En vacances au Cambodge, alors maman de 4 enfants, vous rencontrez une petite orpheline inoubliable. Vous vous battez pour l'adopter et ouvrir une école dédiée aux filles, histoire de leur offrir un meilleur avenir. Qu'aimeriez-vous transmettre à travers votre histoire?

J'ai écrit ce livre pour ma fille, cette fragile enfant qui a provoqué Une déflagration d'amour. Cette survivante possède une telle vivacité. L'adoption reste compliquée, c'est révoltant car ces orphelins ont besoin d'amour. S'engager, ce n'est pas se sacrifier, mais se dédier à la condition humaine. Le plus grand fléau étant l'égoïsme. J'ignore d'où me vient cette envie de réparer, mais elle m'apporte une énorme satisfaction. Mon parcours prouve qu'on peut toujours se réinventer.

Comment évolue l'école Happy Chandara?

Quelle fierté! Toutes les filles de la première promo ont eu leur BAC. Certaines sont entrées à l'université, alors qu'elles sont issues de bidonvilles ou d'un milieu analphabète. Elles font preuve d'une telle résilience. Chaque année, nous accueillons cent nouvelles élèves. C'est pourquoi, nous recherchons des fonds et des dons. Vous pouvez parrainer l'une d'entre elles si vous le souhaitez.

Comme le dit la femme de lettres Françoise Lefèvre, en quoi l'amour maternel est-il "un acte de résistance contre la férocité du monde"?

Cet amour inconditionnel s'y oppose en étant dans la reconstruction. Toutes les femmes sont une mère potentielle ayant la volonté de protéger les autres. Certaines se montrent aussi féroces que les hommes, mais si elles ont accès à l'instruction, elles amélioreront le monde. Ainsi, nous apprenons la tolérance à de petites filles pour en faire des femmes altruistes.

Une déflagration d'amour, par Tina Kieffer, Robert Laffont, 255 pages. www.toutesalecole.org