"Sur l'ensemble de l'appellation Côte-Rôtie, on a 80% de pertes", souligne Michaël Gerin, rencontré par l'AFP sur les sentes étroites et pentues de son domaine de 17 hectares à Ampuis (centre-est).

Le président de l'appellation Côte-Rôtie y recense les quelques bourgeons survivants. "Normalement, on a six grappes par cep. Là, on espère en avoir une". "On est tous inquiets et abattus. C'est tout notre travail qui est grillé en quelques heures", se désole-t-il. "Habituellement, on produit 80.000 bouteilles, mais cette année ça sera 10.000 ou 15 000 au maximum". Un constat partagé par David Duclaux, lui aussi producteur de Côte-Rôtie sur la commune voisine de Tupin-et-Semons, qui espère pouvoir faire 30% de sa production habituelle, soit 10.000 bouteilles au lieu de 40.000. Du côté du vignoble de Condrieu, lui aussi situé sur la rive droite du Rhône en face de la ville de Vienne, le bilan est un peu moins sombre. "Les pertes varient de 25% à 80% selon les parcelles. C'est très aléatoire", explique Christophe Pichon, propriétaire du domaine du même nom et président de l'appellation. Cette baisse de production ne devrait pas affecter les ventes dans l'immédiat, mais dans quelques années, relève David Duclaux. "Le Côte-Rôtie étant un vin de garde, on a des stocks pour deux ans et demi. Donc, pour l'instant, ça va le faire mais on va devoir étaler les ventes sur plusieurs années pour ne pas trop ressentir les préjudices de cette vague de gel".

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Afin de se relever de cette catastrophe, les vignerons attendent "de vraies annonces avec des chiffres et des réponses concrètes", comme l'exonération de charges salariales et patronales ou encore de cotisation de mutualité sociale agricole, note M. Gerin. "On veut de l'aide mais on ne veut pas quémander des sommes d'argent", assure son homologue de Condrieu Christophe Pichon.

- Sauver ce qui peut l'être -

"Cette vague de gel, c'est un phénomène inédit pour nous. Ca n'était pas arrivé depuis 1938, m'a affirmé mon grand-père", assure Michaël Gerin. Les coteaux très pentus, caractéristiques de l'appellation, sont habituellement balayés par un vent soutenu et bénéficient d'une exposition au sud qui empêchent les gels sévères. Le phénomène est tellement exceptionnel... que les vignobles n'y étaient tout simplement pas préparés. "On n'utilise pas de bougies ou de braséros pour réchauffer les vignes parce qu'on ne souffre pas du gel normalement". D'autant qu'avec des pentes à 60%, cette méthode est difficile à mettre en place. "C'est un investissement auquel il faut mûrement réfléchir", lance M. Gerin, en le chiffrant à 5.000 euros par hectare. Mais alors comment faire pour anticiper ces aléas climatiques de plus en plus fréquents ? "Cela fait 30 ans que l'on voit les effets du réchauffement" qui fait que les vignes sont de plus en plus précoces, explique Michael Gerin. Afin de retarder l'arrivée des bourgeons, les vignerons taillent leurs vignes plus tard d'année en année. "Mais surtout cet évènement est exceptionnel, et on espère que ça le reste". Les dégâts exacts de cette vague de froid ne seront connus que lors des vendanges, à la fin de l'été. "En attendant, on ne va pas pleurer. C'est la nature. On doit avancer et essayer de sauver ce qui peut l'être", lance le vigneron.

"Sur l'ensemble de l'appellation Côte-Rôtie, on a 80% de pertes", souligne Michaël Gerin, rencontré par l'AFP sur les sentes étroites et pentues de son domaine de 17 hectares à Ampuis (centre-est).Le président de l'appellation Côte-Rôtie y recense les quelques bourgeons survivants. "Normalement, on a six grappes par cep. Là, on espère en avoir une". "On est tous inquiets et abattus. C'est tout notre travail qui est grillé en quelques heures", se désole-t-il. "Habituellement, on produit 80.000 bouteilles, mais cette année ça sera 10.000 ou 15 000 au maximum". Un constat partagé par David Duclaux, lui aussi producteur de Côte-Rôtie sur la commune voisine de Tupin-et-Semons, qui espère pouvoir faire 30% de sa production habituelle, soit 10.000 bouteilles au lieu de 40.000. Du côté du vignoble de Condrieu, lui aussi situé sur la rive droite du Rhône en face de la ville de Vienne, le bilan est un peu moins sombre. "Les pertes varient de 25% à 80% selon les parcelles. C'est très aléatoire", explique Christophe Pichon, propriétaire du domaine du même nom et président de l'appellation. Cette baisse de production ne devrait pas affecter les ventes dans l'immédiat, mais dans quelques années, relève David Duclaux. "Le Côte-Rôtie étant un vin de garde, on a des stocks pour deux ans et demi. Donc, pour l'instant, ça va le faire mais on va devoir étaler les ventes sur plusieurs années pour ne pas trop ressentir les préjudices de cette vague de gel". Afin de se relever de cette catastrophe, les vignerons attendent "de vraies annonces avec des chiffres et des réponses concrètes", comme l'exonération de charges salariales et patronales ou encore de cotisation de mutualité sociale agricole, note M. Gerin. "On veut de l'aide mais on ne veut pas quémander des sommes d'argent", assure son homologue de Condrieu Christophe Pichon."Cette vague de gel, c'est un phénomène inédit pour nous. Ca n'était pas arrivé depuis 1938, m'a affirmé mon grand-père", assure Michaël Gerin. Les coteaux très pentus, caractéristiques de l'appellation, sont habituellement balayés par un vent soutenu et bénéficient d'une exposition au sud qui empêchent les gels sévères. Le phénomène est tellement exceptionnel... que les vignobles n'y étaient tout simplement pas préparés. "On n'utilise pas de bougies ou de braséros pour réchauffer les vignes parce qu'on ne souffre pas du gel normalement". D'autant qu'avec des pentes à 60%, cette méthode est difficile à mettre en place. "C'est un investissement auquel il faut mûrement réfléchir", lance M. Gerin, en le chiffrant à 5.000 euros par hectare. Mais alors comment faire pour anticiper ces aléas climatiques de plus en plus fréquents ? "Cela fait 30 ans que l'on voit les effets du réchauffement" qui fait que les vignes sont de plus en plus précoces, explique Michael Gerin. Afin de retarder l'arrivée des bourgeons, les vignerons taillent leurs vignes plus tard d'année en année. "Mais surtout cet évènement est exceptionnel, et on espère que ça le reste". Les dégâts exacts de cette vague de froid ne seront connus que lors des vendanges, à la fin de l'été. "En attendant, on ne va pas pleurer. C'est la nature. On doit avancer et essayer de sauver ce qui peut l'être", lance le vigneron.