Deux coups de tambour dans la nuit et la foule se dresse comme un seul homme. En silence, les yeux rivés sur "l'Oeil". Les deux coups suivants annoncent le début de la prière de minuit. Sur le balcon surplombant l'étrange nef, le dan nguyet, le dan ty ba et le thanh la, cousins de la guitare et du gong, offrent des résonances mêlant musiques arabes, asiatiques et parfois jazzy. En contrebas, des gardes séparent les sexes, les cultes et les couleurs: les bouddhistes jaunes, les confucianistes rouges et les taoïstes bleus au centre; les adeptes ordinaires sur les côtés. Toisés par des dragons servant de lustres, des centaines de croyants, pieds nus, tapissent le carrelage du Temple Sacré. Dehors, ils sont plus de 10.000 à assister à l'ouverture du Festival annuel en l'honneur de Diêu Trì Kim Mau, Sainte-Mère déesse et alter ego de Dieu le Père au sein du caodaïsme.
...