1. Hanne Gaby Odiele - Mannequin

Son véritable nom. Hanne Termote.
...

Son véritable nom. Hanne Termote. Ses débuts. Elle est repérée à l'âge de 17 ans par l'agence Dominique Models durant le festival Novarock, en Autriche. Trois mois plus tard, elle atteint le top 10 des " meilleures débutantes au monde " et arpente déjà le catwalk de Marc Jacobs. Ses faits d'armes. Elle a fait trois fois les couvertures de Vogue et de Harper's Bazaar. Elle a défilé ces dernières années pour Moschino, Sacai, Marc Jacobs, Tommy Hilfiger, Vera Wang et Versace. En outre, elle se retrouve depuis 2009 dans tous les shows et les campagnes d'Alexander Wang. Dior, Prada, Dries Van Noten, Stella McCartney, Proenza Schouler et DKNY sont également des fidèles. Ses atouts. Son look nonchalant et excentrique inspire les griffes. Sa vision unique et son sens de la mode font également d'elle une trendsetter. Ce qui lui a valu le Best Streetstyle Award aux Model of the Year Awards, en 2015. Son actu. L'an dernier, la top belge a fait la une des journaux lors de son mariage avec le DJ américain John Swiatek. Elle a aussi révélé dans une interview à USA Today qu'elle était atteinte du syndrome d'insensibilité aux androgènes (SIA). Hanne Gaby est ainsi née avec des testicules internes qui ne sont jamais descendus. A l'âge de 10 ans, elle a subi sans son accord une opération pour les faire enlever. Ce n'est qu'à 13 ans qu'elle a appris la raison de cet acte médical. " Je suis fière d'être intersexuelle mais je n'accepte pas l'idée que des interventions chirurgicales de ce genre se déroulent toujours, aujourd'hui, sans le consentement des enfants, a-t-elle expliqué au quotidien américain. Cette pathologie n'a rien de grave mais si tout le monde avait été honnête avec moi depuis le début, le traumatisme serait moindre. " Ce n'est que l'année passée qu'elle a relaté les faits à ses amis. Le managing director de l'agence Dominique Models, Marc Dochez, était au courant : " Hanne m'a raconté toute son histoire lorsque j'étais de passage à New York. Elle m'a aussi expliqué qu'elle souhaitait la rendre publique. J'ai été touché par son vécu et j'ai trouvé fantastique qu'elle désire en parler pour aider des gens dans le même cas. Je pense que des personnes comme elles sont nécessaires, particulièrement à l'heure actuelle. " K.H. 2012. Gioia Seghers est diplômée de La Cambre mode(s) et remporte le Weekend Fashion Award, pour " son sens de la couture et sa manière originale et contrastée de marier les étoffes ". 2014. Elle signe sa première collection automne-hiver. Et pose les bases de son vocabulaire : le travail fait main, " qui prend du temps ", la dentelle, les oeillets, le ruban ondulé, les inspirations kimono, les oppositions entre fragile et rigide, la transparence, l'élégance de sa mère et de sa grand-mère, Eugenia, qui lui a appris à tricoter et dont elle vénère le raffinement, elle a de qui tenir. 2016. Elle présente sa collection sur une jeune danseuse, Zoi Efstathiou, tout est cohérent, Gioia Seghers a été inspirée par Dance, le chef-d'oeuvre de Lucinda Childs qu'elle n'a jamais oublié. Elle y retranscrit ce sentiment en noir et blanc, avec de la résille, de la fluidité et différentes manières de porter le vêtement, c'est en cela aussi qu'elle est contemporaine. Tout cela l'amène fort naturellement à créer les costumes pour le chorégraphe Thierry De Mey et son ballet Simplexity vu au Kunstenfestivaldesarts. 2017. Son printemps-été se compose de lin brut, de coton épais, de seersucker rayures tennis à l'aspect gaufré, d'une parka, d'un manteau oversize, d'influences sportswear, de blanc, noir, rouge et toujours de ses oeillets dont elle ne se lasse pas. Nous non plus. A.-F.M. www.gioiaseghers.comSur ses étiquettes sont apposés fièrement les mots " made in Belgium ". Si Stéphanie Anspach avait pensé un temps produire sa collection en Asie, elle en est vite revenue. Rien de tel que de pouvoir rencontrer les tricoteuses et brodeuses qui confectionnent durant des heures chacune de ses créations. Et ce, a fortiori, quand il est question d'excellence, puisque la jeune femme collabore avec l'atelier qui fournit aussi Dries Van Noten, Haider Ackermann ou Christian Wijnants. Cette autodidacte a créé son label à 22 ans seulement, avec une collection d'une dizaine de pièces en maille, sa matière de prédilection, son identité depuis lors. " J'aime rechercher des points très particuliers, presque encore inconnus. Un travail artisanal qui rend les possibilités infinies. " Près de trois ans plus tard, la Bruxelloise poursuit doucement son bonhomme de chemin en proposant des modèles originaux, de temps à autre embellis d'une broderie au point de croix. " J'apprécie ce qui est confortable, l'intemporel fait dans de belles matières naturelles. L'objectif est de pouvoir vivre dans mes vêtements. Ne pas paraître endimanchée, tout en se sentant néanmoins spéciale ", confie celle qui avoue être inspirée par l'androgynie de Jane Birkin. C.PL. www.stephanieanspach.beCe printemps, la jeune Gantoise signe une campagne pour le sac The Hero de Delvaux (lire par ailleurs). Nous lui avons demandé quelles photos l'avaient marquée récemment. 1. " Max Colombie (NDLR : fondateur d'Oscar and The Wolf) et moi, nous nous connaissons depuis des années. Nous avons commencé plus ou moins en même temps. C'est aussi le seul homme que je peux facilement photographier. Il est très gracieux et connaît parfaitement son corps. Pour ses nouvelles images de promo, il est parti avec quelques amis à Marrakech. Son style vestimentaire éclectique convient bien à l'atmosphère de cette ville. Nous avons fait tous les clichés en live, sans réelle mise en scène. Celui-ci est mon préféré : le ciel sombre lui donne un côté étrange. " 2. " La saison dernière, j'ai réalisé des images backstage pour le défilé d'Ann Demeulemeester, à Paris. J'ai l'habitude d'avoir beaucoup de temps pour prendre une photo mais là, j'avais une demi-heure pour tout mettre en boîte ! J'ai donc travaillé au feeling. Il y avait beaucoup d'agitation et pourtant les clichés rendent une atmosphère plutôt intime. J'ai beaucoup appris sur ma manière de voir les choses ce jour-là. " E.D.W. mariewynants.com" Je viens des Ardennes ; la mode, là-bas, c'est pas trop ça... " C'est presque par hasard qu'à 18 ans, Robin Huberty fait ses premiers pas dans la sphère fashion, en s'inscrivant à l'HELMo, à Liège, alors qu'il n'a jamais fait passer le moindre centimètre de tissu dans une machine - c'est sa mère, autrefois couturière, qui lui enseignera les rudiments avant la rentrée. Après une première année ratée, il décide de s'impliquer, " de regarder les défilés et lire les magazines ". Peut-être avait-il besoin d'un moment pour " plonger dedans ". En tous cas, les résultats suivent. Alors que la majorité des élèves fait " de la Femme ", il choisit l'Homme et s'illustre en mêlant " le sportswear et le style plus classique, avec des coupes bien droites ". Diplômé en 2013, il sort une collection l'année suivante. " Je ne voulais pas avoir de regrets, explique-t-il. J'ai entamé ces études pour créer, pas pour être vendeur chez H&M. Tout ce que je risque, c'est de perdre de l'argent. Je n'allais pas me lancer à 40 ans, j'aurai sûrement d'autres préoccupations, autant foncer maintenant. " Avec tous nos encouragements. M.N. robinhuberty.com Valentine Witmeur - Influenceuse et créatrice du label Valentine Witmeur Lab E.D.W. valentinewitmeurlab.comVous avez lancé votre marque il y a huit ans déjà... L'Aventure (avec un grand A ! ) a débuté réellement en 2012 lorsque la distribution a commencé à prendre forme en Belgique et à l'étranger. On s'était lancées sans trop réfléchir et puis c'est devenu petit à petit notre métier. FAP s'est rapidement installée comme une marque outsider dans le paysage, grâce à son style et son look " I don't care ", rempli d'oppositions et de contradictions, entre luxe convenu et culture street underground, avec des collections construites sous la forme mix-matchée d'une garde-robe plutôt détonante à l'époque. Le chemin parcouru a-t-il été semé d'embûches ? Avec grands moments de solitude ? Et de gloire ? On a vécu de belles surprises avec les célébrités, it girls et influenceuses qui se sont très vite intéressées à FAP, Anna Dello Russo, Rita Ora ou Beyoncé et, la dernière en date, Marion Cotillard au Festival de Cannes. C'est génial que de telles personnalités nous soutiennent et valident nos créations, cela nous donne de la crédibilité et de la visibilité au-delà des frontières. Mais derrière cette jolie vitrine, il y a un travail effréné car sortir des collections de quatre-vingts silhouettes tous les six, voire quatre mois, cela ne se fait pas tout seul... Il faut s'entourer d'une équipe de battants en tout genre dans notre petit studio de Liège, continuer à se démener avec des ateliers pour la production de petites quantités - ça a été notre première grande épreuve - avec des finitions d'excellente qualité. Puis, trouver les points de vente qui se mouillent et décident de distribuer les collections, ce n'est pas toujours évident quand le label est jeune et peu connu du grand public... L'agence publique WBDM vous a décerné un prix, un subside de 35 000 euros. Cela permettra-t-il de " passer à la vitesse supérieure " ? Nous avons besoin de ce petit coup de pouce. Nous souhaitons attaquer de nouveaux marchés et pour cela il est primordial de nouer des collaborations avec des partenaires étrangers, des bureaux de presse et de vente d'envergure. A.-F.M. www.fillesapapa.com Il a étudié à La Cambre mode(s), promotion 2009, puis à l'IFM, à Paris, a co-édité durant trois ans une collection appelée Control Studio, puis s'est aventuré, en janvier 2016, dans un projet de griffe à son nom. " Une marque de créateur xxie siècle ", avec l'envie d'être complètement online, transparent et éthique, unisexe ou plutôt no gender et sans saison définie. Aujourd'hui, Mansour Badjoko finalise les prototypes de sa petite ligne made in Brussels qu'il voudrait lancer ce printemps, tout en enseignant à l'HEAD de Genève, où il est titulaire de la première année du bachelor Design Mode. " L'idée est de développer l'univers personnel de chacun des étudiants et d'apprendre comment un vêtement se construit, comment il s'appuie sur le corps, et les principes de base de la couture, précise le jeune professeur. Je les pousse à découvrir qui ils sont, ce qui les intéresse et les sacrifices qu'ils sont prêts à faire pour arriver là où ils le désirent. C'est cela qui nourrira la suite. J'essaie vraiment de les préparer à la deuxième année où tout va beaucoup plus vite, je veux qu'ils soient prêts à l'encaisser, je leur propose de faire pas mal de recherches graphiques et textiles et je tente de limiter au maximum les questions qui pourraient les paralyser ensuite. " A.-F.M. www.mansour-badjoko.comSon parcours. " En parallèle de ma formation d'antiquaire à l'Institut des Arts et Métiers de Bruxelles, je me suis spécialisé en histoire de la mode du xxe siècle. Le marché des vêtements vintage m'a toujours attiré, même s'il est encore peu connu ici en comparaison avec la France, où l'on compte beaucoup de collectionneurs et de ventes aux enchères. Le vintage de luxe est également très recherché par les archives des maisons de couture parisiennes. J'ai moi-même travaillé pour celles de Chanel. Après mes études, j'ai exercé mon métier auprès de divers antiquaires dans la capitale française et organisé " Les ventes de Sanders San ". Pour chaque événement, je fouillais dans les garde-robes de particuliers et je proposais par exemple des pièces de défilés de Tom Ford pour Yves Saint Laurent ou des tailleurs haute couture de Balmain des années 50. Chaque pièce possède sa propre vie et son récit personnel. C'est ce que j'ai découvert lors de mes rencontres avec les personnes qui les avaient portées. " Son job. " Mes connaissances du secteur du vêtement et de son histoire m'ont également permis de devenir consultant créatif. La mode est par définition cyclique. L'analyse des tendances actuelles et la comparaison avec celles du passé me permettent de prévoir les tendances de demain. Je bosse par conséquent dans les coulisses de plusieurs marques belges, pour lesquelles je crée une identité visuelle. Le storytelling me fascine et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'admire beaucoup le travail de Benoît Bethume et de Jean-Paul Lespagnard, dont les univers me font voyager. " Son actu. " En ce moment, j'appose ma touche finale sur une capsule de chemises réalisées par un atelier de couture belge. Un projet qui traduit clairement ma passion pour le luxe, le vintage et les matières nobles. " W.D. Les deux soeurs donnent un nouvel élan à la griffe belge Rue Blanche, fondée il y a tout juste trente ans par leur mère, Marie-Chantal Regout. Interview croisée.Aude, à propos de sa soeur Astrid : " Elle nous a rejoints il y a un an. Elle est entreprenante et apporte la rigueur, l'organisation et une meilleure communication au sein de la société, alors que nous avions parfois tendance à nous appuyer sur de vieux réflexes. Le fait qu'elle a vécu plusieurs années à Stockholm ajoute aussi une influence plus nordique et une exigence accrue pour la qualité des tissus. C'est agréable de travailler ensemble. On se fait confiance. Même si on a chacune une fonction au sein du label, on n'hésite pas à se poser des questions au moindre doute. " Astrid, à propos de sa soeur Aude : " On se connaît par coeur, il suffit d'un regard pour se comprendre : c'est ça la complicité familiale. Aude est quelqu'un qui sait ce qu'elle veut, c'est un atout, quand on s'occupe de l'image d'une griffe. Tout se joue parfois dans la force d'un détail. Son style vestimentaire ressemble fort à celui de Rue Blanche. Simple mais avec un twist qui crée une belle attitude. Que ce soit dans nos fonctions ou notre caractère, nous sommes complémentaires. Elle s'occupe de la com' et de l'e-commerce, moi du management et de la gestion. J'ai tendance à foncer, quand elle prend le temps d'analyser minutieusement la situation. " C.PL. www.rueblanche.beUn concept. " A denim wardrobe for women. " Soit une collection entière qui décline le jeans, dans une perspective minimale et sophistiquée, intemporelle et contemporaine. Robe, pantalon oversized, veste kimono, trench réversible, costume trois pièces avec gilet, veston à col châle et pantalon baguette, la panoplie en bleu de Nîmes est parfaite. Un duo. Alexandra et Ségolène Jacmin, jumelles dizygotes mais " très différentes ", qui, depuis l'enfance, rêvaient de travailler en tandem, unissant leur compétence, la créativité pour la première formée à La Cambre mode(s), les maths et le business pour la deuxième, ingénieur et diplômée de la Vlerick School de Gand. Elles débutent sur les chapeaux de roue avec une collection printemps-été 2016, des pop-up stores en Belgique et en France... et une camionnette Façon Jacmin. Un rolling shop. Parce qu'elles n'avaient pas envie d'une commercialisation " traditionnelle ", passer par des salons, des boutiques, des acheteurs, elles ont investi dans une boutique mobile, une camionnette Peugeot années 80 avec miroirs, cabine, tringle, qu'elles installent deux fois par mois à Anvers et à Bruxelles, à côté du musée de la mode et place Sainte-Catherine. On the road. A.-F.M. www.faconjacmin.comElle a toujours cultivé un amour pour le cuir, l'artisanat et " les grosses machines qui font du bruit et de la poussière " - son enfance passée dans les ateliers de ses grands-pères, l'un tailleur, l'autre menuisier, a forcément laissé des traces. Le genre de chose qui lui manque un peu à La Cambre mode(s). A son cursus, elle ajoute une formation chez le chausseur Robert Clergerie, à Romans, elle a trouvé son mode d'expression privilégié. Dans la foulée, elle gagne notre 10e Weekend Fashion Award et pose les bases de sa première collection de souliers, qui mêle l'épure et l'onirique. Hélas, fin 2015, après une production " catastrophique " bâclée par un atelier turc, Emmanuelle Lebas sera obligée de mettre sa marque entre parenthèses. Sans changer de cap pour autant. Elle est aujourd'hui responsable de la boutique Repetto, galerie de la Reine, à Bruxelles, poursuit ses recherches en solo, dans son atelier, pour nourrir sa passion, et donne des cours et des workshops où il est question de sandales à créer pour soi, sous son regard bienveillant. A.-F.M. www.emmanuellelebas.com Signes distinctifs. Yeux bruns, belle liane de 1,80 m. Bruxelloise née de parents burundais. Bachelor en droit, parle cinq langues, voire six, si on prend en compte quelques notions de néerlandais. Son parcours. C'est un journaliste français qui la découvre en rue. Elle a alors 16 ans, et c'est une fin de non-recevoir du côté de sa mère, qui craint les dérives inhérentes au milieu, photos de nu, etc. Ce n'est que bien plus tard qu'elle ose franchir la porte d'une agence de mannequins. Très vite, les castings s'enchaînent, la grande brune défile pour Balmain, Giorgio Armani, Tommy Hilfiger, Philipp Plein ou Versace, pour ne citer qu'eux. " Même si son style de vie a changé - Leila Nda vit désormais à New York - elle est restée quelqu'un de très simple, souriante, intelligente, gentille, qui aime les autres ", décrit Hugo Azagra, de l'agence IMM (lire par ailleurs), qui a signé la belle en premier. Son actu. Elle vient de faire la couverture de L'Officiel Malaisie. Et s'apprête à entamer sa septième saison de shows, un fait rare dans le milieu, qui témoigne de son professionnalisme et de sa pugnacité. Son plus grand fait d'armes. Avoir défilé pour Victoria's Secret, qui se targue de mettre en avant les plus belles femmes de la planète en tenues sexy. Elle a dit. " Ceux qui ne connaissent pas l'industrie de la mode ont tendance à croire qu'il suffit juste de prendre la pose. Mais il est d'abord question de construire une relation avec un client, d'apprendre à être professionnelle. Parfois, tu es extrêmement fatiguée, mais tu ne peux pas le montrer. Il ne suffit pas d'être jolie, c'est un job à temps plein. " C.PL. Le grand public l'a découverte l'an dernier comme " l'Anversoise qui a créé la couverture du livre de Kendall et Kylie Jenner ". Mais Louise Mertens est bien plus que cela. En 2014, elle fonde son propre studio de création après une formation en design graphique. " Il m'arrive de concevoir une pochette de CD, puis de m'atteler à l'identité visuelle d'un nouveau label de mode. Je décris mon style comme pur, lisse, mystérieux et sensuel. Je peux passer des heures sur les plus petits détails. Même lorsque je réalise des ouvrages plus artistiques, comme la série de collages Akane qui sera bientôt exposée chez St. Vincents, à Anvers. Pour ce projet, j'ai photographié deux magnifiques modèles asiatiques. J'ai ensuite retouché les photos selon mon intuition, portée par mon intérêt pour l'art japonais et le minimalisme. J'ai habité à l'époque quelques mois à Tokyo et cette expérience m'inspire encore aujourd'hui. " Louise puise également ses idées auprès d'autres passionnés, toutes disciplines confondues. " Un chef étoilé qui cherche l'équilibre parfait pour son plat ou un professeur qui se retrouve face à son auditoire peuvent tous deux titiller mon imagination. A l'instar d'artistes tels que Damien Hirst ou des employés du célèbre bureau de création Sagmeister & Walsh à New York, où j'ai eu l'occasion d'effectuer trois mois de stage en 2015. " Après une année 2016 très intense, 2017 s'annonce plus équilibrée pour Louise. " Mon projet pour les soeurs Jenner et les nombreuses heures de travail acharné sur d'autres réalisations m'ont permis d'obtenir de chouettes contrats. J'ai désormais plus de liberté pour accepter seulement ceux qui me tentent le plus. " E.L. louisemertens.comDirecteur de casting pour les marques Maison Margiela, Chalayan et Gareth Pugh, il a le chic pour dénicher de nouveaux talents. Ces trois modèles belges en font partie. 1. Laurens Pouchele.Ce jeune issu de Flandre-Occidentale a déjà un joli palmarès à son actif. Il a débuté à Londres pour Craig Green, un défilé pour lequel Shaun Beyen était chargé du casting. Depuis les Fashion Weeks masculines, en janvier dernier, il a ajouté Dior, Fendi et Louis Vuitton à son CV, pour ne citer qu'eux. 2.Kaito Defoort. Un Belge de 17 ans aux racines japonaises. Il est monté sur les podiums pour la première fois cette saison mais avait auparavant déjà posé pour le célèbre photographe Pierre Debusschere, belge lui aussi. Il a également été épinglé par le New York Times comme " modèle à suivre ". 3. Manon van Vyve. Il y a six mois, cette beauté de 18 ans a été repérée en rue par une agence parisienne. Très occupée par ses études, elle n'a pas encore défilé mais a déjà posé pour Vogue Mexico et Hercules Magazine, deux contrats obtenus grâce à Shaun Beyen. Sa marque de fabrique : un point de beauté au-dessus de la lèvre supérieure. E.D.W. Une démarche créative. En 2012, après leurs études à La Cambre mode(s), Erika Schillebeeckx (KR) et Justine de Moriamé (JST) enracinent les fondations de leur Studio KRJST. Leurs recherches picturales et techniques donnent naissance à un vestiaire néo-baroque et à des pièces tissées qui invitent aux voyages imaginaires. Trois projets. Aux murs du restaurant Bouchery, à Bruxelles, elles testent " l'application de leurs recherches dans la confection d'un triptyque en textile tissé, pensé pour le lieu, qui reflète à sa manière la nature avoisinante ". Au 32e étage de la tour Belfius, à Bruxelles, elles scénographient l'exposition Recollection, s'en font les cocuratrices, imaginent cinq pièces sculpturales tissées et conçoivent une silhouette inédite en résonance avec la pratique du peintre belge Rinus Van de Velde. Autant de " revisitations " à voir absolument, jusqu'au 23 avril prochain, sur réservation (www.belfius.be/webapps/fr/art-gallery). A Anvers, elles collaborent avec la Maison Vrouyr qui fête ses 100 ans, avec une édition limitée de quatre tapis noués main issus de leurs dessins originaux. Une collection ad infinitum. Une démarche singulière, hors de tout calendrier, une garde-robe capsule ad infinitum, des pièces emblématiques depuis les débuts de KRJST, numérotées et signées à la main sur étiquette blanche. Le nom ? INRI, les initiales latines pour La Nature Renaît Entière Par Le Feu. Plus qu'un symbole, porté par le chanteur Devendra Banhart pour sa tournée 2017. A.-F.M. www.studiokrjst.comElle voit le monde en noir et blanc. Durant les semaines de la mode, elle réalise des clichés streetstyle et backstage pour Versace et le magazine Vogue, entre autres. Son image la plus likée sur Instagram - outre celles qui la représentent - est celle de la chanteuse et actrice belge Laura Tesoro. " Laura m'a dit s'être parfaitement reconnue dans ma photo et c'est l'un des plus jolis compliments qu'un professionnel puisse recevoir, avoue-t-elle. J'aime cette image parce qu'elle n'est pas posée. On la voit rire avec quelqu'un qui était également présent sur le plateau. Un moment très spontané. " E.D.W. raiamarialaura.com" Le meilleur moment de ma carrière professionnelle jusqu'à présent est celui où j'ai appris - une semaine avant mon 25e anniversaire - que l'agence pour laquelle je souhaitais travailler voulait collaborer avec moi. J'aime les nombreux voyages qu'implique ce job, c'est toujours une aventure. Pour Vogue, je suis allé à Lima, au Pérou. Malgré des coups de soleil terribles et une intoxication alimentaire, j'ai continué à faire comme si tout allait bien. Lorsque j'étais à Moscou avec la photographe Harley Weir, le moteur de notre voiture a pris feu alors que nous étions en route vers notre hôtel. Même les modèles peuvent rendre un shooting inoubliable. L'Estonienne Carmen Kass, par exemple, a des histoires incroyables à raconter à propos du tournage de la première publicité du parfum J'adore de Dior. " K.H. Pendant ses études d'ingénieur commercial à Louvain, Louise Van den Bogaert n'imaginait pas atterrir un jour dans l'univers de la mode. Elle n'avait même jamais entendu parler de sa fonction actuelle de directrice de collection. Ce n'est que lors d'une formation en management de la mode à l'IFM, à Paris, qu'elle découvre que ce secteur propose en réalité de nombreux jobs exigeant à la fois une vision créative et commerciale. " Cette combinaison me convient parfaitement. Je suis douée en économie et en mathématiques mais j'ai aussi besoin d'un aspect créatif. " Cela fait aujourd'hui deux ans que Louise oeuvre pour le label lifestyle franco-japonais Maison Kitsuné. " Je détermine de quelles pièces se compose la collection, quels sont leurs prix de vente et dans quelles matières celles-ci peuvent être réalisées à temps. Pour éviter que nous nous limitions à des jupes courtes, je décide par exemple que nous devrons avoir six pantalons la saison prochaine, dont deux jeans et deux chinos. Ces décisions stratégiques sont prises en fonction des tendances du moment, de mon intuition et des best-sellers de la saison précédente. " Elle dirige ensuite une équipe de stylistes, de créateurs graphiques et de product managers qui définissent le style et les tissus des vêtements, les imprimés et le processus technique de production. " C'est un job de rêve ", résume celle qui a obtenu ce poste de façon assez particulière. " Après mes études à Paris, j'ai travaillé en tant que product manager pour une marque de sacs. Au bout de trois ans, je voulais un nouveau défi. Mon expertise portait sur le secteur des accessoires alors que Maison Kitsuné n'en produisait pas. J'ai donc envoyé une lettre expliquant que je souhaitais créer leur département accessoires. A la suite d'une simple entrevue, j'ai étéengagée ! " E.L. shop.kitsune.frSignes distinctifs. 1, 79 m, yeux bleu clair, minois charmant et jambes interminables. Un look métissé, grâce à ses origines japonaises. A grandi dans le Brabant wallon et vit désormais à New York. Suivie par plus de 102 000 personnes sur Instagram, qui se délectent de son quotidien hors normes mais sans prise de tête, qu'elle hashtague à coups de #thetripneverends. Son parcours." J'étais plutôt garçon manqué. Mais à force d'entendre mes amis me dire que je devrais essayer d'être mannequin, j'ai fini par tenter ma chance ", nous confiait-elle en 2013. La jeune fille s'inscrit au concours Elite Model Look, atteint les demi-finales... puis préfère partir en voyage scolaire à Rome, plutôt que de terminer la sélection. Heureusement, une styliste a eu le temps de la repérer et lui propose de participer à son show. De quoi donner à Yumi des envies de recommencer, et de postuler auprès de l'agence bruxelloise Dominique Models. S'ensuivent de très nombreux défilés lors des Fashion Weeks et des séances photo avec d'illustres photographes de mode. Son actu. Elle incarne le visage de la griffe parisienne Paule Ka, pour le printemps-été 2017. Son plus grand fait d'armes. Outre le fait d'avoir défilé pour Victoria's Secret, Yumi fait partie des muses de Chanel. Elle participe d'ailleurs très régulièrement aux shows de la marque et a posé pour la campagne de pub du printemps-été 2014 de la maison de la rue Cambon, alors qu'elle était à peine connue. Elle a dit. " Longtemps, je me suis trouvée moche à cause de mon physique peu courant. A force, j'ai compris que c'est grâce à lui que j'en suis arrivée là. " C.PL. De ses années passées à La Cambre mode(s), promotion 2013, elle a retenu " qu'il est vital de pouvoir se remettre en question " et " qu'on peut toujours faire mieux ". Des principes fondateurs que Doriane van Overeem marie de manière très contemporaine à son combat pour l'égalité des sexes et à son engagement politico-social. Sa cinquième collection 100 % made in Belgium donne le ton, impertinent : " I don't play nice. " La jeune créatrice tient à embrasser des sujets " tabous ou délicats par rapport à la position des femmes dans la société d'aujourd'hui ". Sa garde-robe reflète donc son état d'esprit " punk à l'élégance boudeuse ", une rencontre entre deux univers, contestataire et romantique, en une accumulation assumée de matières qui clashent - dentelle, léopard, résille, jacquard, tissu frangé transparent -, elle sait que là réside sa force. Et pour mieux asseoir son propos, elle a donné l'autorisation à l'ami Loïc Pignier de graffiter ses sacs vegan avec phylactère manifeste, " Size weird, please ", qui entend bien rappeler que les normes n'ont plus cours et qu'il n'y a pas de taille idéale pour les filles prêtes à la suivre dans son monde volontiers nonchalant. Go, go. A.-F.M. www.dorianevanovereem.com" J'ai toujours gravité dans le milieu de la mode que j'adorais. En 2007, après mes études secondaires et un an à Los Angeles pour perfectionner mon anglais, je me suis présenté à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers les mains dans les poches, nous étions 600, ils en ont choisi 60. Je me demande encore comment je suis entré dans cette école. J'avais réussi à très bien me vendre. Je n'y suis resté qu'un an, j'étais trop jeune, pas bon, on me demandait une surcréativité sans rien m'expliquer, cela s'est mal passé. Je me suis rendu compte que j'aimais ce monde mais que je préférais avoir un rôle de transmission. Je me suis inscrit à la European School of Communication à Bruxelles. Dès la première année, j'ai fait un stage en entreprise, dans le bureau de presse de Sophie Carrée, elle a été mon mentor, elle m'a tout appris. C'est un métier qui demande de la rigueur, une certaine discrétion, des capacités d'adaptation. L'attaché de presse est là pour véhiculer les valeurs d'une maison, toujours avec beaucoup d'humilité, pour servir la marque, on l'incarne d'une certaine manière. Concrètement, je coordonne les relations avec la presse en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Norvège, en Suède et au Danemark, avec les guidelines et l'input de la maison mère à Paris mais aussi de la direction de communication de la filiale. Je gère les événements de la zone, depuis les animations en magasin jusqu'aux soirées VIP. Je suis aussi chargé de créer une communauté autour de ce que la maison appelle les amis d'Hermès. Un attaché de presse est un messager en quelque sorte... " A.-F.M La Néerlandaise Leonneke Derksen a terminé ses études en 2011 à l'Académie de mode d'Anvers. Elle a ensuite déménagé à Paris pour acquérir de l'expérience dans des maisons telles que Balenciaga et Cacharel, jusqu'à ce qu'elle décide, en 2016, qu'il était temps pour elle de lancer sa propre marque. Elle est alors revenue en Belgique et, avec l'aide de son compagnon Matthias Medaer, a créé Léo, dont les pièces sont entièrement produites à Deurne. " Dans chaque collection, la femme Léo vit une nouvelle aventure ", explique-t-elle. La collection printemps-été 2017 varie ainsi entre chic et trashy, autour de trois thèmes. 1.Les bandes de filles. " Cette saison, la femme Léo retrouve ses copines d'enfance. Ensemble, elles vivent un été indien intense, ponctué d'une petite dose de drame. Quelle que soit la situation dans laquelle elles se retrouvent, leur soutien les unes envers les autres est indéfectible. " 2.Les films. " Je suis une fan de cinéma et j'ai récemment redécouvert des films dans lesquels des bandes de filles occupent la vedette. Dans le documentaire La Vida Loca, c'est un groupe de latinos issues de San Salvador qui tient le rôle principal. Le film Switchblade Sisters, de 1975, dépeint un clan féminin qui se bat contre une bande rivale, armé de couteaux et de chaînes. Celles de notre collection en sont une interprétation directe. " 3.Les années 90. " Cette période ne m'inspire pas particulièrement mais elle est tout de même intéressante. Les bandanas que portaient tous les rappeurs à l'époque m'ont par exemple influencée pour la création d'un motif imprimé sur soie dont j'ai ensuite réalisé une robe-chemise et un top. " E.L. Léo est notamment en vente chez Step By Step à Anvers, Sketch à Knokke et Congruent Space à Chicago. leobyleo.com Enfant, il rêvait déjà de lancer sa propre marque. Après plus de cinq ans d'expérience dans la réalisation d'accessoires pour hommes, d'abord chez Lanvin puis chez Damir Doma, il crée enfin son label de chaussures. " Il me paraît naturel que mes collections soient les plus écologiques possibles, précise-t-il. Je tiens à ne générer que très peu de déchets et à respecter les animaux, tout en proposant un joli produit. " Inspiré par des documentaires comme Cowspiracy et Avant le déluge, tous deux produits par Leonardo DiCaprio, et également par les nouvelles technologies, il cherche des alternatives durables au cuir, à la soie et à la laine. Il emploie également des matières synthétiques, " sans quoi le soulier ne pourrait être solide ", et des tissus à base de fibres d'ananas, développés par l'entreprise Pinatex. E.L. rombaut.comQuel est votre rôle au MoMu ? Le musée de la Mode s'apprête à faire peau neuve. Il va fermer ses portes pour deux ans et sera agrandi pour permettre d'exposer de façon permanente sa collection privée, qui compte plus de vingt-mille pièces, tant historiques que contemporaines. En ce qui concerne les expos temporaires, la recherche d'objets nécessite beaucoup de temps. C'est la raison pour laquelle j'ai été engagée en janvier 2016, afin que l'institution ait deux curateurs. Pourquoi la préparation d'une expo demande-t-elle autant d'engagement ? Pour raconter une histoire, il faut parfois parcourir le monde entier à la recherche d'objets et de vêtements. On les trouve dans des musées historiques ou des collections d'art mais aussi chez des privés. Par ailleurs, on prévoit à chaque fois une publication spécifique. Pour les expos permanentes, on ne choisit pas juste les plus belles pièces d'un créateur, issues de nos archives. Ce que l'on présente au public doit être représentatif d'une oeuvre entière, d'une époque ou d'un courant. Et puis, nos pièces tournent constamment et les textiles étant assez fragiles, c'est un aspect qu'il faut bien entendu anticiper à temps. Vous avez étudié l'histoire de l'art à Louvain et celle de la mode à Londres. Vous avez travaillé dans le commercial et l'administratif chez A.F Vandevorst. Que vous ont apporté ces expériences ? Les scientifiques situent généralement correctement le travail des créateurs de mode dans un contexte sociétal et historique. Le souci est qu'ils le font depuis une tour d'ivoire. Les études sur l'art et la littérature commettent les mêmes erreurs. Les académiciens se permettent parfois des interprétations ou des déclarations que le créateur lui-même n'a jamais voulu faire. La mode n'est pas simplement un secteur créatif, ses concepteurs doivent aussi tenir compte d'aspects techniques et commerciaux. Mon parcours m'aide aujourd'hui à avoir un regard plus rationnel. W.D. www.momu.beLa découverte. Ine Neefs a 16 ans quand elle est repérée par un scout de l'agence Dominique Models, alors qu'elle fait les boutiques à Anvers. Jeune et jolie mais pas écervelée, la belle de Wuustwezel préfère cependant terminer ses études avant de succomber aux sirènes du mannequinat. Ses débuts. Elle fait ses premiers pas sur le podium de Jil Sander, en septembre 2013, et enchaîne ensuite avec Balenciaga, Dior, Celine, Chloé et Chanel. Entre autres. La consécration. Sélectionnée parmi les cinquante tops montantes par Models.com en 2014 - aux côtés de stars comme Gigi Hadid, Edie Campbell, Georgia May Jagger ou Kendall Jenner -, elle défile pour Valentino, Prada ou encore McQ, et a l'honneur d'ouvrir et de clore le show d'Oscar de la Renta à New York. Son actu. Cette année, on l'a déjà vue chez Hermès puis dans la haute couture, pour Chanel, Alexandre Vauthier, Valentino et Elie Saab, avant qu'elle s'envole en direction de L.A. pour la seconde collection Tommy x Gigi. Et après ? La Belge a déjà plusieurs fois exprimé son souhait de reprendre ses études une fois les catwalks désertés. Il se pourrait qu'elle se destine à la photographie. Mais n'anticipons pas : la demoiselle n'a encore que 22 ans. M.N. Il y a du changement dans l'air pour Wim Bruynooghe : il est dernièrement devenu directeur artistique de UCWHY - la première marque maison de bvba32, l'entreprise derrière Ann Demeulemeester et Haider Ackermann - et son label a pris une nouvelle direction. A propos de UCWHY" Anne (NDLR : Chapelle, leader commerciale de bvba32) souhaitait depuis un moment lancer une marque propre car les ventes pour Ann et Haider ont atteint un plafond. UCWHY est un label milieu de gamme, qui cible les jeunes et se positionne comme une étape vers les griffes de designers. La première collection, sortie cet hiver, est proposée dans plusieurs boutiques du Benelux. Je décrirais son thème comme " pop-orientaliste ". Les gens regardent aujourd'hui le monde de façon plus ouverte. Ils sont de plus en plus exposés aux autres cultures et à des modes de pensée différents grâce aux voyages et aux réseaux sociaux. J'ai mélangé tout cela à des références propres à la culture skate et streetwear. J'ai vraiment pu me faire plaisir, tout était possible. Seule contrainte : les pièces devaient être en jersey. En nous concentrant ainsi sur une seule matière, nous pouvions faire produire la ligne dans son ensemble par un seul fabricant européen. " A propos de Wim Bruynooghe" Nous avons décidé de recharger nos batteries et de sortir momentanément du circuit de la vente en gros. Notre chiffre d'affaires se portait bien mais c'était trop de travail. Nous risquions de créer une véritable " machine " en continuant de cette façon et je ne le souhaitais pas. Le but est désormais de se diriger peu à peu vers la haute couture. Nous comptons réaliser une collection dont nous révélerons tous les x mois cinq silhouettes en ligne, que les gens pourront commander en édition limitée. D'ici un an, nous aimerions aussi présenter nos modèles lors de la semaine de la haute couture. Tout devient plus évident, mais j'ai le sentiment de pouvoir ainsi mieux raconter l'histoire de Wim Bruynooghe. Pour les appliqués, nous allons collaborer avec des ateliers qui travaillent également pour Chanel. Le label Wim Bruynooghe ne disparaît donc pas mais prend simplement une direction différente. Nous voulons toutefois garder les boutiques au chaud au cas où nous déciderions de revenir. " E.D.W. wimbruynooghe.comNiels Peeraer a du talent. Tout le monde s'accorde sur ce point. L'an dernier, le magazine d'affaires Forbes a ajouté sur sa liste européenne des " 30 under 30 " cet ancien étudiant de l'Académie de mode d'Anvers. Pour sa collection de fin d'études, il y a six ans, Niels avait déjà bénéficié d'une belle reconnaissance. Entre autres de la part de la marque Delvaux, pour laquelle il a conçu une édition limitée de sacs à main. Son don pour la maroquinerie désormais largement reconnu, créer son propre label de sacs en cuir et d'accessoires était dès lors dans la logique des choses. Sa griffe a aujourd'hui 5 ans et est disponible internationalement dans plus de cinquante points de vente de haut vol, à l'instar de 10 Corso Como, à Milan, ou des Galeries Lafayette, dans la capitale française. Mais ce sont surtout les Asiatiques qui craquent pour ses modèles aux coloris pastel. Ses premières boutiques ont dès lors été ouvertes à Shanghai, Tokyo et Hong Kong plutôt qu'en France, où il vit et travaille désormais. Et même à Paris, ses clients restent essentiellement des touristes chinois. E.D.W. nielspeeraer.comDésiriez-vous travailler dans la mode ?C'est venu par hasard, mais c'est vite devenu une passion. J'ai été casté à 15 ans par l'agence IMM, alors que j'assistais à un défilé d'Elvis Pompilio, au Mirano. J'ai travaillé comme mannequin avant d'étudier la communication à l'ULB. Mais même durant mes études, je suis resté proche de ce milieu. J'ai constamment cherché de nouveaux talents en tant que scout, avant d'être engagé par IMM, une fois diplômé. J'y suis toujours, je m'occupe des bookings et du management des modèles. C'est quoi, être un bon mannequin ? C'est quelqu'un qui a un physique, mais surtout une attitude ! De belles personnes, on en croise régulièrement, mais ce n'est pas tout. La différence lors d'un casting viendra de la personnalité, de ce petit truc en plus, souvent caractéristique des Belges. La top qui vous inspire particulièrement ? Milla Jovovich. Elle est non seulement super belle, mais elle a aussi du caractère. C'est quelqu'un de multifacette, ce que je trouve particulièrement intéressant. Où trouve-t-on ces bons profils ? Partout ! Tout aussi bien en rue et dans les festivals, que sur Internet, via les réseaux sociaux. Tout le monde est désormais connecté, il est très facile de découvrir quelqu'un par ce biais. C.PL. Mehdy Nasser aurait dû être médecin, comme ses parents. Il a en tout cas commencé des études, schéma tracé d'avance, mais qui ne satisfaisait pas ses aspirations artistiques. Stop, rewind. Le voilà qui crée une ASBL, avec des copains, pour produire des jingles musicaux et des photos d'entreprise. Ce sont les clichés qui feront mouche, et de fil en aiguille, le voici qui bosse pendant cinq ans comme digital manager pour Franco Dragone. Le Louviérois est chargé de produire du contenu pour les réseaux sociaux. L'occasion d'observer le metteur en scène en train de donner vie à ses envies. Nouveau saut dans le vide, ensuite, avec le souhait de se lancer comme photographe et vidéaste de mode. " Qu'il s'agisse d'un spectacle de cirque ou d'un shooting, on est à chaque fois le chorégraphe et l'architecte de ce que l'on a en tête, compare cet autodidacte. Et pour ma part, ce fut le feu d'artifice. Jamais je n'aurais pensé vivre d'une activité de dilettante. " A force de travail et de contacts, Valentine Witmeur Lab (lire par ailleurs), Wheve, Carine Gilson, Buissonnière ou encore Thea Jewelry lui font aujourd'hui confiance. " On considère souvent la vidéo comme un dérivé de la photo. C'est loin d'être le cas. Les possibilités sont énormes, c'est tellement excitant ! " C.PL. Par Wim Denolf, Ellen De Wolf, Katrien Huysentruyt, Elke Lahousse, Anne-Françoise Moyson, Mathieu Nguyen et Catherine Pleeck