Quand on regarde tout ce que vous avez accompli jusqu'ici dans votre carrière, cela donne le tournis ! Comment avez-vous fait pour passer avec une apparente facilité d'un genre à l'autre ?

Ça a toujours été pour moi une question d'équilibre. J'ai rarement tourné deux films dramatiques d'affilée. J'aime l'idée de l'alternance, même dans la langue. C'est aussi une question de moment : on peut avoir envie ou non d'exprimer certaines émotions. Lorsque l'on s'engage pour un film, on lui donne trois à quatre mois de sa vie. Trois à quatre mois très intenses, en plus ! Mieux vaut avoir vraiment envie d'y aller.

Vous venez d'avoir 55 ans. Un cap qui compte ?

Celui de la trentaine a été bien pire ! Je détestais avoir 30 ans. Par contre, 40, j'ai plutôt trouvé cela sexy. Et 50, c'était carrément la fête ! Ça a dopé ma confiance en moi. Je me sentais très bien, tout à coup.

Vous autorisez-vous plus de choses qu'avant ?

Dire non. Et faire des choses pour moi, ce qui n'est pas franchement dans ma nature. Je me fais des cadeaux. Le dernier, c'était un canapé.

Si vous ne deviez garder qu'un seul souvenir de cinéma, ce serait...

Le patient anglais ! Toute l'expérience. Point. Et bien sur le résultat, ce qui est formidable, car le film fini n'est pas toujours à la hauteur de ce que l'on a vécu. Aujourd'hui, je sais très bien " faire mon métier " dans le sens où je sais où je dois me mettre sur un plateau, comment bien prendre la lumière, c'est devenu comme une seconde nature. Mais cela n'enlève jamais le trac, la flamme qui peut vous animer lorsque vous vous retrouvez devant la caméra de quelqu'un pour la première fois.

>>> Découvrez la suite de notre interview dans Le Vif Weekend du 16 octobre.