10 raisons de filer en Martinique

La Montagne Pelée, superbe décor de randonnée. © Eric Vancleynenbreugel

On y va pour ses plages de sable blanc et noir, son ambiance nonchalante et son parler créole si savoureux. Mais grâce à sa situation extraordinaire entre montagne, forêt tropicale et océan, la Martinique est aussi une fantastique destination nature. La preuve en 10 actes.

L’air chaud, là-bas, est toujours tempéré par les alizés qui caressent la cime des arbres. Une ambiance paradisiaque qui s’affirme un peu plus à travers la luxuriance de la végétation: anthuriums, hibiscus, heliconias, oiseaux du paradis, flamboyants, alpinias ou balisiers. La Martinique, c’est aussi l’île aux fleurs. Partout, des jardins colorés, des potagers ou des forêts denses. Une exubérance qui se traduit jusque dans sa topographie aux noms enchanteurs et pleins de saveurs tels qu’Ajoupa Bouillon, Morne d’Orange ou Brin d’Amour. Autant d’invitations à parcourir ses sentiers et à vivre la belle Antillaise au rythme de ses merveilles naturelles.

1—Arpenter le Pompéi antillais

En Martinique, la montagne apporte le meilleur mais aussi le pire. Au début du XXe siècle, la ville de Saint-Pierre était la reine des Antilles, tellement prospère et vivante qu’on l’appelait le Paris des tropiques. Hélas, le 8 mai 1902, le volcan de la Montagne Pelée scelle son sort et celui de ses 26 000 habitants dans la cendre incandescente. Le Saint-Pierre d’aujourd’hui n’est plus que l’ombre de la cité animée d’il y a 120 ans, mais il conserve pourtant un charme fou, dominé par son éternel et encombrant voisin volcanique. Au hasard des rues, on découvre encore les ruines du théâtre, d’une église ou de l’ancienne prison. Au tout nouveau musée Frank A. Perret, on replonge dans la catastrophe: près de la moitié des objets retrouvés y sont exposés. Fascinant d’ausculter ces ustensiles en partie fondus mais aussi des aliments (fromage, haricots, café…) épargnés par le choc thermique.

memorial1902. org

Le tout nouveau musée Frank A. Perret.

2—Gravir la Montagne Pelée

Sur papier, l’île n’est pas très grande – à peine 34 km sur 60 – mais son relief très accidenté lui confère une dimension supplémentaire. On dit que la Martinique est «mornée». Les mornes – on en trouve partout –désignent tant une colline qu’un gros rocher ou une montagne. Tout ce qui a du relief, donc. Ces variations d’altitude engendrent quantité de microclimats et quatre types de forêts d’une grande biodiversité. Celles qui cernent la Montagne Pelée font même partie, depuis 2019, des quinze forêts d’exception de France. Elles se découvrent au fil d’une agréable ascension vers le sommet de la Martinique, à 1 397 mètres. Fin 2021, c’est même l’ensemble de l’île qui a été classé réserve mondiale de biosphère.

3—Se balader entre deux eaux

Une improbable promenade: sur près de 200 m, les pieds se font lécher par les vagues aussi bien à gauche qu’à droite. Né de la combinaison des courants marins et des marées, le tombolo de l’îlet Sainte-Marie est un phénomène spectaculaire. Cette langue de sable apparaît de janvier à mai, et permet alors de relier à pied, à cheval ou à vélo Petite-Anse, la plage de Sainte-Marie et l’îlet Sainte-Marie aménagé pour se balader… ou pique-niquer. Avant de disparaître à nouveau en fin de saison.

Zamana géant.
Zamana géant. © Eric Vancleynenbreugel

4—Se mesurer à un géant

Au Prêcheur, sur un autre versant de la Montagne Pelée, l’habitation Céron est l’une des plus anciennes de l’île. Ici, tout est démesuré, les arbres touchent le ciel et pourtant, les lieux appellent à la sérénité. Au milieu du domaine, prospère le géant des Antilles, classé plus bel arbre de France en 2016: un zamana remarquable âgé de trois siècles au moins. Une espèce originaire du Mexique dont le feuillage s’ouvre en cas de pluie, ce qui convient parfaitement à la culture du cacao. L’ancienne cacaoyère a d’ailleurs été réhabilitée en 2015, et quelque 10 hectares supplémentaires ont alors été plantés. Impossible de ne pas y goûter: le chocolat qui y est produit a été récemment classé parmi les vingt meilleurs… du monde!

5—Se glisser dans la canopée

Les jardins, la Martinique en regorge. Parmi les plus remarquables: celui du domaine d’Emeraude et ses 4 km de sentiers forestiers, ou encore celui de Balata, d’une richesse et d’une beauté inégalables. Pour le frisson, on peut s’y aventurer dans la canopée sur des ponts suspendus à 15 mètres au-dessus du sol, accrochés à des mahoganys géants. Magnifique tableau fleuri, aussi, au jardin de Bonneville, entièrement pensé et aménagé par deux amoureux des fleurs le long d’un ruisseau. On y côtoie des heliconias couleur chocolat, des roses de porcelaine ou des arbres monumentaux. Le nez et les yeux se régalent…

jardindebalata.fr

Le jardin de Balata et sa flore incroyable.
Le jardin de Balata et sa flore incroyable. © getty images

6—Robinsonner sur les îlets

Dispersés comme un grand collier de perles autour de la Martinique, près d’une cinquantaine d’îlets font partie d’un programme de protection de la nature. Certains sont réservés aux oiseaux et d’autres aux iguanes, mais une poignée d’entre eux peuvent néanmoins être abordés. L’îlet Oscar, face au François, abrite même une demeure classée dont l’histoire est assez insolite: construite sur un îlet voisin, elle fut perdue au jeu par son propriétaire, puis démontée et mise à la mer pour dériver vers les berges de l’îlet Oscar sur lequel elle fut reconstruite en 1935. Aujourd’hui, c’est une maison d’hôtes tropicale abritant quatre chambres pleines de charme.

iletoscar.com

7—S’évader entre terre et mer

Juste après le petit port de Grand’Rivière, s’étire une grande plage de sable noir frangée par la montagne et la forêt. De là, démarre un sentier de randonnée renommé qui, sur 17 km, sinue d’anse sauvage en anse sauvage jusqu’au village du Prêcheur. En réservant auprès de l’office de tourisme local, il est même possible d’organiser un retour en yole, le bateau traditionnel à grande voile, reconnu au patrimoine de l’Unesco.

grand-riviere.com

La jolie plage de sable noir de Grand’Rivière.
La jolie plage de sable noir de Grand’Rivière. © Eric Vancleynenbreugel

8—Se baigner en pleine forêt

Autre itinéraire inoubliable prenant sa source à la Montagne Pelée: la route de la Trace, véritable chemin botanique où, de chaque côté, la forêt forme une fascinante muraille verte. La région offre une pépinière de randonnées. Celle qui traverse à Bouliki, la plus vaste forêt de Martinique, permet de remonter le cours de la Rivière Blanche. En récompense, on s’offre une baignade sous une cascade ou dans l’un des bassins naturels creusés par l’eau vive. Aussi à faire: la Trace des Jésuites, ancien sentier emprunté par des religieux au XVIIe siècle. A parcourir de préférence en saison sèche pour éviter de patauger dans la gadoue.

9—Atteindre le village d’antan

En prenant la direction du nord, la forêt se densifie encore. Cette profusion végétale a un secret: ici, sur les pentes de la Montagne Pelée, il peut pleuvoir dix ou quinze fois sur la journée, mais pas plus de cinq minutes à chaque averse, puis le soleil revient. La route serpente à flanc de coteau en virages en épingle, franchit d’antiques ponts en métal au milieu d’une jungle luxuriante, pour s’achever à Grand’Rivière, le village le plus septentrional. Coincé entre mer et montagne, celui-ci est traversé par la rivière au plus gros débit de Martinique. On recense à peine 700 habitants dans cette communauté du bout du monde où chacun se connaît et se salue cordialement. C’est le hameau de la bienveillance. Une vie d’antan que même les autres Martiniquais aiment venir retrouver le temps d’une excursion.

Plongée parmi les trésors du récif corallien.
Plongée parmi les trésors du récif corallien. © getty images

10—Faire du kayak au-dessus des baignoires marines

Même la mer prend des tons verts en Martinique. Côté caribéen aux eaux plus calmes, elle se transforme en lagons turquoise et en vastes zones de mangroves. La côte Atlantique, elle, est protégée par une barrière de corail. Que l’on peut arpenter en kayak de mer à fond transparent, notamment du côté du Vauclin. Une excursion plus sportive mais avec une magnifique récompense à la clé: les baignoires naturelles et les bancs de sable couverts de végétation du lieu-dit Trou Cochon.

kayakevasionmartinique.com

EN PRATIQUE

—Se renseigner

Le plein d’infos sur martinique.org

—Y aller

Vols directs Air Belgium au départ de Bruxelles, dès 503 euros A/R. airbelgium.com

—Formalités

Carte d’identité européenne et euros: on entre et on paie en Martinique comme chez nous.

—Se loger & se restaurer

La Villa Saint Pierre. Une adresse familiale au cœur de Saint-Pierre, face à la mer. Quelques chambres et des petits-déjeuners succulents typiquement martiniquais que l’on prend sur le rooftop. hotelvillasaintpierre.fr

Tante Arlette. Depuis plus de 70 ans, les locaux s’y retrouvent pour se régaler de mets traditionnels, surtout du poisson, des fruits de mer et des écrevisses de la rivière. tantearlette.com

Habitation Céron. Outre le domaine magnifique, son restaurant installé dans la forêt propose des dégustations à l’aveugle époustouflantes, à base uniquement de produits issus de l’exploitation locale. habitationceron.fr

Distillerie JM. Un endroit à visiter absolument pour tout savoir sur (et goûter) la boisson phare de l’île via une expo interactive. On y produit l’un des meilleurs rhums agricoles de toutes les Antilles. rhum-jm-la-distillerie.com

Pause gourmande à l’Habitation Céron.
Pause gourmande à l’Habitation Céron. © Eric Vancleynenbreugel

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