Tandis que, sur l'ensemble de la France, la production de vin va chuter de 29% par rapport à 2020, pour s'établir à 33,3 millions d'hectolitres, selon le ministère français de l'Agriculture, la Bourgogne semble davantage touchée.

Dans cette région, qui produit certains de crus français les plus prestigieux, "les rendements sont historiquement bas", estime François Labet, président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB). "On est globalement entre 30% et 50% de pertes mais il y a de gros écarts, avec 70% et 80% de pertes pour les blancs de la Côte de Beaune et moins 50% dans le Chablis et le Mâconnais".

"Il ne reste vraiment pas grand-chose. On ne va pas être loin de 95% de pertes sur certains secteurs", juge même Aurélie Cheveau, co-gérante d'un domaine familial de 20 hectares dans la célèbre appellation de Pouilly-Fuissé.

La vigneronne pointant avec son sécateur tantôt des feuilles de vignes hachées par la grêle, tantôt des grappes minuscules, où le jaune luisant du chardonnay a parfois laissé place à des baies violacées couvertes de poils blancs, trahissant une pourriture due à la pluie.

"Globalement", pour l'appellation de Pouilly-Fuissé, dans le sud de la Bourgogne, les pertes se situent "entre 70% et 90%", évalue Aurélie Cheveau, également présidente de l'Union des producteurs de Pouilly-Fuissé (360 adhérents pour près de 800 hectares).

A l'autre bout de la Bourgogne, le constat n'est guère meilleur: Ludivine Griveau, responsable des 60 hectares de vignes des Hospices de Beaune évalue les pertes entre 50% et 80% selon les parcelles.

Tous s'attendent à une pénurie pour la cuvée 2021.

"On va faire le plus petit millésime que la Bourgogne ait jamais faite", assure Thiébault Huber, président de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne (CAVB).

Mais la qualité pourrait bien venir compenser la faible quantité, espère Eric Pilatte, expert viticole indépendant, évoquant "les belles journées depuis le 15 août", qui, avant les fortes pluies de septembre, ont permis une belle maturation.

Au-delà de cette annus horribilis, c'est la répétition des dérèglements climatiques qui inquiète la profession.

"Depuis 2010, on n'a eu que deux années sans problèmes majeurs: 2017 et 2018", rappelle François Labet.

"En 2019, on a eu une moitié de récolte, déjà en raison du gel. Si on a un an sur deux comme ça, on se demande ce que va devenir notre métier", s'inquiète Aurélie Cheveau.

Tandis que, sur l'ensemble de la France, la production de vin va chuter de 29% par rapport à 2020, pour s'établir à 33,3 millions d'hectolitres, selon le ministère français de l'Agriculture, la Bourgogne semble davantage touchée.Dans cette région, qui produit certains de crus français les plus prestigieux, "les rendements sont historiquement bas", estime François Labet, président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB). "On est globalement entre 30% et 50% de pertes mais il y a de gros écarts, avec 70% et 80% de pertes pour les blancs de la Côte de Beaune et moins 50% dans le Chablis et le Mâconnais". "Il ne reste vraiment pas grand-chose. On ne va pas être loin de 95% de pertes sur certains secteurs", juge même Aurélie Cheveau, co-gérante d'un domaine familial de 20 hectares dans la célèbre appellation de Pouilly-Fuissé.La vigneronne pointant avec son sécateur tantôt des feuilles de vignes hachées par la grêle, tantôt des grappes minuscules, où le jaune luisant du chardonnay a parfois laissé place à des baies violacées couvertes de poils blancs, trahissant une pourriture due à la pluie."Globalement", pour l'appellation de Pouilly-Fuissé, dans le sud de la Bourgogne, les pertes se situent "entre 70% et 90%", évalue Aurélie Cheveau, également présidente de l'Union des producteurs de Pouilly-Fuissé (360 adhérents pour près de 800 hectares).A l'autre bout de la Bourgogne, le constat n'est guère meilleur: Ludivine Griveau, responsable des 60 hectares de vignes des Hospices de Beaune évalue les pertes entre 50% et 80% selon les parcelles.Tous s'attendent à une pénurie pour la cuvée 2021."On va faire le plus petit millésime que la Bourgogne ait jamais faite", assure Thiébault Huber, président de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne (CAVB).Mais la qualité pourrait bien venir compenser la faible quantité, espère Eric Pilatte, expert viticole indépendant, évoquant "les belles journées depuis le 15 août", qui, avant les fortes pluies de septembre, ont permis une belle maturation.Au-delà de cette annus horribilis, c'est la répétition des dérèglements climatiques qui inquiète la profession. "Depuis 2010, on n'a eu que deux années sans problèmes majeurs: 2017 et 2018", rappelle François Labet."En 2019, on a eu une moitié de récolte, déjà en raison du gel. Si on a un an sur deux comme ça, on se demande ce que va devenir notre métier", s'inquiète Aurélie Cheveau.