L'équipe de Franz Vollenweider, à la Clinique psychiatrique universitaire de Zurich, a voulu examiner les synergies possibles entre la méditation de pleine conscience et la psilocybine, principe actif des champignons du genre Psylocybe. Plusieurs études ont déjà mis en évidence leurs effets positifs contre la dépression résistante ou comme soutien à une psychothérapie.

Les chercheurs ont recruté 40 adeptes expérimentés de méditation de pleine conscience pour une retraite de cinq jours. Le quatrième jour, les participants à cette étude en double aveugle ont reçu soit une dose de psilocybine, soit un placebo. A l'aide de diverses mesures psychométriques et neurocognitives, les scientifiques ont ensuite évalué l'expérience.

Selon eux, la méditation a augmenté les effets positifs de la psilocybine et en même temps protégé les sujets des éventuels aspects difficiles de l'expérience psychédélique. "La psilocybine a augmenté la profondeur de la méditation et l'intensité de l'expérience de transcendance de soi, ressentie positivement, sans que des réactions négatives comme la peur ou la perte d'orientation n'apparaissent", résume Lukasz Smigielski, premier auteur de l'étude, cité jeudi dans un communiqué de l'Université de Zurich.

Champignons psilocybes © Getty Images

Quatre mois après cette retraite, un suivi a montré que les méditants qui avaient reçu de la psilocybine avaient un comportement psycho-social plus positif, une meilleure acceptation de soi et davantage d'empathie que ceux du groupe de contrôle. Selon le Pr Vollenweider, l'élément décisif pour cet effet durable est l'intensité de l'expérience de transcendance de soi vécue durant la retraite.

Dans une précédente étude, le chercheur avait montré par imagerie IRM que ce type d'expérience induit des modifications durables dans les zones cérébrales actives lorsqu'on réfléchit sur soi-même. Certaines facultés exercées dans la méditation de pleine conscience, comme la régulation de l'attention ou la perception sans jugement des sentiments, ont vraisemblablement contribué à ces résultats positifs, notent encore les auteurs.

Les psilocybes sont un genre de champignons connus pour leurs propriétés psychotropes. On en trouve de nombreuses espèces dans le monde entier, y compris en Suisse, où ils figurent sur la liste des stupéfiants depuis 2002.