Pourquoi les mères se mettent-elles une telle pression?

C'est la société qui fait ça. Elles doivent tout assumer: la maison, les enfants, le boulot et le compagnon. Difficile de mêler cela en étant toujours parfaite sur l'ensemble des fronts. Ça se répercute forcément sur les gosses. Les mères ont tendance à oublier la femme qui est en elles. Autre phénomène de mode, "la parentalité positive". Une pression supplémentaire. Comment savoir ce qui est bon ou pas? Mieux vaut s'écouter soi et lever le pied. Arrêtons de nous prendre la tête, sinon c'est le burn-out.

Comment déculpabiliser?

Il faut penser à soi, accepter de ne pas être parfaite car on a droit aux erreurs. Chacun fait comme il peut. Apprenons à lâcher prise. Mes livres sont basés sur mon vécu de mère de trois enfants. Mes pastilles le racontent avec humour, afin d'entrer en résonance avec la vie des autres mamans. A 43 ans, je ne suis pas là pour donner des leçons, juste pour dédramatiser. Mieux vaut rire de soi, parce que finalement ce n'est pas si grave. Et avancer doucement en pratiquant ce "yoga du rire". La maternité reste complexe, alors on tâtonne tous les jours.

Caroline Fourment © SDP

Ce volet-ci parle des ados. Qu'ont-ils de particulier?

Cette période n'est facile pour personne. Les ados veulent s'écarter des parents car ils essayent de se trouver. Leurs hormones travaillent, ils ne veulent que manger et dormir. On doit prendre le contre-pied en se disant que ça va passer, ce n'est qu'une tranche de vie. Je préfère en rire, même s'ils me soûlent! Suspendus au téléphone ou aux réseaux sociaux, ils doivent se voir poser des limites. On est là pour les laisser vivre et leur enseigner à faire leurs propres choix. Ils ont besoin de nos conseils, mais j'apprends aussi plein de choses d'eux.

Pourra-t-on envisager un jour Le Père Coupable?

Il reste beaucoup de chemin à faire. Les femmes prennent trop de place au quotidien. Elles attendent que les hommes en fassent plus, mais elles assument tout. Des papas assurent, d'autres nécessitent un coup de pouce. La prochaine génération sera au top de la complicité.

La Mère Coupable vide son sac, par Caroline Fourment, éd. Mazarine.