Marius Gilbert, Cécile Djunga, Manon Schenck…: 7 personnalités belges reviennent sur leur année 2021, année intense

Bien que notre shooting ait eu lieu en plein coeur de l'automne, Felix Denayer nous a confié avoir dû s'empêcher de décorer son sapin le week-end d'avant. Qu'à cela ne tienne, il a eu un avant-goût de Noël en compagnie de cette joyeuse bande. © Klaartje Lambrechts
Kathleen Wuyard

De Marius Gilbert à Cécile Djunga en passant par Felix Denayer, le panel de personnalités rassemblé le temps de notre shooting de fin d’année aura marqué 2021 de son empreinte. Et rappelé au passage qu’il y a décidément de quoi être fiers de notre noble Belgique.

Ils viennent du monde du sport de haut niveau, de l’art, de la recherche scientifique ou des médias, mais tous sont habités d’une même volonté: transmettre la passion qui les habite et à laquelle ils ont choisi de dédier leur vie. Pour Felix Denayer, capitaine des Red Lions et fraîchement médaillé d’or à Tokyo, c’est le hockey, l’athlète n’hésitant pas à esquisser quelques mouvements avec son stick entre deux boules à facettes. Pour Siré Kaba, c’est une mode colorée et engagée, qui a su séduire Delphine de Belgique, habillée en total look wax lors de sa première fête nationale depuis la tribune royale. D’autres, comme Marius Gilbert, épidémiologiste devenu star malgré lui au gré de la pandémie, ont choisi de consacrer leur vie à la recherche. Ou aux médias, dans le cas de Cécile Djunga, pour qui 2021 aura aussi été l’occasion de mener un combat de la plus haute importance contre le harcèlement en ligne. Accompagnés pour ce banquet scintillant du céramiste Hugo Meert, dont la première rétrospective vient de se finir, de Manon Schenck, adoubée Jeune chef de l’année par le Michelin, ou encore de la révélation Sarah Ber, dont la série RTBF Coyotes sera diffusée à l’international par Netflix le jour de la sortie de ce numéro. Tous portent haut les couleurs de la Belgique et rappellent que trouver sa voie n’a de sens que si on trouve sa voix en même temps et qu’on la fait entendre. Réunis le temps d’une journée dans l’écrin de la maison-galerie bruxelloise Le Beau a une Adresse, ils se sont prêtés au jeu des questions-réponses et de la séance photo sans rechigner, même quand il a fallu troquer le confort de la tenue de cuisine pour des talons aiguilles ou se faire piquer une broche précieuse au revers du costume. Parce que 2021 a été leur année, ils ont été indissociables de la nôtre, et reviennent pour nous sur douze mois tourbillons. Et comment ils comptent s’assurer de passer de joyeuses fêtes… Malgré tout ce qui nous tombe dessus actuellement.

Manon Schenck, cheffe, doublement récompensée par le Michelin

Pour l'occasion, Manon Schenck a troqué les chaussures robustes avec lesquelles elle cuisine pour une paire de talons aiguilles et une jupe scintillante, ce qui ne manque pas de faire sourire son compagnon du jour, Hugo Meert :
Pour l’occasion, Manon Schenck a troqué les chaussures robustes avec lesquelles elle cuisine pour une paire de talons aiguilles et une jupe scintillante, ce qui ne manque pas de faire sourire son compagnon du jour, Hugo Meert : « Regarde, ils ont mis des paillettes dans ta vie. » – Manon Schenck: Chemise tunique en soie, Jean Paul Knott. Jupe en mousseline de soie brodée de paillettes, Dries Van Noten. Boucles d’oreilles, Wouters & Hendrix.© Klaartje Lambrechts

Quel goût ça a, d’être élue Jeune chef de l’année?

Je ne m’y attendais absolument pas parce que le resto (NDLR: La Table de Manon, à Durbuy) avait déjà été récompensé d’un BIB gourmand deux mois auparavant. Un chef pour lequel j’avais travaillé au Luxembourg m’a téléphoné pour s’assurer que je regarderais bien la cérémonie en ligne, « parce qu’il y aurait quelque chose pour moi », et au moment de l’annonce de mon nom, j’ai vu arriver des caméras à la porte du restaurant. Sur le moment, j’étais sous le choc et je n’ai pas bien réalisé, mais ce n’est que du bonheur et mes proches sont super heureux aussi, à commencer par mon compagnon, qui travaille en salle. Le prix a eu un effet incroyable sur les réservations, la semaine après la cérémonie, on a vu venir des gens des quatre coins du pays pour nos formules à emporter et on a été complets midi et soir dès qu’on a pu rouvrir.

Et pour les fêtes alors?

Je bosse en cuisine durant les fêtes depuis mes 14 ans, donc c’est devenu une habitude de ne pas les célébrer le jour même. Mais cette année, on a pris la décision de n’ouvrir qu’au Nouvel An, et de proposer du take-away pour Noël. Je trouve qu’il y a une ambiance un peu triste au restaurant le soir du 24, on voit surtout des personnes qui n’ont pas forcément le coeur à la fête. Alors que le 31, l’ambiance est super festive! Cette année, ma famille vient d’Alsace, et dès que tous les colis à emporter auront été récupérés, on va faire une réunion intimiste au resto. Rien de compliqué: du foie gras, du saumon, des huîtres, une belle bouteille de champagne et rien à cuisiner (rires).

Marius Gilbert, Cécile Djunga, Manon Schenck...: 7 personnalités belges reviennent sur leur année 2021, année intense
© Klaartje Lambrechts

Que pensez-vous de la tendance vers une gastronomie plus végétale?

Cela gagne en popularité, et on propose déjà des plats 100% végétaux à la carte, ainsi que la possibilité d’adapter les menus pour les personnes qui le désirent, mais je ne me verrais pas ne cuisiner que des légumes, parce que j’adore travailler les produits de la mer. C’est bien que le végétal se généralise, mais c’est important aussi de prôner une utilisation raisonnable des produits d’origine animale sur le côté.

latabledemanon.com

Siré Kaba, créatrice de la marque Erratum Fashion

Siré Kaba: Robe manteau en Lurex doré, Calcaterra. Ceinture, Essentiel. Escarpins, Christian Louboutin. Boucles d'oreilles et bagues personnelles.
Siré Kaba: Robe manteau en Lurex doré, Calcaterra. Ceinture, Essentiel. Escarpins, Christian Louboutin. Boucles d’oreilles et bagues personnelles.© Klaartje Lambrechts

Voir la princesse Delphine porter vos créations le 21 juillet dernier, c’était une consécration?

C’était la concrétisation de plusieurs années de travail. J’ai lancé ma marque fin 2016 après la naissance de ma fille cadette: mon aînée, qui avait 7 ans à l’époque, m’avait demandé en voyant une brochure où il n’y avait que des personnes blanches « où on était, nous ». Ça m’a donné l’envie de dire « regardez, on est là, on fait partie de la société belge et on l’enrichit de nos parcours métissés » à ma manière, avec des vêtements de cotons colorés qui parlent à tout le monde. J’ai voulu créer des tenues fédératrices, et le parcours de la princesse Delphine ressemble à celui de beaucoup de mes clientes, qui sont des femmes fortes, indépendantes, avec un tempérament d’artiste. Je revendique la belgitude métissée, et en portant mes créations et en les assumant haut et fort, Delphine de Belgique valide mon message. Et puis ça a eu un effet non négligeable sur mes commandes aussi (rires).

Comment cette année compliquée a-t-elle influencé votre processus créatif?

Avoir ma marque m’a ancrée et m’a permis de ne pas me perdre, surtout qu’en plus de la pandémie, je me suis séparé du père de mes filles après seize ans de vie commune. J’ai parfois honte de le dire, mais j’ai savouré le second confinement, le fait que les librairies et certains musées restent ouverts mais qu’en parallèle, tout fonctionne un peu au ralenti: ça m’a permis de m’immerger pleinement dans le processus créatif, sans la moindre culpabilité.

Vous posez pour notre numéro de fêtes. Et vous, vous êtes plutôt Noël ou Nouvel An?

Les deux! La Noël pour le côté rassembleur, la possibilité de se poser avec ceux qu’on aime, un peu comme pendant le dernier confinement. Et puis le 31 décembre pour faire la fête! J’adore cette période de fin d’année, je trouve que les gens sont en général beaucoup plus joyeux, il y a une ambiance toute particulière dans l’air et ça fait un bien fou. Je viens d’ouvrir une boutique avenue Georges Henri, à Woluwe-Saint-Lambert, et je me réjouis d’y savourer ce mois de décembre.

Instagram @erratum.fashion

Felix Denayer, hockeyeur, médaillé d’or aux JO de Tokyo

Du haut de son mètre nonante, le capitaine des Red Lions a une aisance naturelle devant l'objectif de notre photographe. Et Siré Kaba ne s'y trompe pas: épatée, la créatrice lui fait promettre de poser pour elle le jour où elle se lancera dans une collection pour hommes. - Felix Denayer: Costume, Zara. Pull à col roulé et sneakers, Jean Paul Knott. Broche insecte en laiton et perles, Olivia Hainaut.
Du haut de son mètre nonante, le capitaine des Red Lions a une aisance naturelle devant l’objectif de notre photographe. Et Siré Kaba ne s’y trompe pas: épatée, la créatrice lui fait promettre de poser pour elle le jour où elle se lancera dans une collection pour hommes. – Felix Denayer: Costume, Zara. Pull à col roulé et sneakers, Jean Paul Knott. Broche insecte en laiton et perles, Olivia Hainaut.© Klaartje Lambrechts

Elle est ronde, dorée, on peut l’accrocher… Cette médaille est-elle le clou de votre déco de Noël?

(Il éclate de rire) Ma femme est architecte d’intérieur, et la consigne est que mes trophées doivent être rangés à l’abri des regards. Mais ma médaille d’or est un des seuls pour lesquels elle a accepté de faire une exception. Elle a même eu les honneurs d’un meuble conçu spécialement par mon épouse.

Comment abordez-vous l’année qui arrive après avoir fini celle-ci au sommet de votre discipline?

Cette médaille d’or est quelque chose pour lequel on a travaillé toute notre vie, et maintenant qu’on est arrivés au sommet, il faut simplement commencer l’ascension de la montagne suivante. On est allés à Tokyo avec la volonté de décrocher l’or et on a tout fait pour y arriver: quand je suis parti là-bas, ma femme était enceinte de notre deuxième fille, l’aînée avait 2 ans et demi, ce n’était pas simple de les laisser toutes seules mais heureusement on est rentrés médaillés donc ça en valait la peine.

Elle ressemble à quoi, la prochaine montagne à gravir?

Je ne suis pas encore prêt à raccrocher le stick, on verra si le physique suit mais j’aimerais encore disputer les jeux Olympiques de Paris. Du reste, je suis désormais copropriétaire de Naked, une marque de hockey qui prône le « less is more », parce que c’est important pour moi que rien ne se faufile entre l’athlète et sa performance. Dans un futur plus immédiat, je compte bien profiter des fêtes en famille: je raffole de l’ambiance de Noël et j’adore retrouver tous mes proches autour de la table le 24 décembre, même si on est beaucoup et donc l’ambiance est parfois un peu intense. L’essentiel pour moi est de passer un bon moment entouré des personnes qu’on aime, j’adore quand le repas s’étire dans la longueur et qu’on peut vraiment prendre le temps de savourer le fait d’être ensemble. Par contre, je suis moins patient en ce qui concerne les cadeaux: dans la famille, on n’attend pas minuit et on en ouvre déjà quelques-uns après l’entrée.

nkdhockey.com

Sarah Ber, actrice, révélée par la série Coyotes

Quand on lui demande en coulisse qui sont ses personnalités de 2021, Sarah cite Tilda Swinton, pour
Quand on lui demande en coulisse qui sont ses personnalités de 2021, Sarah cite Tilda Swinton, pour « son charisme fou et son énergie incroyable », mais aussi Cécile Djunga: « C’est important d’avoir des femmes qui se battent contre le harcèlement en ligne et, plus généralement, toute forme de violence. » – Sarah Ber: Ensemble maxi blazer et pantalon en lin-coton, Cos. Top avec noeud géant, H&M Studio. Montre vintage, Héritage @ Enes. Sac à main brodé, Maliparmi.© Klaartje Lambrechts

Quel effet cela vous fait-il de finir l’année avec une série diffusée dans le monde entier?

Le projet Coyotes prend tout à coup une ampleur énorme, c’est super excitant de voir comment toute l’énergie et le boulot qu’on a mis dans cette série vont être reçus. J’ai eu beaucoup de chance d’être choisie pour le rôle de Mangouste, parce qu’il m’a amené énormément de possibilités. J’ai pu développer mon personnage pendant trois mois avec une équipe superbe qui m’a fait confiance. Je réalise que je fais partie des privilégiés pour qui le Covid aura été source d’opportunités: j’étais en 4e à l’Insas au moment du casting et les auditions ont été reportées à cause de la pandémie, ce qui fait que j’ai pu tenter ma chance alors que normalement je ne savais pas m’y rendre.

Vous vous attendiez à une réception aussi enthousiaste de la série?

Pas du tout, par contre j’en avais très envie et je l’espérais, rien que pour l’ambiance incroyable qui régnait sur le tournage. L’équipe était très soudée et unie par une espèce d’énergie folle nourrie par le fait de pouvoir enfin se retrouver et faire notre métier après un si long confinement. A côté de ça, c’était très particulier aussi de se dire que si un seul membre de l’équipe tombait malade, c’est tout le tournage qui s’arrêtait.

Marius Gilbert, Cécile Djunga, Manon Schenck...: 7 personnalités belges reviennent sur leur année 2021, année intense
© Klaartje Lambrechts

Qu’est-ce qui a changé depuis la sortie?

Bruxelles est une petite ville, donc on m’a parfois reconnue en rue. C’est un peu gênant mais en même temps ça fait plaisir que les gens se sentent suffisamment à l’aise pour venir discuter avec nous. Après, je suis toujours un peu timide parce que bon, c’est plutôt rare de parler à un parfait inconnu, d’ailleurs là je viens de me couper les cheveux et ce n’est pas plus mal parce que je passe à nouveau incognito (rires).

Les fêtes, ça symbolise quoi pour vous?

Je suis quelqu’un de très organisé, et ce que je préfère, c’est planifier ce que je vais offrir à chacun. D’ailleurs, j’ai acheté un cadeau juste avant de venir à la séance photo aujourd’hui! Pour moi, c’est simple: j’adore les casse-tête et ça me fait toujours plaisir d’en recevoir, d’ailleurs les autres acteurs de la série m’en ont offert plein pour mon anniversaire.

Marius Gilbert, épidémiologiste, raconte dans un livre comment il a accepté Juste un passage au JT

Marius Gilbert: Costume bordeaux, Dries Van Noten @ Stijl. Chemise noire, Café Costume. Foulard-cravate, Zara. Broche insecte laiton et perle, Olivia Hainaut.
Marius Gilbert: Costume bordeaux, Dries Van Noten @ Stijl. Chemise noire, Café Costume. Foulard-cravate, Zara. Broche insecte laiton et perle, Olivia Hainaut.© Klaartje Lambrechts

Juste un passage au JT… Et plus si affinités?

J’ai commencé à commenter l’actualité quasi en temps réel en 2020, mais 2021 l’a inscrit dans la durée. Je pense que ce qui a amené à ce que j’aie un certain crédit, c’est de rester sur une ligne qui m’est propre et qui consiste à toujours tenter d’expliquer les choses de manière didactique, en évitant d’être trop alarmiste mais aussi de tomber dans l’effet contraire et de trop minimiser. Renvoyer à chacun la responsabilité de se protéger, c’est OK pour les personnes qui sont capables de le faire, mais il ne faut pas oublier que dans notre société, il y a plein de gens qui n’y arrivent pas et que notre rôle est de les protéger aussi.

Si on vous avait dit en décembre 2019, aux débuts de la pandémie, qu’on en serait là aujourd’hui, vous auriez été surpris?

Non, parce que d’emblée, avec une série d’experts, on a été convaincus que la lutte contre le Covid allait être un marathon. Historiquement, on sait que les pandémies ne sont malheureusement pas quelque chose qui dure six mois, c’est une lutte de longue haleine. Surtout qu’en ce qui concerne le coronavirus, on n’avait pas de solution concrète au début. Aujourd’hui, on travaille à développer l’arsenal thérapeutique nécessaire pour vivre avec le virus, qu’il s’agisse de la prévention ou du traitement, mais ça prend du temps.

Le sujet sera-t-il banni de vos repas de fin d’année?

Il n’y aura pas d’omerta, parce que je pense que tout le monde en a un peu marre de parler de la pandémie… Même si c’est le genre de sujet qui passe par la fenêtre quand on lui ferme la porte. Tout le monde sait qu’il y a trois sujets garantis de casser l’ambiance à un dîner: la mobilité, le véganisme et la vaccination. Ici, je choisis de le tourner en dérision, mais je comprends que les vaccins fassent partie des sujets qui tendent vraiment les gens, parce que c’est un acte qui touche au corps, à l’intime, et quand on ne se sent pas respecté à ce sujet-là, c’est très compliqué. Après, j’ai un tempérament plutôt optimiste, et même si je ressens parfois une forme de lassitude comme tout le monde, je ne suis pas certain que la vaccination soit si contestée que ça, mais plutôt qu’il y a un effet loupe sur les antivax parce qu’ils communiquent beaucoup. C’est très difficile de lutter contre les informations qu’ils diffusent, parce qu’il y a beaucoup de gens qui ont envie de croire que la pandémie n’est pas si grave. Pour 2022, j’aimerais voir la responsabilité des éditeurs de contenu engagée, afin d’assurer qu’il y ait des sources d’information fiables en ligne.

Cécile Djunga, animatrice et humoriste, a remporté une victoire en justice contre le harcèlement en ligne

Klaartje Lambrechts

Quel est votre état d’esprit après cette année mouvementée?

Le fait d’avoir pu aboutir à un procès pour incitation à la haine raciale en Belgique (NDLR: suite à des messages et commentaires haineux qu’elle a reçus sur les réseaux sociaux), c’est historique ; tout comme le fait d’avoir pu faire condamner quelqu’un ou tout simplement d’avoir prouvé que le racisme n’était pas une opinion mais bien un délit très important. C’est une série de pas en avant vers une prise de conscience nécessaire. Mais émotionnellement, ça n’a pas été simple: si c’était à refaire, je le referais, mais je ne me rendais pas bien compte d’à quel point une procédure judiciaire est lourde et chronophage. A choisir, je préfère utiliser mon énergie à répandre l’amour plutôt qu’à combattre la haine.

En parlant d’amour, ce serait qui, vous, votre personnalité de 2021?

Zemmour! (rires) Non je déconne, lui c’est l’incarnation de ma déception de 2021. Pendant que je gagne mon procès contre la haine raciale, il y a quelqu’un qui est complètement en roue libre sur les plateaux, pire: une des personnes que j’attaquais en justice appuie entre autres son argumentaire sur Eric Zemmour. C’est un vase communiquant hyper déprimant: les médias peuvent aussi bien véhiculer des voix positives que des discours de haine, et il est temps qu’ils prennent conscience qu’ils ont un rôle à jouer, et que monopoliser autant d’attention sur quelqu’un comme Zemmour, c’est effrayant.

Marius Gilbert, Cécile Djunga, Manon Schenck...: 7 personnalités belges reviennent sur leur année 2021, année intense

Une bonne résolution à prendre pour 2022?

Oui! Surtout qu’il y a tellement de gens inspirants à mettre en avant: même si le monde part parfois un peu en vrille, on a la chance de vivre une période charnière où il se passe plein de choses et où il y a un momentum hyper stimulant entre #MeToo, #BlackLivesMatter, #BalanceTonBar… La société évolue vers quelque chose de beaucoup plus inclusif et intéressant, j’ai l’impression qu’on vit une nouvelle ère en tant que femmes.

Hugo Meert, céramiste, a eu sa première rétrospective en 2021, au centre Keramis à La Louvière

Hugo Meert: Chemise en crèpe noire, Jean Paul Knott. Pantalon en toile peinte, Maison Margiela @ Stijl. Bague sparadrap, Isabelle Lenfant.
Hugo Meert: Chemise en crèpe noire, Jean Paul Knott. Pantalon en toile peinte, Maison Margiela @ Stijl. Bague sparadrap, Isabelle Lenfant.© Klaartje Lambrechts

Vous qui la maniez depuis 35 ans, quel regard portez-vous sur l’engouement pandémique pour la céramique?

Je trouve ça à la fois incroyable et incompréhensible, surtout parce que c’est une activité qui demande énormément de patience. La céramique peut sembler très simple, et en substance, elle l’est, mais elle est très technique aussi et elle demande pas mal d’expérience. Après, c’est aussi une matière très attirante, il y a un côté méditatif et sensuel à la manier, quand on tourne une pièce on ne pense plus au temps et on oublie un peu le monde.

L’art comme antidote?

Tout à fait: ça détourne l’attention du reste. Tout le monde a de la créativité en soi, il ne faut pas forcément faire une « oeuvre », un bon cuistot peut aussi être un artiste. D’ailleurs, je suis un épicurien et pour moi, Noël est l’occasion parfaite pour se réunir en famille autour d’un bon repas et d’une bonne bouteille de vin.

Marius Gilbert, Cécile Djunga, Manon Schenck...: 7 personnalités belges reviennent sur leur année 2021, année intense
© Klaartje Lambrechts

Et trinquer à votre première rétrospective, par exemple?

Sur le moment, je me suis demandé pourquoi le centre Keramis m’avait choisi (rires). L’expo retraçait presque 35 ans de travail, de mes débuts à aujourd’hui, c’était une première pour moi et aussi l’occasion de faire un cheminement intéressant et de revoir tout ce que j’ai fait au cours de ces années. Si on m’avait annoncé cette rétrospective à mes débuts, j’aurais été super heureux de savoir que j’atteindrais la reconnaissance, mais pas surpris d’apprendre que trente ans plus tard, je travaillerais toujours la céramique.

Avec comme bonne résolution de continuer dans cette voie-là?

Je ne suis pas du genre à prendre de bonnes résolutions le 1er janvier. A part arrêter de fumer: j’y suis déjà arrivé, mais là, ça fait deux réveillons que je prends cette bonne résolution et que j’échoue. Heureusement, du reste, je suis très heureux: j’ai mes enfants, j’ai une magnifique compagne, une maison avec un atelier qui me convient… Je suis un homme comblé.

Ce shooting a été réalisé début novembre, avant les nouvelles mesures sanitaires, et l’équipe a opéré masquée.

  • Assistante stylisme: Delphine Dumoulin — Assistante photo: Leoni Jones — Stylisme déco: Sara Van Der Peet — Visagiste: Florence Teerlinck — Coiffure: Marlien Echelpoels — Coordination: Kathleen Wuyard
  • Notre shooting s’est tenu dans la maison d’art Le Beau a une Adresse, 313, avenue Molière, à Uccle et accessible sur rendez-vous au tél.: 0470/91.04.18. Pour plus d’infos, rdv sur lebeauauneadresse.com ou sur Facebook et Instagram, @lebeauauneadresse
  • Les délices de notre banquet de fin d’année ont été préparés avec amour par l’équipe de Gabriella, le traiteur italien imaginé par la team à l’origine de la pizzeria chic Cocina, à Bruxelles. La promesse: « Ce que l’Italie peut offrir de meilleur ». Et de plus photogénique aussi…
  • Merci aussi à Libeco pour le linge de table, Hot & Cold Audio Visual pour les boules à facettes, Zara Home & AVA pour les décorations de fête, Serax pour la vaisselle et Piper-Heidsieck pour le champagne.

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