Lors d'une sommet consacré à la pêche organisé à Magdeburg (Allemagne), le président d'une association sectorielle allemande Uwe Richter a avancé que du thon ou des sardines pourraient prochainement être pêchés commercialement en Mer du Nord, à condition que les stocks de poissons suivent.

Au-delà des défis qui s'imposent au secteur de la pêche, il y a également des occasions, note M. Richter. Les eaux gagnant en température, les espèces se déplacent.

Le biologiste marin Jan Seys de l'Institut flamand pour la Mer confirme que le réchauffement climatique a des répercussions sur les ressources halieutiques. "Les animaux recherchent la température optimale pour eux. C'est donc logique que certains poissons se déportent vers le nord." Mais la situation est complexe: par exemple, les bébés homards, qui sont de la nourriture pour les jeunes cabillauds, sont déjà montés de 1.000 kilomètres vers le nord, alors que le cabillaud ne suit pas. "Il y a là un problème de synchronisation", selon M. Seys.

Jan Seys estime toutefois qu'à court terme, on ne pêchera pas de sardines et du thon dans nos contrées. "Les sardines se retrouvent déjà en effet en Mer du Nord lors des périodes chaudes, mais il n'est certainement pas possible aujourd'hui d'en pêcher de manière commerciale. En ce qui concerne le thon, le changement climatique joue un moindre rôle. Le thon rouge de l'Atlantique souffre de la surpêche. Bien qu'il y ait des signaux d'espoir, l'espèce reste fragile. Il n'y a donc vraiment aucune perspective de pêche commerciale."

Le biologiste fait encore remarquer que les changements peuvent également entraîner des problèmes diplomatiques entre pays. Les droits de pêche sont en effet liés à des zones déterminées, qui ne se déplacent pas avec les espèces. "Par le passé, il y a presque eu une guerre autour de la pêche au maquereau par exemple." À cet égard, l'approche du Brexit est une source majeure de préoccupation pour le secteur.