Le terme nudging vient de l'anglais "to nudge" qui signifie "pousser du coude" traduisible par "coup de pouce" en français.

Ce conceprt a été développé par les Américains Richard Thaler, économiste, et Cass Sunstein, juriste. Leur ouvrage Nudge, la méthode douce pour inspirer la bonne décision, est devenu un best-seller, inspirant dit-on certains chefs d'Etat, à l'instar de Barack Obama. Les auteurs définissent ce concept ainsi : "Le nudge, le terme que nous utiliserons, est un aspect de l'architecture du choix qui modifie le comportement des gens d'une manière prévisible sans leur interdire aucune option ou modifier de manière significative leurs motivations économiques. Pour ressembler à un simple "coup de pouce", l'intervention doit être simple et facile à esquiver. Les 'coups de pouce' ne sont pas des règles à appliquer. Mettre l'évidence directement sous les yeux est considéré comme un coup de pouce. Interdire uniquement ce qu'il ne faut pas faire ou choisir ne fonctionne pas."

Consistant à influencer les comportements en changeant l'environnement du consommateur, le nudging est principalement utilisé dans le but d'augmenter la consommation d'aliments riches en sucre ou en graisse.

Des chercheurs à l'Institut de recherche en sciences psychologiques de l'UCLouvain se sont donc penchés sur l'intérêt d'appliquer la technique pour augmenter la consommation de légumes "prébiotiques", favorisant la prévention et le traitement de l'obésité. Le salsifis s'est imposé car local, riche en fibres et bénéfique pour le microbiote intestinal.

Lors d'une des études menées, une dégustation de soupe de salsifis était proposée à l'entrée d'un des restaurants de l'UCL. Alors qu'en temps normal seulement 11% des consommateurs de soupe choisissaient celle aux salsifis, 43% d'entre eux ont fait ce choix durant les jours où le nudging était utilisé. Après l'intervention, encore 19% en commandaient encore, "suggérant un maintien des effets à moyen terme", estiment les chercheurs.

"L'approche psychologique ouvre des perspectives pour promouvoir un changement de comportement alimentaire collectif, au bénéfice de la santé publique, d'une agriculture locale et de développement écologique et économique en Région Wallonne", souligne encore l'Université.