Belles plantes
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L'histoire. Marc-Antoine Corticchiato, docteur en chimie, a étudié la parfumerie à l'ISIPCA à Versailles, a dirigé des recherches sur les méthodes d'extraction et les plantes utilisées dans son secteur et mis sur pied un laboratoire de création. En 2002, il a lancé Parfum d'Empire, sa propre parfumerie. " Je voulais suivre mes envies et pouvoir travailler pleinement avec les matières premières ", raconte-t-il. Depuis, quatorze senteurs ont vu le jour. Le plus. En tant que scientifique, Marc-Antoine Corticchiato connaît les matières premières comme personne et les incorpore dans des ensembles généralement puissants mais toujours purs, souvent inspirés par l'histoire. Notre favori. Le Corse a mis en bouteille sa terre natale dans Corsica Furiosa, une fragrance verte épicée avec entre autres un soupçon d'eau de vie, de la népita (menthe locale) et des feuilles de tomates. L'histoire. Fils d'hôteliers, Philippe Neirinck découvre, petit, dans la suite d'un hôtel abandonné, un flacon oublié par une princesse indienne. Adulte, l'idée de réinterpréter cette senteur à base de lilas le titille. Désarmant voit le jour et avec lui La Parfumerie Moderne. Chacune des cinq senteurs disponibles est un hommage à un ancien palace " et a son odeur spécifique, celle du linge, du café, des chaussures cirées... ", explique-t-il. Le plus. Des hôtels anciens, tels que le Grand Budapest, ont donné naissance à des parfums de peau rétro et modernes à la fois. Notre favori. Désarmant est une ode au lilas mais aussi à la cannelle, la rose, l'osmanthe, la vanille et le benjoin. Philippe Neirinck a cherché et retrouvé cette princesse indienne mais elle est malheureusement décédée la veille de leur rencontre. L'histoire. Il aura fallu attendre cet automne pour que Cire Trudon, fabricant de bougies depuis la fin du xviiie siècle, lance des parfums. Pour cette gamme, la maison s'est imprégnée de l'histoire française : la royauté, la religion et la révolution. Julien Pruvost, directeur de création, qualifie les cinq déclinaisons mises au point de " subversives et modernes " et a fait appel à trois nez, déjà concepteurs de bougies odorantes pour la marque : Antoine Lie, Yann Vasnier et Lyn Harris. Ces jus unisexes renferment nombre d'ingrédients naturels. Le plus. Cette maison parisienne joue intelligemment avec les grands faits du passé de l'Hexagone. Notre favori. Pour Olim, Lyn Harris s'est laissé inspirer par les premiers registres de l'ancien parlement parisien et a créé une senteur épicée à base de lavande, anis, poivre rose, clou de girofle, myrrhe et musc.L'histoire. A défaut de pouvoir systématiquement le goûter, Béatrice Cointreau, la directrice de Cognac Frapin, sent régulièrement cet alcool sur son poignet. Un geste qui lui a donné l'idée de créer un jus évoquant les effluves et la couleur de cette boisson. Depuis, neuf déclinaisons, qui " reflètent l'identité de la marque ", ont été développées sous la direction artistique de David Frossard. Le plus. L'allusion au cognac est partout, de l'emblème sur le flacon au bouchon qui rappelle les fûts dans lesquels il est conservé. Les processus de production des deux liquides ont aussi des similitudes. Notre favori. 1270 révèle une vraie parentalité avec le cognac, évoquant l'orange confite, la noisette, le raisin, la prune, le cacao, ainsi que les grains de tonka et de café. Le nom fait référence à l'année au cours de laquelle la famille Frapin s'est installée dans le Château de Fontpinot à Segonzac. L'histoire. Les Italiens Daniela Caon et Roberto Drago étaient tellement friands de ce secteur de niche qu'ils ont lancé leur propre collection unisexe d'eaux de parfum en 2009. Outre quinze fragrances, la ligne comporte aussi des sprays d'ambiance, des savons, des gels douche et des lotions pour le corps. Le directeur créatif, Drago, demande souvent à ses nez, tant débutants que confirmés, de mettre leurs " expériences émotionnelles " dans leurs projets pour que ceux-ci racontent quelque chose. Le plus. L'enseigne veut proposer des articles abordables, avec des ingrédients de haute qualité particuliers. Notre favori. La parfumeuse Marie Duchêne a créé Cozumel, une senteur masculine et aromatique qui évoque le soleil mexicain, les épices et l'odeur intime de la peau des hommes. Avec du basilic vietnamien, de la sauge, du tabac blond, du chanvre indien, de l'ambre, de l'encens et des fèves tonka. L'histoire. L'homme d'affaires Luc Gabriel, le designer Thierry de Baschmakoff et le parfumeur Jean-Claude Ellena décident en 2000 de lancer une marque contemporaine de parfums dont " l'élégance des flacons " serait la signature. Le trio met un point d'honneur à ce que sa démarche soit respectueuse de l'environnement, avec des contenants rechargeables. Le plus. Les vingt-huit senteurs modernes du catalogue sont à 96 % naturelles. La marque utilise des ingrédients relativement simples tels que l'iris ou la rose mais de façon complètement innovante.Notre favori. Jean-Claude Ellena a créé le jus fleuri Osmanthus après une visite à la Cité Interdite en Chine, alors que les fleurs d'osmanthe n'étaient pas encore très présentes en parfumerie. Il les a combinées à de la bergamote, de la rose, du musc et du castoréum. L'histoire. Le Britannique James Heeley a étudié la philo et le droit en Angleterre, ainsi que le design graphique à Paris, avant de devenir parfumeur autodidacte. Sa première senteur, Menthe Fraîche, a été créée en 2006. " Lors du développement de ma ligne de déco et de meubles, je trouvais qu'une odeur devait y être associée ", raconte-t-il. Le plus. L'homme travaille selon les codes de la parfumerie française traditionnelle tout en laissant une empreinte moderne sur ses propositions, avec " une note de fraîcheur ". Un mélange très british finalement. Notre favori. Dans Verveine d'Eugène, la France rencontre l'Angleterre. La verveine était en effet la senteur préférée d'Eugène Bonaparte, le fils de Napoléon iii, en exil outre-Manche. Un jus frais et élégant à base de cardamome, de rhubarbe, de verveine citronnée, de jasmin et de musc blanc. L'histoire. " Je voulais imaginer une senteur qui évoque le climat, la nature et l'esthétisme de la Scandinavie ", explique le fondateur Zarko Ahlmann Pavlov. Avec l'aide d'un nez, il s'est mis à concevoir des fragrances en autodidacte et est ainsi devenu l'unique parfumeur danois à fabriquer et embouteiller ses produits dans son propre pays. A l'instar du design local, ses sept créations sont pures et minimalistes, offrant un effet seconde peau et surfant parfaitement sur la vague hygge, qui incite à vivre selon le concept " ni trop, ni trop peu ". Le plus. Les jus intègrent des molécules dont l'odeur diffère en fonction de la peau sur laquelle elles atterrissent. Notre favori. Trois molécules de musc qui créent un jeu intime sur la peau. Avec une touche de pastèque fraîche.