Lorsqu'on franchit la porte d'une maison, on n'imagine pas toujours ce qui nous attend derrière. Et c'est le cas de cette habitation tournaisienne datant de la fin du XIXe siècle. Derrière sa façade en brique des plus banales, la propriétaire a surtout été surprise par le vaste hall et l'entrée, ornée d'un sol en pierre et marbre, et la majesté naturelle de l'escalier en chêne. La perspective et la profondeur des pièces donnant sur le jardin l'ont aussi convaincue du potentiel de l'endroit. "Nous avons vécu trois ans dans cette habitation avant de faire appel à mon frère architecte. L'idée était d'abord d'unifier les transformations existantes et les extensions successives, qu'avaient déjà subies le bâtiment, côté jardin. Puis est arrivé le projet d'une suite parentale dans le grenier, jusqu'alors non exploité", raconte Amédée, maîtresse des lieux. Six mois de travaux ont suffi pour donner corps à ce projet, qui a toutefois nécessité le déménagement des habitants.
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Lorsqu'on franchit la porte d'une maison, on n'imagine pas toujours ce qui nous attend derrière. Et c'est le cas de cette habitation tournaisienne datant de la fin du XIXe siècle. Derrière sa façade en brique des plus banales, la propriétaire a surtout été surprise par le vaste hall et l'entrée, ornée d'un sol en pierre et marbre, et la majesté naturelle de l'escalier en chêne. La perspective et la profondeur des pièces donnant sur le jardin l'ont aussi convaincue du potentiel de l'endroit. "Nous avons vécu trois ans dans cette habitation avant de faire appel à mon frère architecte. L'idée était d'abord d'unifier les transformations existantes et les extensions successives, qu'avaient déjà subies le bâtiment, côté jardin. Puis est arrivé le projet d'une suite parentale dans le grenier, jusqu'alors non exploité", raconte Amédée, maîtresse des lieux. Six mois de travaux ont suffi pour donner corps à ce projet, qui a toutefois nécessité le déménagement des habitants. Concrètement, tout n'a pas été modifié. Au premier niveau, la cuisine a été réaménagée sur un nouveau sol en granito qui contraste avec le dessin du parquet ancien au point de Hongrie. Une terrasse en bois a aussi été construite, pour relier la demeure à l'extérieur. Au niveau intermédiaire, les deux chambres des enfants ont été conservées et celle des parents est désormais réservée aux amis, tandis qu'à côté, un dressing familial a été installé. Dans les combles enfin, sous la charpente apparente, une suite réservée aux parents, avec salle de bains attenante et zone de rangement, métamorphose le volume. Amédée s'est beaucoup investie dans le choix du mobilier. Après avoir suivi des cours de garnissage, elle a rénové plusieurs sièges chinés pour quelques dizaines d'euros en brocante, ou hérités de famille. La part majoritaire du budget décoration a toutefois été engloutie dans la pose du sol en granito, les meubles de la cuisine et le canapé design, griffé Moroso, et qui meuble le salon avec beaucoup d'élégance. Pour le reste, débrouille et système D ont magistralement oeuvré afin de sublimer l'existant. Les bonnes adresses et astuces d'Amédée (lire par ailleurs) ont permis de composer un univers vintage, d'inspiration années 50, sans excès. Elle a eu notamment l'idée de convertir un ancien meuble radio en buffet. Peint en noir, il a perdu son côté trop rétro et s'est transformé en un véritable objet contemporain. Quelques meubles familiaux ont également été reconvertis et repeints pour s'intégrer parfaitement dans cet univers aux couleurs chaleureuses. Comme cette commode ancienne, réactualisée par une teinte noire et s'accordant avec le côté bicolore de la salle de bains des parents. Mais c'est surtout dans la mise en relief des éléments d'architecture intérieure existants - moulures, rosaces, colonnades, vitraux et lanterneaux - que le charme unique de ce logis s'est révélé. Si le décloisonnement des pièces avait déjà été effectué par les propriétaires précédents, il manquait un fil conducteur pour relier l'ensemble. C'est aujourd'hui chose faite avec les choix de couleurs opérés. La peinture blanche fait ressortir les particularités de la maison, tout en atténuant son style rococo. Pour y répondre, l'agence Edgar Architecture a proposé un noir graphite, tirant sur l'anthracite, que l'on retrouve sur les châssis, les meubles de la cuisine, le mur en brique ou la porte qui encadrent les vitraux, un autre point fort de cette construction. "Nous avons aussi travaillé la lumière grâce à une faille au toit vitré qui fait entrer la lumière dans la partie la plus profonde de l'extension, le long de la cuisine", souligne le concepteur Quentin Belin (lire par ailleurs). Un autre avantage de cette maison s'est révélé par la suite. Quand Amédée a cherché à démarrer une activité professionnelle de location de robes de soirée, c'est la présence de deux entrées séparées, dans cette habitation privée, qui lui a permis de l'installer à domicile. "Mes clientes, que je reçois uniquement le week-end, sont toujours surprises de trouver derrière la façade en brique, comme moi au premier jour, un espace atypique pour choisir une toilette de fête." Avec un comptoir chiné pour seulement 10 euros, à la Ressourcerie, puis repeint en blanc, la boutique s'est improvisée, en toute simplicité, devant l'escalier. Ce dernier a été décapé par l'occupante elle-même, qui a mis la main à la pâte à de nombreuses occasions, faisant de ce lieu un cocon très personnel et raffiné, entre passé et présent.