© JEAN-PIERRE GABRIEL

Elle est chocolatière à Ciney.

En 2014, Euphrasie Ghislaine mène à bon port son rêve et ouvre une boutique dédiée à cet or noir gourmand dans son pays d'adoption, la Belgique, et plus précisément dans le Condroz, la terre de son mari. Aux murs de cette enseigne cynasienne, un cliché d'elle et le portrait de ses enfants, Simeo et Ugo, dont quatre lettres (SI et GO) interviennent dans le nom de la marque Sigoji.

Sa passion lui vient de son grand-père.

Dans son village natal, au Cameroun, au début des années 80, elle observait son aïeul sécher avec amour les fèves de cacao de sa plantation. " A travers la fissure du mur, la petite fille regarde son papy étaler la fève. Il la caresse, la trie, la chique pour jauger son degré de séchage ; il gardera longtemps les arômes en bouche. La fève, telle une femme amoureuse, reçoit alors le soleil et se laisse dorer ", écrit-elle à ce sujet.

Ses spécialités : les pralines, manons, mendiants et autres croquants.

Toutes ces douceurs ont la grâce et l'élégance de celle qui les compose. " J'adore me réveiller aux aurores, entrer dans mon atelier, me laisser imprégner par les odeurs. Alors, je ferme les yeux et retrouve mon enfance ", raconte-t-elle.

Elle attache une grande importance aux matières premières.

Tous les chocolats sont élaborés à partir de masses de cacao préparées par un cacao févier français qui s'approvisionne, entre autres, au Cameroun auprès du cousin d'Euphrasie. Madagascar et Haïti sont les deux autres origines employées à ce jour parce qu'elles proviennent de projets solidaires. Le luxe selon Sigoji, c'est d'offrir le prix équitable aux familles de planteurs, de travailler des produits de qualité, comme le beurre du Namurois Lionel Plaquette, et de privilégier la fraîcheur des ingrédients.