Pour le Bruxellois Bruno Erpicum, la Méditerranée n'est jamais bien loin. Du moins au sens figuré. Connu pour ses maisons aux volumes épurés et sa maîtrise du béton, le concepteur a en effet dessiné de nombreuses habitations dans le Midi, en Espagne et en Grèce. Sa marque de fabrique : une réflexion poussée, visant à insérer au mieux ses constructions sur leur site. " Un cadre intéressant rend un bâtiment encore plus captivant, insiste-t-il.
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Pour le Bruxellois Bruno Erpicum, la Méditerranée n'est jamais bien loin. Du moins au sens figuré. Connu pour ses maisons aux volumes épurés et sa maîtrise du béton, le concepteur a en effet dessiné de nombreuses habitations dans le Midi, en Espagne et en Grèce. Sa marque de fabrique : une réflexion poussée, visant à insérer au mieux ses constructions sur leur site. " Un cadre intéressant rend un bâtiment encore plus captivant, insiste-t-il. La première étape d'un projet consiste à se laisser absorber par le paysage. Je m'efforce d'en analyser en profondeur les vibrations, le relief et la lumière avant d'esquisser les premières lignes. L'architecte ne doit jamais dominer le terrain ; il doit être à son écoute et intégrer sa morphologie dans son ouvrage. " Un principe immuable qui le guide, tout comme les préceptes de ses deux maîtres à penser, l'Austro-Américain Richard Neutra et le Belge Victor Horta. " Le premier a tenté de nouvelles expériences intéressantes mettant en lien nature et architecture ; le second m'a appris à affiner mes jeux de lumière ", explique-t-il. Autant de points forts que l'on retrouve dans ce logement, en périphérie bruxelloise, qui par certains aspects rappelle les villas érigées sur les côtes de la grande bleue. Concrètement, le concepteur a imaginé un plan en V qui maximise l'apport de lumière dans les pièces. Le matin, cette configuration permet aux rayons du soleil de pénétrer abondamment à l'intérieur, créant des reflets changeants sur les murs et plafonds grâce aux différents bassins d'eau claire savamment disposés dans la composition. L'un d'eux est même dissimulé entre le coin-repas et la cuisine. Bruno Erpicum estime que ces touches d'éclairage naturel sont indispensables dans un pays au climat tempéré et souvent nuageux. Ainsi implantés, les volumes horizontaux, à la toiture végétale et aux grandes baies vitrées, semblent se noyer dans le paysage. Les limites entre le jardin de rocailles conçu par Christophe Spehar et le logis s'estompent et les perspectives offertes donnent une sensation de liberté. L'architecte apprécie les lignes épurées de l'avant-gardiste Mies van der Rohe et il est certain que l'on repère l'influence de ce grand créateur dans le projet. " J'ai grandi avec ce style dépouillé et je n'ai juré que par lui pendant une bonne partie de ma carrière ", avoue-t-il avant de nuancer : " Depuis une dizaine d'années, je suis aussi fasciné par les surfaces plus sculpturales. Parfois, j'utilise des structures en béton ou même en pierre naturelle pour construire des murs qui semblent avoir été taillés dans le roc. " Ce n'est toutefois pas le cas ici ; une brique rose très plate, provenant de la région de Toulouse, ayant été privilégiée pour donner " une texture singulière aux parois ". La maîtresse des lieux, elle, estime que l'endroit invite à la méditation. Elisabeth Vanderhasselt a commencé sa carrière dans le commerce de design vintage, et sa demeure de campagne témoigne clairement de sa passion pour les meubles iconiques, dont certains lui appartiennent depuis bien longtemps.Afin de décorer au mieux l'ensemble, elle s'est fait aider par son amie Caroline Notté, architecte d'intérieur. Les occupants ne voulaient pas d'un volume fermé, mais plutôt d'une sorte de refuge partiellement ouvert sur le jardin, lorsque la météo le permet. Aussi la propriétaire a-t-elle opté pour un aménagement des plus sobres, carrément minimaliste, mais pas dénué de chaleur pour autant grâce aux matériaux et tons choisis. Une synthèse équilibrée et d'une grande contemporanéité pour prendre le large, par-delà la cime des arbres.