Psycho:Pas besoin de s'appeler Einstein ou Beethoven et d'avoir révolutionné l'Histoire pour entrer au panthéon des gens inventifs. La bonne nouvelle, c'est qu'en réalité, nous le sommes tous, même si nous l'ignorons. Pour Sylvie Battle, auteure de Boostez votre créativité(1), " le monde animal, tout comme le végétal, se montre extrêmement créatif dans sa capacité d'adaptation aux conditions changeantes. Il ne s'agit donc pas d'un don que seuls quelques élus auraient reçu à la naissance, mais d'une composante naturelle à toute vie sur terre. "
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Psycho:Pas besoin de s'appeler Einstein ou Beethoven et d'avoir révolutionné l'Histoire pour entrer au panthéon des gens inventifs. La bonne nouvelle, c'est qu'en réalité, nous le sommes tous, même si nous l'ignorons. Pour Sylvie Battle, auteure de Boostez votre créativité(1), " le monde animal, tout comme le végétal, se montre extrêmement créatif dans sa capacité d'adaptation aux conditions changeantes. Il ne s'agit donc pas d'un don que seuls quelques élus auraient reçu à la naissance, mais d'une composante naturelle à toute vie sur terre. " De son côté, le psychothérapeute Jean Cottraux, qui signe A chacun sa créativité (2), rappelle qu'avoir de bonnes idées n'est pas l'apanage des artistes et scientifiques et qu'il existe également " une créativité quotidienne ", soit " une capacité à trouver des solutions originales aux questions que l'on se pose " ou, résumé autrement, " un art de vivre heureux en inventant sa vie au fur et à mesure ". Alors plus d'hésitation, il ne tient qu'à nous de réveiller notre esprit fertile et d'en tirer parti, car les bienfaits sont réels, comme le soutient Sylvie Battle : " L'acte créatif permet un bien-être par l'absorption méditative et une communion qui donnent la sensation de vivre pleinement. Il permet une connexion à soi et au monde plus vraie, car libérée des automatismes et des habitudes. Cela aide à passer les caps difficiles de l'existence et les enseignements sur soi tout au long du processus constituent une précieuse source de développement personnel. " Voici notre plan d'attaque pour décupler ce talent mis en veille. Walt Disney avait coutume de dire : " Si vous pouvez le rêver, vous pouvez le faire ! " Dans son e-book Les secrets de la créativité (3), Brigitte Gilles appuie cette hypothèse et développe sa méthode : " Si vous souhaitez que quelque chose vous arrive, vous devez l'accepter comme tel maintenant et non dans une semaine ou un an. Imaginez les sensations liées à la réalisation de votre objectif comme s'il était déjà réalisé. " Une manière de trouver l'inspiration pour aller au bout de ses désirs... qui nous autorise en parallèle à rêvasser sans complexe. Et dès lors, à nous offrir " des instants cléments pour faire le plein de vitamines mentales ", comme le suggère Sylvaine Pascual sur le site de coaching www.ithaquecoaching.com. La conseillère professionnelle propose pour cela un exercice simple : s'accorder quotidiennement cinq minutes sans rien faire d'autre que de nous plonger dans nos songes, puis augmenter peu à peu la durée de cette pause afin de déterminer notre " temps de glandouille idéal ", celui qui nous sera bénéfique pour activer notre pompe à idées, mais ne nous mènera pas à l'ennui. A la base, la créativité " par la trace " est une capacité naturelle et non un acte artistique : c'est sur cette conviction que repose le Jeu de peindre, un concept lancé par le pédagogue français Arno Stern dans les années 50... Et qu'il est possible d'expérimenter chez Alvéole, à La Hulpe (4). Dans une petite pièce équipée d'un présentoir garni de pinceaux et de dix-huit couleurs de gouaches, chacun est invité, toutes générations confondues, à punaiser une feuille sur les murs couverts de kraft. " Les participants sont debout, la position la plus naturelle qui soit, et peuvent alors tracer ce qu'ils veulent sur le papier, décrit Sylvie Evrard, praticienne dans cet atelier brabançon. Il n'y a aucune recherche esthétique. C'est un peu comme lorsqu'un enfant joue seul, il n'a pas besoin de spectateurs pour s'amuser et s'inventer des histoires, il le fait juste pour lui. Dans le Jeu de peindre, il n'y a aucun jugement. Les réalisations ne sont pas exposées et on ne catalogue pas non plus les gens, surtout les petits, sur leurs capacités à dessiner un bonhomme ou une maison, comme le font certains pédagogues et scientifiques. Chacun oeuvre à son rythme. " De ce fait, la spontanéité est totale et " le regard des autres ne coupe pas le robinet ", insiste l'animatrice... Pour elle, mieux vaut donc ouvrir les vannes du jeu et de l'imagination, avant de l'orienter vers une discipline artistique qui nécessite des connaissances techniques et expose l'artiste à la critique, parfois malgré lui. Pour écrire Boostez votre créativité (*), la Française Sylvie Battle s'est appuyée sur son passage par le Conservatoire. " Il y avait un côté très normatif. On m'a demandé de gommer mon accent du Sud et on m'a fait comprendre que je devrais perdre du poids... Ça m'a complexée alors qu'après coup, j'ai compris que certains rôles correspondaient à qui j'étais réellement. " Aujourd'hui peintre, elle a tiré les leçons du passé et organise des ateliers d'art-thérapie. " La plus grande hantise des gens est " de ne pas savoir faire ". On vit dans une culture de la performance. Il faut pourtant pouvoir se dire " et pourquoi pas ? Si j'essayais ", quitte à être mauvais, cultiver la bienveillance envers soi et éviter le perfectionnisme. Bref, il faut oser faire du moche ! " Sylvie Evrard va dans le même sens : " C'est en acceptant ses failles que viennent la joie et la créativité qui va avec ! " Et de mettre en cause le système éducatif qui, très vite, nous fixe des grilles d'évaluation. " Aujourd'hui, des mômes de 4 ans sont déjà en panne. Chez les ados, c'est une catastrophe. " Pour ranimer le feu de l'imagination, Patrick Duhoux, co-auteur de Développer sa créativité, envisage, lui, de bousculer le train-train. Des exemples : changer de trajet pour aller au boulot, inverser l'ordre des tâches du matin (douche, déjeuner...), changer de cantine à midi ou encore lire un magazine spécialisé dans un domaine qui n'est pas le nôtre, etc. Pour lui, il s'agit d'une sorte de " créa-gym d'entretien qui va nous amener à lever nos freins ". Mihaly Csikszentmihalyi, éminent professeur spécialisé dans la psychologie positive, mise de son côté sur " l'érotisation " de notre existence... Sans pour autant qu'il s'agisse de sexe. Le concept : il faut apprendre à aimer et savourer ce que l'on fait, qu'on soit en train de peindre une toile ou de préparer un repas. " Plus on s'investira dans notre tâche et plus on en tirera du plaisir. Si on la bâcle, elle nous paraîtra des plus rébarbatives. " Un bon début ? Repenser quelques gestes anodins et y mettre tout son coeur... à commencer, par exemple, par le brossage des dents ! De ces ruptures dans nos vies ronronnantes devraient découler des déclics pour débrider nos pensées. Noter est une tactique courue chez les concepteurs de tout poil. Pour Sylvie Battle, " lister les souvenirs ; des visions futures qui attirent ou font peur ; observer la nature ; se remémorer une scène de la vie quotidienne ; se laisser porter par une oeuvre, un goût, une odeur... Tout peut constituer une source d'inspiration. Ayez donc toujours un carnet pour croquer un paysage, décrire une situation. " Dans son livre virtuel, Brigitte Gilles conseille, elle, de travailler avec une boîte à cartes de visite et de petits cartons à dimensions sur lesquels inscrire idées et flashs. Il est alors plus facile d'agencer ces bribes de pensées entre elles. Les plus geeks, eux, opteront pour le bloc-notes de leur smartphone pour coucher leurs observations. Si toutefois, une fois ce cahier en main, nous séchions sur ce que nous pourrions y écrire, il nous faudra " changer d'oeil ", comme le soufflent plusieurs experts. Comment ? En approfondissant notre manière de regarder le monde. Un exercice pour y arriver : se lancer des défis du genre repérer dix personnes joyeuses dans la rue, dix objets rouges, dix passants coiffés d'un chapeau... Le jeu deviendra une habitude et notre jardin intérieur s'enrichira de mille détails. Autre piste : prendre de la hauteur. Jean Cottraux propose de se mettre au balcon et d'observer les gens qui passent ; de choisir une personne au hasard et d'entrevoir notre vie si nous étions celle-ci. On se demandera ensuite ce qu'on devrait changer à notre existence pour se rapprocher de la sienne, ce qu'on voudrait garder et jeter. On peut pratiquer l'expérience inverse et lorsque l'on marche sur un trottoir, supposer qu'on est observé d'en haut par un quidam. Que voit-il ? Que pense-t-il ? Que changerait-il en nous ? De quoi nous faire gamberger... et, qui sait, nous inviter à créer. (1) Boostez votre créativité, par Sylvie Battle, éditions Jouvence. www.bloomattitude.com (2) A chacun sa créativité, par Jean Cottraux, Odile Jacob. (3) Les secrets de la créativité, par Brigitte Gilles, Edilivre. (4) Atelier Alvéole, à 1310 La Hulpe. http://atelieralveole.be (5) Développer sa créativité, par Patrick Duhoux et Isabelle Jacob, Retz.