Bruxelles

"Même si la conscience écologique y grandit, il y a encore beaucoup à faire. Avec mon bureau, nous travaillons sur la réappropriation de petits chancres urbains laissés pour compte, pour y loger des sans-abri, notamment à Molenbeek, Evere et Forest. Nous avons répertorié ces terrains et, maintenant, nous discutons avec les communes pour obtenir des baux emphytéotiques et nous cherchons des partenaires et des mécènes. Je m'occupe de la qualité de vie de l'ensemble du vivant. On ne vit bien que lorsqu'on est en symbi...

"Même si la conscience écologique y grandit, il y a encore beaucoup à faire. Avec mon bureau, nous travaillons sur la réappropriation de petits chancres urbains laissés pour compte, pour y loger des sans-abri, notamment à Molenbeek, Evere et Forest. Nous avons répertorié ces terrains et, maintenant, nous discutons avec les communes pour obtenir des baux emphytéotiques et nous cherchons des partenaires et des mécènes. Je m'occupe de la qualité de vie de l'ensemble du vivant. On ne vit bien que lorsqu'on est en symbiose avec ses congénères ; une capitale doit pouvoir loger chacun de manière décente.""Depuis dix-huit ans, la Saline royale organise chaque été des expos et propose à des étudiants en paysagisme d'investir, sur ce thème, ses jardins. Cette année, elle a choisi mes dessins, peintures et installations comme fil conducteur. On retrouvera sur 2 500 m2 mes Cités végétales, mes Archiborescences, mes projections du monde dans cent ans... Je considère que tous les êtres vivants font partie de ma famille. Je suis donc conscient de l'importance de préserver les merveilles de cette planète qu'on a reçue en héritage et qui est malmenée. Et cet événement donne une belle visibilité à ma réflexion : 130 000 visiteurs y viennent chaque été.""On commence à en parler et c'est une bonne chose. Mais certaines personnes en profitent pour faire passer d'autres idées habillées dans un discours green. Par exemple, lorsqu'un promoteur propose un centre commercial avec toiture prétendument plantée, sous prétexte qu'il va renforcer le maillage vert. Cela dit, je me préoccupe peu de ces gens-là. Je cherche surtout à côtoyer ceux qui vont plus loin dans la perception des enjeux.""La Saline royale, où se passe l'expo, a été conçue par Claude-Nicolas Ledoux dont les idées, il y a plus de deux siècles, étaient alors qualifiées d'utopies. Je pense que c'est une manière d'imaginer un avenir qui n'existe pas encore mais qui pourrait devenir possible. Marcher sur la Lune, cela semblait au départ impossible !""Plutôt que de m'attarder sur les catastrophes écologiques annoncées par les médias, le cinéma ou la littérature, qui envisagent souvent le pire, je préfère montrer, dans mes réalisations, la perspective idéale. Quitte à m'engager à fond dans mes réflexions, autant que ce soit dans un monde meilleur. Cela dit, je ne suis ni positiviste, ni négativiste, j'essaye de ne pas tomber dans cette classification cliché que je trouve sans intérêt."