... Tout un combat?! D'ingénieuses initiatives, telles le cl...

La chapelle de Spéluque, lovée dans le Plan - la plaine cultivée -, s'anime encore le dimanche, grâce à soeur Marie du Saint-Esprit. La sérénité des lieux, soulignée par un beau bâti roman daté du XIe siècle et une rangée de vieux arbres remarquables, nettoie le mental le plus coriace. La religieuse dominicaine a trouvé son chemin de vie?: sauver la chapelle et les terres alentour de plusieurs projets dénaturants... Tout un combat?! D'ingénieuses initiatives, telles le classement de l'édifice aux monuments historiques ou encore la production et la vente de fromages de chèvre, lui ont valu, durant plus de trente ans, les foudres du maire. La " Donna Camilla " d'Ampus, véritable ermite " protégée par la vierge polychrome de la chapelle " - la plus ancienne du Var - s'est bâti une vie hautement rocambolesque.À travers champs, les chemins de campagne conduisent sur la place de la Mairie, au coeur de la cité. On y retrouve Bernard Giuli, journaliste à Var Matin, qui salue la " table des vieilles " à la terrasse de la brasserie. Ce rassemblement quotidien des " souches féminines " d'Ampus, qui refont quotidiennement le monde autour d'un café prolongé, est le symbole de la vie sociale ici, depuis que le " banc du sénat ", autrefois fréquenté par les anciens, est actuellement déserté. La dynamique Martine, dernière " intronisée " du groupe, qui redoutait sa retraite sur Ampus, révèle qu'elle y a trouvé une vie vraie : " Ici, les gens se parlent. "Nous emboîtons le pas à Bernard, également trésorier de l'association de préservation du patrimoine d'Ampus, pour découvrir un village-crèche, au travers des rues et ruelles agrémentées de portalets - petits passages couverts, en provençal -, d'anciens cochonniers - étables à cochons - et d'adorables fontaines. Depuis l'église, on emprunte le chemin de croix qui grimpe jusqu'au rocher de l'Aiguille, sur lequel s'agrippe le village. Quatorze stations illustrent ce parcours: des plaques de céramique signées Geoff Hindry, artiste anglais. La vue, de là-haut, est admirable. L'artiste confie: " Travailler à la restauration du patrimoine me permet de goûter à chaque instant cette vie que j'ai choisie il y a vingt-cinq ans. C'est pour moi une manière de donner en retour, en participant à la préservation du village. "TEXTE : SANDRINE MOIRENC - PHOTOS : CAMILLE MOIRENCExtrait du Hors Série Weekend Spécial Provence