Jérôme Eymas, viticulteur des appellations blaye et côtes-de-bordeaux, a décidé de vendre une partie de ses vins en cuves, "les moins bonnes", pour la distillation, dit-il à l'AFP.

"C'est un moindre mal, c'est mieux que zéro et ça permet de faire de la place pour les vendanges dans deux mois et demi", ajoute le viticulteur.

Et c'est partout pareil car avec une production moyenne de 5 millions d'hectolitres par an, le plus gros vignoble français n'a vendu que 4 millions l'année dernière.

Ainsi dans l'Entre-deux-Mers, "pratiquement tous les viticulteurs vont distiller. Il y en a qui n'ont rien vendu cette année", affirme Bernard Douence des distilleries Douence.

Chez les distillateurs, "c'est un peu l'affolement. On a beaucoup de contrats qui arrivent, avec des volumes assez importants", ajoute-t-il.

La chute de la consommation durant le confinement, avec la fermeture des bars et restaurants pour cause de coronavirus, n'a fait qu'accentuer une situation déjà tendue depuis deux ans.

Les ventes en Chine, premier marché à l'export, s'effondrent, le marché britannique est en berne avec le Brexit, tout comme Hong Kong en crise politique depuis des mois.

A cela s'ajoute la baisse des exportations vers les États-Unis liée aux taxes imposées sur les vins non pétillants, victimes d'un contentieux UE-USA au sujet de l'aéronautique, et un marché français en désamour avec Bordeaux, en particulier la grande distribution qui ne fait plus recette (-9% en un an).

Contraints de baisser les prix

L'État a débloqué au niveau national des fonds pour la distillation, mais ils sont prévus pour deux millions d'hectolitres alors que la profession estime les besoins à trois millions.

Quant à l'aide au stockage et l'exonération de charges, également annoncées fin mai par le gouvernement, les modalités n'en sont pas connues.

Même le mot tabou d'arrachage a été prononcé, le président socialiste de la région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset confiant au journal Sud Ouest que l'idée était "sur la table".

Côté Etat, aucun budget ne permet pour l'instant de le financer.

En recherche de trésorerie, les viticulteurs bordelais se voient aussi contraints de baisser les prix pour payer leurs charges et ne trouvent pas toujours preneurs, même à 680 euros le tonneau.

"Le cours moyen du tonneau est à 950 euros. A 680 euros, ce n'est pas rentable, on appauvrit la viticulture", tempète le vice-président des négociants bordelais, Georges Hausalter, qui a "déjà connu ça avec la crise de 2008".

Pour lui, les mesures prises par le gouvernement sont conjoncturelles, sans plan de relance comme cela a été fait pour l'automobile ou l'aéronautique.

"Si on vide des cuves en distillation, c'est stupide de les remplir de nouveau dans trois mois sans plan de relance", dénonce-t-il.

Jérôme Eymas, viticulteur des appellations blaye et côtes-de-bordeaux, a décidé de vendre une partie de ses vins en cuves, "les moins bonnes", pour la distillation, dit-il à l'AFP."C'est un moindre mal, c'est mieux que zéro et ça permet de faire de la place pour les vendanges dans deux mois et demi", ajoute le viticulteur.Et c'est partout pareil car avec une production moyenne de 5 millions d'hectolitres par an, le plus gros vignoble français n'a vendu que 4 millions l'année dernière. Ainsi dans l'Entre-deux-Mers, "pratiquement tous les viticulteurs vont distiller. Il y en a qui n'ont rien vendu cette année", affirme Bernard Douence des distilleries Douence.Chez les distillateurs, "c'est un peu l'affolement. On a beaucoup de contrats qui arrivent, avec des volumes assez importants", ajoute-t-il.La chute de la consommation durant le confinement, avec la fermeture des bars et restaurants pour cause de coronavirus, n'a fait qu'accentuer une situation déjà tendue depuis deux ans.Les ventes en Chine, premier marché à l'export, s'effondrent, le marché britannique est en berne avec le Brexit, tout comme Hong Kong en crise politique depuis des mois.A cela s'ajoute la baisse des exportations vers les États-Unis liée aux taxes imposées sur les vins non pétillants, victimes d'un contentieux UE-USA au sujet de l'aéronautique, et un marché français en désamour avec Bordeaux, en particulier la grande distribution qui ne fait plus recette (-9% en un an).L'État a débloqué au niveau national des fonds pour la distillation, mais ils sont prévus pour deux millions d'hectolitres alors que la profession estime les besoins à trois millions.Quant à l'aide au stockage et l'exonération de charges, également annoncées fin mai par le gouvernement, les modalités n'en sont pas connues.Même le mot tabou d'arrachage a été prononcé, le président socialiste de la région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset confiant au journal Sud Ouest que l'idée était "sur la table". Côté Etat, aucun budget ne permet pour l'instant de le financer.En recherche de trésorerie, les viticulteurs bordelais se voient aussi contraints de baisser les prix pour payer leurs charges et ne trouvent pas toujours preneurs, même à 680 euros le tonneau."Le cours moyen du tonneau est à 950 euros. A 680 euros, ce n'est pas rentable, on appauvrit la viticulture", tempète le vice-président des négociants bordelais, Georges Hausalter, qui a "déjà connu ça avec la crise de 2008". Pour lui, les mesures prises par le gouvernement sont conjoncturelles, sans plan de relance comme cela a été fait pour l'automobile ou l'aéronautique."Si on vide des cuves en distillation, c'est stupide de les remplir de nouveau dans trois mois sans plan de relance", dénonce-t-il.