Quand elles se lancent dans la réalisation d'une fresque, Cathy Gagalis Vega et Clarisse Jeghers ont bien évidemment une idée préalable en tête. Un schéma, où est grossièrement quadrillé le mur sur lequel elles apposeront bientôt leur patte. Une première réflexion sur les motifs graphiques qu'elles répéteront à l'envi. Pour le reste, impossible de prédire quel sera le résultat final. Il est question de se laisser porter, d'expérimentation aussi. " En fonction de notre humeur, sourient-elles. C'est spontané, nos dessins finissent par se mélanger et ne faire qu'un. L'une se lâche parfois et tente quelque chose. A l'autre de la calmer, si nécessaire. "
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Quand elles se lancent dans la réalisation d'une fresque, Cathy Gagalis Vega et Clarisse Jeghers ont bien évidemment une idée préalable en tête. Un schéma, où est grossièrement quadrillé le mur sur lequel elles apposeront bientôt leur patte. Une première réflexion sur les motifs graphiques qu'elles répéteront à l'envi. Pour le reste, impossible de prédire quel sera le résultat final. Il est question de se laisser porter, d'expérimentation aussi. " En fonction de notre humeur, sourient-elles. C'est spontané, nos dessins finissent par se mélanger et ne faire qu'un. L'une se lâche parfois et tente quelque chose. A l'autre de la calmer, si nécessaire. " Fondé à l'automne 2017, leur tandem, Louves, entend reproduire dessins et symboles sur des matériaux variés : parois, textiles, vitres, sérigraphies ou objets. Le nom n'a pas été choisi au hasard : place à l'instinct et au collectif. Il y a des touches féminines, comme ces yeux ou ces seins, reproduits presque à l'infini, qui ressemblent à des vaguelettes parsemées de points. Le végétal est là aussi. " Nous sommes passionnées d'imprimés et de motifs à répétition, comme ceux que l'on retrouve sur du papier peint ou sur du textile. " Une identité visuelle forte, en noir et blanc pour l'instant, mais qui risque bien d'accueillir un peu plus de couleurs à l'avenir, elles en ont envie. Une marque de fabrique, qui se repère déjà dans plusieurs endroits de la capitale. Sur la terrasse de l'hôtel Zoom, c'est tout nouveau. Dans différentes chambres du concept Urban Suites. Il y a également eu la fresque géante de l'Affordable Art Fair, qui a progressivement pris vie, tout au long de l'événement, et quelques vitrines de boutiques. Question objets, pointons des affiches sérigraphiées, le packaging d'une bougie parfumée, pensé avec la griffe de bijoux personnalisés, Thea Jewelry. Ou, d'ici plusieurs mois, quelques pièces de la future griffe de mode belge Âme. Pour le duo, pas question de fonctionner en vase clos. " Le point de départ de Louves, c'est la volonté de créer ensemble, pour nous. A deux, tout prend sens, il y a quelque chose de moteur. " Mais très vite, apparaît également le désir de travailler en collaboration avec d'autres, d'établir des connexions avec des univers différents. Curieuses de tout, les Bruxelloises ne s'interdisent rien, comme ces workshops avec des associations qui leur tiennent à coeur. Du moment que le défi soit enthousiasmant. La rencontre entre ces deux-là date des bancs de La Cambre, l'école nationale supérieure des arts visuels. Un choix d'études qui n'allait pas forcément de soi pour Cathy, Gréco-Espagnole, deux parents à la Commission européenne, l'imaginant plutôt étudier le droit ou la médecine. Tout l'inverse de Clarisse, qui a grandi, un crayon à la main, dans une famille de restaurateurs d'oeuvres d'art. L'amitié perdure, lorsque cette dernière part à Paris se former à l'art-thérapie. L'expat y exerce ensuite cette discipline dans une clinique psychiatrique, tandis que sa comparse officie dans le monde de la pub. Du brut, de l'artisanal et du social, pour l'une. Des logos, du vectoriel et du business, pour l'autre. Deux démarches et deux caractères qui se révèlent parfaitement complémentaires et enrichissants. Leur inspiration est partout. Dans l'écorce d'un arbre, les motifs d'un tee-shirt, les tissus, l'art déco, le travail de Louise Bourgeois ou de Daniel Buren. Sur les réseaux sociaux, comme Instagram, aussi. " L'art devient accessible, partout, pour tous. C'est un domaine qui bouge beaucoup. " Et ce ne sont pas les réalisations de Louves, graphiques et organiques, qui démentiront ce propos.