" La maison Dior a été fondée en décembre 1946 et le premier défilé s'est tenu le 12 février 1947, nous explique Soizic Pfaff, archiviste de l'héritage Dior. Ensuite, il a fallu attendre quarante ans pour que l'on crée des archives textiles. Ce fut à l'occasion de la première expo consacrée à Christian Dior, au Musée des Arts décoratifs de Paris. La personne qui avait coordonné cette exposition pour Dior a mis au jour une mine de documents conservés dans les archives de la maison : des dessins, des photos, des livres et des coupures de presse. Mais très peu de v...

" La maison Dior a été fondée en décembre 1946 et le premier défilé s'est tenu le 12 février 1947, nous explique Soizic Pfaff, archiviste de l'héritage Dior. Ensuite, il a fallu attendre quarante ans pour que l'on crée des archives textiles. Ce fut à l'occasion de la première expo consacrée à Christian Dior, au Musée des Arts décoratifs de Paris. La personne qui avait coordonné cette exposition pour Dior a mis au jour une mine de documents conservés dans les archives de la maison : des dessins, des photos, des livres et des coupures de presse. Mais très peu de vêtements ou d'accessoires. Les looks présentés ont dû être empruntés à des musées de la mode un peu partout dans le monde et à quelques clientes. Au fil du temps, nous avons pu racheter un certain nombre de vêtements, et il y a eu quelques dons. Notamment des robes de la princesse Grace de Monaco, cinq ans après son décès. J'ai commencé à m'occuper des archives en 1996. A l'époque, cela faisait plus de vingt ans que je travaillais pour la griffe, comme analyste de marché. Au début, j'étais plus ou moins seule. Aujourd'hui, notre équipe compte douze personnes. " Dior conserve la quasi-totalité de ses archives, désormais pléthoriques - 9 840 vêtements et accessoires -, aux environs de Poitiers. Le site parisien, lui, est aménagé avec grand soin, dans un esprit qui se situe entre le cabinet de curiosités minimaliste et l'institut scientifique. Il se niche derrière une façade élégante de l'avenue Montaigne, tout près du QG historique de la maison. Il y a de la place pour une bibliothèque, un atelier où les pièces sont restaurées ou repassées et bichonnées pour les expos, ainsi que plusieurs petites salles, dont une dédiée aux parfums créés du vivant de Christian Dior et sous sa houlette, entre 1947 et 1957. A l'arrière, se trouvent encore quelques salles sombres renfermant des boîtes d'archivage dans lesquelles sont soigneusement conservées des robes et autres tenues créées par les couturiers qui ont oeuvré pour la maison au fil des années - Yves Saint Laurent, Marc Bohan et John Galliano. Tout cela se fait naturellement dans le strict respect des normes muséales, avec température et hygrométrie contrôlées. Aux vêtements historiques s'ajoutent des piles de documents classés et étiquetés. Dans une boîte choisie au hasard, nous découvrons les photographies et les communiqués de presse d'une présentation de la griffe à Moscou, avec des mannequins défilant en tenues Dior sur la place Rouge et sur la passerelle d'un avion d'Air France. " Nous avons énormément de pièces, reconnaît Soizic Pfaff. Et nos collections s'accroissent de jour en jour. Nous continuons à acheter des modèles historiques et nous conservons les prototypes de chaque collection à venir, tant en haute couture qu'en prêt-à-porter. Nos archives sont donc en pleine expansion. "