Quel était le concept du projet de la Fondation LUMA, à Arles?
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Quel était le concept du projet de la Fondation LUMA, à Arles? Cet ancien site industriel creusé dans la roche, sans terre ni eau, était une dalle invivable. Il y régnait un climat semi-désertique et, trente ans après la fermeture de l'usine, il n'y avait toujours pas de végétation. Nous nous sommes demandé comment la nature aurait fait pour finalement reprendre possession des lieux et avons réalisé des simulations. Nous avons supposé qu'avec le mistral, au fil du temps, des sédiments se seraient déposés et qu'une topographie de dune se serait formée. Et nous avons dès lors essayé d'accélérer 200 ans de processus naturel et tout planté en deux ans. Aujourd'hui, on a sur ce site un climat méditerranéen ; la température ressentie est passée de 45 à 25 °C ; et grâce aux 80 000 plantes qu'on a plantées, les grenouilles, les oiseaux... arrivent. On a ramené la vie sur ce site stérile depuis un siècle à cause de l'homme. Vous dites que votre métier de paysagiste a évolué ces dernières années... En effet. Le grand public et donc aussi les décideurs se sont rendu compte de l'urgence climatique et du fait que la végétation était plus qu'un simple embellissement. Nous, nous avions déjà intuitivement cette approche mais désormais la prise de conscience est générale. Cet été, partout, on a subi des conditions météorologiques extrêmes, c'est une dérégulation du climat et on aura de plus en plus besoin d'un nouveau partenariat avec la nature pour faire face à cela. L'architecte de paysages est celui qui arrive le mieux à forger ce partenariat. Qu'entendez-vous par là? Les arbres ne sont plus utilisés "parce qu'ils font joli" mais pour capturer le CO2, bloquer les particules fines, garder l'eau de pluie là où elle tombe... Le paysagiste essaye de comprendre l'urbanisme comme une liaison entre ce qui est en bas et en haut, la terre et le ciel, la géologie et la météorologie. Et l'arbre s'y prête évidemment parfaitement. C'est la meilleure machine climatique possible.