Il comparaît devant le tribunal correctionnel de Toulon (Sud) aux côtés de quatre autres prévenus.

La rénovation du Musée de La Boverie est signée Rudy Ricciotti, l'architecte français à qui l'on doit notamment le Mucem de Marseille., RUDY LAMBORAY
La rénovation du Musée de La Boverie est signée Rudy Ricciotti, l'architecte français à qui l'on doit notamment le Mucem de Marseille. © RUDY LAMBORAY

Les faits pour lesquels l'architecte du musée Cocteau de Menton (Sud de la France) ou du musée de la Boverie à Liège (Belgique), risque une peine d'emprisonnement, une amende et une obligation de démolition, concernent une villa acquise par M. Ricciotti pour son compte en 2010 dans les calanques de Cassis, dans une zone naturelle classée.

La justice, qui avait inculpé et placé sous contrôle judiciaire M. Ricciotti en 2013, lui reproche d'avoir fait travailler, lors des travaux de rénovation de sa maison, des ouvriers non déclarés et en situation irrégulière, ce dont M. Ricciotti, 66 ans, s'est défendu avec véhémence à la barre mercredi. "Je n'ai eu de cesse de demander (à l'entrepreneur, NDLR) si les ouvriers étaient bien déclarés, je ne suis pas fou au point d'avoir des travailleurs non seulement pas déclarés, mais aussi clandestins, ce n'est pas ma culture politique", s'est-il défendu.

Le MuCEM à Marseille, une autre réalisation de Rudy Ricciotti, Sylvie Bresson
Le MuCEM à Marseille, une autre réalisation de Rudy Ricciotti © Sylvie Bresson

Les travaux ont été effectués par une entreprise varoise, dont les dirigeants comparaissent aux côtés de M. Ricciotti, pour un montant de 722.000 euros réglés par chèque par M. Ricciotti. Seuls 300.000 euros ont été retrouvés par les enquêteurs dans la comptabilité de cette entreprise.

Les ouvriers étaient quant à eux payés 200 euros chacun pour la journée, selon M. Ricciotti, qui assure avoir été "très généreux". L'instruction a néanmoins établi que les ouvriers n'étaient payés en réalité qu'environ 50 euros par jour, la différence étant conservée par l'entrepreneur.

M. Ricciotti a reconnu n'avoir sollicité aucune autorisation pour entreprendre ces travaux destinés à remettre la villa à son goût, en se défendant de toute extension de surface existante. Située dans le parc naturel des Calanques, la maison ne peut faire l'objet que de travaux de conservation, la zone étant inconstructible. "Tout était de mauvais goût, ça m'a pesé et c'est vrai que j'ai été pris de la passion du propriétaire", a admis l'architecte, la présidente du tribunal lui faisant remarquer qu'il n'était pas poursuivi "pour des choix esthétiques".

La procédure avait commencé fortuitement par l'interpellation en mars 2012 de deux Tunisiens en situation irrégulière. Les deux hommes avaient alors dénoncé des faits de travail dissimulé possiblement commis par les prévenus. Le mois suivant, lors d'un contrôle sur la propriété de M. Ricciotti, huit personnes non déclarées, dont trois Tunisiens et un Marocain en situation irrégulière, avaient été découverts sur le chantier. L'audience doit se prolonger jeudi. Le jugement sera mis en délibéré.

Il comparaît devant le tribunal correctionnel de Toulon (Sud) aux côtés de quatre autres prévenus.Les faits pour lesquels l'architecte du musée Cocteau de Menton (Sud de la France) ou du musée de la Boverie à Liège (Belgique), risque une peine d'emprisonnement, une amende et une obligation de démolition, concernent une villa acquise par M. Ricciotti pour son compte en 2010 dans les calanques de Cassis, dans une zone naturelle classée.La justice, qui avait inculpé et placé sous contrôle judiciaire M. Ricciotti en 2013, lui reproche d'avoir fait travailler, lors des travaux de rénovation de sa maison, des ouvriers non déclarés et en situation irrégulière, ce dont M. Ricciotti, 66 ans, s'est défendu avec véhémence à la barre mercredi. "Je n'ai eu de cesse de demander (à l'entrepreneur, NDLR) si les ouvriers étaient bien déclarés, je ne suis pas fou au point d'avoir des travailleurs non seulement pas déclarés, mais aussi clandestins, ce n'est pas ma culture politique", s'est-il défendu.Les travaux ont été effectués par une entreprise varoise, dont les dirigeants comparaissent aux côtés de M. Ricciotti, pour un montant de 722.000 euros réglés par chèque par M. Ricciotti. Seuls 300.000 euros ont été retrouvés par les enquêteurs dans la comptabilité de cette entreprise.Les ouvriers étaient quant à eux payés 200 euros chacun pour la journée, selon M. Ricciotti, qui assure avoir été "très généreux". L'instruction a néanmoins établi que les ouvriers n'étaient payés en réalité qu'environ 50 euros par jour, la différence étant conservée par l'entrepreneur.M. Ricciotti a reconnu n'avoir sollicité aucune autorisation pour entreprendre ces travaux destinés à remettre la villa à son goût, en se défendant de toute extension de surface existante. Située dans le parc naturel des Calanques, la maison ne peut faire l'objet que de travaux de conservation, la zone étant inconstructible. "Tout était de mauvais goût, ça m'a pesé et c'est vrai que j'ai été pris de la passion du propriétaire", a admis l'architecte, la présidente du tribunal lui faisant remarquer qu'il n'était pas poursuivi "pour des choix esthétiques".La procédure avait commencé fortuitement par l'interpellation en mars 2012 de deux Tunisiens en situation irrégulière. Les deux hommes avaient alors dénoncé des faits de travail dissimulé possiblement commis par les prévenus. Le mois suivant, lors d'un contrôle sur la propriété de M. Ricciotti, huit personnes non déclarées, dont trois Tunisiens et un Marocain en situation irrégulière, avaient été découverts sur le chantier. L'audience doit se prolonger jeudi. Le jugement sera mis en délibéré.