"Très lentement, petit à petit, on sent grandir quelque chose. Je perçois une certaine excitation, un optimisme croissant", affirmait déjà Miuccia Prada lors de la semaine de la mode masculine virtuelle du mois de janvier dernier -- l'occasion, pour le secteur, de présenter -- déjà, ses futures collections automne-hiver. "Ce sentiment qui grandit, c'est une envie de mouvement et d'action, c'est le désir d'une énergie nouvelle, avait enchaîné son cocréateur Raf Simons. Nous espérons tous que la situation va s'améliorer rapidement, idéalement au plus tard d'ici la fin de l'année, lorsque ces pièces se retrouveront dans les rayons."
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"Très lentement, petit à petit, on sent grandir quelque chose. Je perçois une certaine excitation, un optimisme croissant", affirmait déjà Miuccia Prada lors de la semaine de la mode masculine virtuelle du mois de janvier dernier -- l'occasion, pour le secteur, de présenter -- déjà, ses futures collections automne-hiver. "Ce sentiment qui grandit, c'est une envie de mouvement et d'action, c'est le désir d'une énergie nouvelle, avait enchaîné son cocréateur Raf Simons. Nous espérons tous que la situation va s'améliorer rapidement, idéalement au plus tard d'ici la fin de l'année, lorsque ces pièces se retrouveront dans les rayons." Aujourd'hui, l'heure a sonné, les stocks sont arrivés dans les boutiques et on se prend à espérer que le pire de la crise est passé. Tout va mieux et le fait que le vestiaire des messieurs ne soit, dans l'ensemble, ni sombre ni déprimant est plutôt exaltant. Il faut dire que, depuis quelque temps déjà, la mode masculine se revendique libre, franche et badine. Et à ce petit jeu, chaque nouvelle cuvée semble plus extrême encore. La chose s'explique peut-être en partie par le coup de jeune qu'a pris ce secteur. Que ce soit le rappeur Lil Nas X (22 ans) ou le fils de Will Smith, Jaden (23 ans), c'est en effet la génération montante qui fait office d'icônes fashion... alors même que côté dames, ce sont les femmes "mûres" qui retiennent toutes les attentions. Pour preuve, Justin Bieber, du haut de ses 27 printemps, partage l'affiche des pubs de Balenciaga avec Isabelle Huppert et ses 68 ans. Cette arrière-saison a un vrai parfum de renouveau, presque comme si le printemps s'invitait en automne... Pas étonnant que la marque la plus courue du moment soit ERL, fondée sous le soleil du perpétuel été de Venice, en Californie. Lors des Fashion Weeks virtuelles du mois de janvier, l'exubérance était donc de mise... Il fut question de danse, notamment dans la vidéo diffusée par Prada, mais aussi de vrais délires, à l'instar du label français Etudes, qui a laissé ses mannequins se défouler dans la galerie commerçante et la station de métro Châtelet Les Halles pour présenter une collection "high-concept grunge" où les personnages de dessin animé Beavis & Butt-Head voisinent avec les créations de l'artiste américaine Martine Syms. La marque MSGM a, elle, fait se rencontrer l'alpinisme et les raves dans un surprenant mélange de "gorpcore" -- un terme qui désigne les vêtements d'extérieur de marques -- et d'acid house.La définition de ce qui est ou non "portable" pour ces messieurs, en constante évolution, fut également revue en cette année 2021. Au cours de l'été, les bandeaux et les dessus crop top défilaient sur TikTok et Instagram. Désormais, tuniques, jupes et autres kilts -- proposés notamment chez Dries Van Noten, Grace Wales Bonner, Homme Plissé Issey Miyake, Louis Vuitton ou JW Anderson -- débarquent dans les dressings masculins. Mais en parallèle de ces folies douces, le confort s'avère toutefois plus important que jamais: les vêtements peuvent avoir un look hors norme, mais pas question de ne pas s'y sentir à l'aise. Les chances que le costume trois pièces revienne sur le devant de la scène modeuse s'amenuisent à vue d'oeil. Zegna, peut-être bien le plus prestigieux des labels masculins classiques, a présenté cette saison une collection sans le moindre costume conventionnel, Pal Zileri a fermé les portes de son atelier historique dans la région de Trévise et Brioni a annoncé une vague de licenciements. Tout n'est cependant pas perdu pour ceux qui le souhaitent absolument: succès croissant du "vintage" faisant, il est toujours possible de porter le costard! Avec la lumière qui pointe au bout du tunnel, tout est plus que jamais permis.