"Je voulais faire de cette maison un lieu où se créer des souvenirs familiaux. " C'est avec ce souhait de jeune maman qu'il y a une poignée d'années, Valérie Messika aborde la rénovation de cette très belle demeure du xixe siècle, nichée dans un espace vert de quinze hectares, dans l'Eure-et-Loire, à une bonne heure de route de la capitale française. Le bien appartient à son papa, un diamantaire réputé à qui la jeune femme doit sa passion pour la joaillerie. Et la businesswoman, aujourd'hui à la tête de son propre label de bijoux, y a déjà passé du temps, plus jeune. " Mon père a refait sa vie avec une femme qui aimait la campagne et ne supportait pas bien le quotidien citadin. Avec elle, il a eu deux garçons qui avaient besoin de surface pour se dépenser. Quand il a déniché cette propriété, il est tout de suite tombé sous le charme... ", raconte-t-elle. Il faut dire que le site est splendide et très arboré, la villa ne se laissant découvrir qu'au bout d'une allée plantée, majestueuse. " L'habitation a cependant été longtemps vide et elle était devenue très vétuste, relève la nouvelle occupante. Certains sols étaient abîmés, les menuiseries, les huisseries... Tout était à refaire. Il fallait conserver l'esprit de l'endroit mais en y intégrant du confort, de la sophistication et un côté plus pratique... "
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"Je voulais faire de cette maison un lieu où se créer des souvenirs familiaux. " C'est avec ce souhait de jeune maman qu'il y a une poignée d'années, Valérie Messika aborde la rénovation de cette très belle demeure du xixe siècle, nichée dans un espace vert de quinze hectares, dans l'Eure-et-Loire, à une bonne heure de route de la capitale française. Le bien appartient à son papa, un diamantaire réputé à qui la jeune femme doit sa passion pour la joaillerie. Et la businesswoman, aujourd'hui à la tête de son propre label de bijoux, y a déjà passé du temps, plus jeune. " Mon père a refait sa vie avec une femme qui aimait la campagne et ne supportait pas bien le quotidien citadin. Avec elle, il a eu deux garçons qui avaient besoin de surface pour se dépenser. Quand il a déniché cette propriété, il est tout de suite tombé sous le charme... ", raconte-t-elle. Il faut dire que le site est splendide et très arboré, la villa ne se laissant découvrir qu'au bout d'une allée plantée, majestueuse. " L'habitation a cependant été longtemps vide et elle était devenue très vétuste, relève la nouvelle occupante. Certains sols étaient abîmés, les menuiseries, les huisseries... Tout était à refaire. Il fallait conserver l'esprit de l'endroit mais en y intégrant du confort, de la sophistication et un côté plus pratique... " Forte de cette envie de préserver le passé et de le ramener dans le présent, Valérie engage son amie Sophie Reulet, qui fut autrefois l'une des chevilles ouvrières de Messika, pour s'atteler à cette métamorphose douce. " Nous nous connaissons depuis longtemps et c'était l'alibi parfait pour pouvoir rebosser ensemble. Quand on travaille à deux, on est comme des gosses, tout excitées ", explique la joaillière. " C'est vraiment fluide, on n'a presque pas besoin de se parler et il n'est pas nécessaire de faire des concessions ", rétorque l'artiste en décochant un sourire à sa copine avant de poursuivre : " J'ai abordé cette transformation en me disant que Valérie avait vécu là des choses importantes et que je ne pouvais pas tout bouleverser. Il fallait qu'elle puisse à son tour passer de bons moments sur place avec ses enfants à elle. " Et pour sûr, les deux femmes ont pris grand plaisir à mener ce lifting en binôme... Et de se remémorer l'emballement qui régnait dans la voiture, lorsqu'elles partaient certains matins vers la province, pour une réunion de chantier. Le résultat est à la hauteur des espérances que nourrissaient alors les deux complices, occupées à rêver cet endroit jusque dans ses moindres détails. C'est d'ailleurs de l'un d'eux que découle le fil conducteur de ce réaménagement. Valérie désirait en effet garder le sol en damier du salon principal - le séjour est en réalité divisé en trois entités, les deux autres étant pour l'une une salle de jeux, pour l'autre un petit coin télé avec divan géant. " C'est de ce carrelage qu'est née l'idée de jouer avec la teinte noire, à travers tout le bâtiment ", explique la décoratrice. Les châssis ont ainsi été peints dans ce ton, intérieurement, pour former de véritables cadrages du paysage environnant. Les escaliers du hall, plusieurs lampes sur mesure et même le lit de la maîtresse des lieux, pensé comme un baldaquin contemporain et implanté au centre de la chambre, cernent par ailleurs l'espace de lignes noires très graphiques. Répondant à ces éléments sombres, on retrouve une palette de blancs, de crème, de gris clair et des matières telles que le lin, le bois... et le béton qui est utilisé pour le plan de travail de la cuisine, l'immense baignoire panoramique de la salle de bains principale ou la cheminée de marbre, rhabillée par-dessus avec ce matériau moderne, à la texture " à la fois rude et veloutée ", comme l'apprécie Valérie. La chambre des filles de la créatrice illustre parfaitement cette recherche d'une gamme de nuances douces. " C'est la première pièce que j'ai composée, relate Sophie. Je suis une fillette dans l'âme mais j'ai eu un garçon. Ici, j'avais envie de me lâcher, d'imaginer quelque chose de très princesse mais pas gnangnan, avec des brindilles glanées dans le jardin, de petits oiseaux... " Quelques touches plus flashy viennent cependant booster l'aménagement général, comme ce bleu canard utilisé sous la charpente pour le home cinéma et pour le tapis du salon. " C'est une couleur qui devenait à la mode à l'époque et que je trouvais chaleureuse et audacieuse ", justifie Valérie. " L'envie aussi de s'éclater ", relance sa comparse. Un assemblage de couleurs qui finalement apparaît des plus maîtrisés et est mis en relief par une lumière incroyable, plusieurs baies ayant été élargies et des fenêtres condamnées ayant été libérées. Mais au-delà de cette composition colorée, aux accents champêtres et authentiques sans tomber dans un travers rustique trop prononcé, ce qui frappe surtout lorsque l'on parcourt cette maison, c'est la foultitude de clins d'oeil qui font que les espaces " racontent une histoire ", comme le suggère la propriétaire. On trouve ainsi peu de meubles de grands designers, l'idée étant plutôt de créer du mobilier sur mesure, de détourner des standards - notamment du géant suédois de l'ameublement - ou encore de dénicher quelques articles remarquables aux puces. Certains éléments d'origine, comme les miroirs, les bibelots africains du salon TV ou encore un grand plateau indien désormais placé dans l'une des chambres, ont par contre été récupérés. " Sophie a un talent incroyable pour mettre les choses en récit. Il y a une vraie poésie dans sa réflexion. Moi, je planchais sur l'esprit du projet, le moodboard en quelque sorte. Elle, s'est vraiment attelée à cette recherche d'objets. Avec un autre concepteur, on se serait arrêté à de belles peintures sur les parois, une jolie table, des chaises... ", s'enthousiasme son amie. Et de montrer, pour donner corps à ce compliment, ce lustre suspendu au-dessus de la baignoire et fait d'un bouquet de branches ramassées par la décoratrice dans le jardin, assemblées et garnies de LED et de petits cristaux... Ou encore ces appliques réalisées au départ de chapeaux de paille ! De même, dans le hall, l'artiste a voulu donner un caractère équestre, en hommage à un cheval qui vécut longtemps sur le site. En résulte une petite table-selle plutôt inédite et des bottes et bombes accrochées aux murs. " Tout cela fait que l'on se sent bien dans cet endroit. Dès qu'on arrive ici, si possible au moins une fois par mois, on est complètement déconnecté et tout devient un plaisir, comme le simple fait d'aller voir les poules au fond du jardin ou de regarder les paons qui s'y promènent. On prend, en fin de compte, le temps de vivre. " Si la fondatrice de Messika reconnaît que cet intérieur cosy n'a que peu à voir avec l'épure de ses collections de bijoux, elle y voit néanmoins un point commun, la lumière : " Elle est primordiale pour moi, que ce soit dans mes bureaux parisiens ou à la campagne. Et puis, on retrouve dans cette habitation, comme dans les créations de notre marque, un aspect assez géométrique, avec des lignes bien dessinées, tout en gardant une grande délicatesse. Après, la comparaison s'arrête là car pour les couleurs, c'est un tout autre univers. " Une vision esthétique commune en filigrane donc, " typiquement féminine sans doute ", avance le duo, mais aussi une envie de bien faire les choses, avec passion. Car nul doute qu'à la tête de cette luxueuse maison, Valérie Messika aime ce qu'elle fait et entend atteindre l'excellence. Alors que sa griffe ne présentait que douze pièces de haute joaillerie l'an passé à Bâle, elle en a exposé le double cette année. En parallèle, six ou sept boutiques devraient ouvrir en 2018, au Moyen-Orient et probablement à Londres et Genève, et une nouvelle collection avec la top Gigi Hadid, devenue ambassadrice du label en 2017, est en gestation... Une année qui s'esquisse comme trépidante donc, mais sans aucun doute ponctuée de pauses méritées dans ce coin de paradis.