Le patron Alessandro Bogliolo va être remplacé par Anthony Ledru, ont indiqué jeudi les deux entreprises dans un communiqué conjoint. M. Bogliolo quittera Tiffany le 22 janvier. Anthony Ledru, qui prend ses fonctions dès ce jeudi, était jusque-là directeur général adjoint chargé des activités commerciales mondiales de Louis Vuitton, la marque phare de LVMH. Il avait déjà été l'un des dirigeants de Tiffany pour l'Amérique du Nord, de 2013 à 2014.

Alexandre Arnault, fils du PDG de LVMH Bernard Arnault et qui oeuvrait jusqu'à présent chez le malletier Rimowa, dont il avait pris les rênes début 2017 après avoir lancé puis piloté l'acquisition par LVMH, devient le directeur exécutif, produits et communication du célèbre joaillier new-yorkais, immortalisé dans le film "Breakfast at Tiffany's" avec Audrey Hepburn.

Outre Alessandro Bogliolo, le directeur artistique Reed Krakoff et la directrice générale adjointe produits et marketing Daniella Vitale quitteront eux aussi Tiffany, "après une courte période de transition".

"Nous avons confiance dans la capacité de Tiffany à accélérer sa croissance, à innover et à demeurer la marque de joaillerie la plus désirable", a déclaré Bernard Arnault, cité dans le communiqué, en remerciant Alessandro Bogliolo et son équipe pour "leur travail ces trois dernières années, notamment lors de la période difficile que le monde traverse actuellement".

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"Je suis heureux de revenir chez Tiffany, la marque de luxe américaine la plus emblématique, que j'admire depuis si longtemps", Anthony Ledru.

Alessandro Bogliolo a, lui, souligné sa fierté du travail "accompli ensemble au cours de ces trois dernières années", se disant "convaincu que Tiffany rayonnera sous la conduite de LVMH".

Jeudi à la Bourse de Paris, l'action LVMH a progressé de 2,59%, atteignant 515,30 euros à la clôture, dans un marché en hausse de 0,7%.

Nouveau contrat de mariage

Le 30 décembre, les actionnaires de Tiffany avaient donné leur aval au projet d'union avec LVMH, géant aux quelque 70 maisons dont Louis Vuitton, Dior, Céline, Bulgari, Hennessy, Dom Perignon...

Les fiançailles avaient été annoncées en novembre 2019, dans un contexte économique porteur, avant d'être rompues en septembre 2020 en pleine pandémie.

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La crise économique a coûté cher à Tiffany, avec une perte de 65 millions de dollars en février-mars-avril 2020, mais le groupe avait néanmoins distribué de substantiels dividendes à ses actionnaires. En septembre 2020, LVMH avait annoncé n'être "plus en mesure" de racheter "en l'état" le joaillier américain, parlant d'une "succession d'événements de nature à fragiliser l'opération". Il avait évoqué la mauvaise gestion de Tiffany en temps de pandémie et une demande du gouvernement français de reporter l'acquisition, en plein conflit commercial entre les États-Unis et l'Union européenne.

Tiffany et LVMH s'étaient alors affrontés sur le terrain judiciaire aux Etats-Unis, le premier accusant LVMH d'avoir fait traîner des démarches réglementaires, le second répliquant devant la même juridiction américaine. Rendez-vous avait été fixé au 5 janvier 2021 pour un procès.

Mais, fin octobre 2020, les deux groupes s'entendaient sur un prix revu en baisse à 131,50 dollars par action contre 135 dollars à l'origine, soit une économie de 425 millions de dollars, et les poursuites étaient abandonnées.

Le 5 janvier, Tiffany a annoncé des ventes "record" pour la période des fêtes de fin d'année (du 1er novembre au 31 décembre 2020), en hausse de 2% par rapport à l'année précédente. L'entreprise a été portée par un boom des ventes sur internet (+80%) et dans la région Asie-Pacifique (+20%).

LVMH, grâce au bond du chiffre d'affaires de la Mode et Maroquinerie et au dynamisme de l'Asie, avait limité l'érosion au 3e trimestre 2020 et dépassé les attentes en atteignant des ventes de 11,955 milliards d'euros entre juillet et septembre 2020 (-7% en données organiques).

Tiffany va être retiré de la Bourse de New York, mais LVMH n'a pas encore dit comment il comptait transformer le joaillier américain, qui a souffert ces dernières années de la concurrence de bijoutiers prisés par les "millennials" (17-34 ans).

Le patron Alessandro Bogliolo va être remplacé par Anthony Ledru, ont indiqué jeudi les deux entreprises dans un communiqué conjoint. M. Bogliolo quittera Tiffany le 22 janvier. Anthony Ledru, qui prend ses fonctions dès ce jeudi, était jusque-là directeur général adjoint chargé des activités commerciales mondiales de Louis Vuitton, la marque phare de LVMH. Il avait déjà été l'un des dirigeants de Tiffany pour l'Amérique du Nord, de 2013 à 2014. Alexandre Arnault, fils du PDG de LVMH Bernard Arnault et qui oeuvrait jusqu'à présent chez le malletier Rimowa, dont il avait pris les rênes début 2017 après avoir lancé puis piloté l'acquisition par LVMH, devient le directeur exécutif, produits et communication du célèbre joaillier new-yorkais, immortalisé dans le film "Breakfast at Tiffany's" avec Audrey Hepburn.Outre Alessandro Bogliolo, le directeur artistique Reed Krakoff et la directrice générale adjointe produits et marketing Daniella Vitale quitteront eux aussi Tiffany, "après une courte période de transition"."Nous avons confiance dans la capacité de Tiffany à accélérer sa croissance, à innover et à demeurer la marque de joaillerie la plus désirable", a déclaré Bernard Arnault, cité dans le communiqué, en remerciant Alessandro Bogliolo et son équipe pour "leur travail ces trois dernières années, notamment lors de la période difficile que le monde traverse actuellement".Alessandro Bogliolo a, lui, souligné sa fierté du travail "accompli ensemble au cours de ces trois dernières années", se disant "convaincu que Tiffany rayonnera sous la conduite de LVMH".Jeudi à la Bourse de Paris, l'action LVMH a progressé de 2,59%, atteignant 515,30 euros à la clôture, dans un marché en hausse de 0,7%.Le 30 décembre, les actionnaires de Tiffany avaient donné leur aval au projet d'union avec LVMH, géant aux quelque 70 maisons dont Louis Vuitton, Dior, Céline, Bulgari, Hennessy, Dom Perignon...Les fiançailles avaient été annoncées en novembre 2019, dans un contexte économique porteur, avant d'être rompues en septembre 2020 en pleine pandémie. La crise économique a coûté cher à Tiffany, avec une perte de 65 millions de dollars en février-mars-avril 2020, mais le groupe avait néanmoins distribué de substantiels dividendes à ses actionnaires. En septembre 2020, LVMH avait annoncé n'être "plus en mesure" de racheter "en l'état" le joaillier américain, parlant d'une "succession d'événements de nature à fragiliser l'opération". Il avait évoqué la mauvaise gestion de Tiffany en temps de pandémie et une demande du gouvernement français de reporter l'acquisition, en plein conflit commercial entre les États-Unis et l'Union européenne.Tiffany et LVMH s'étaient alors affrontés sur le terrain judiciaire aux Etats-Unis, le premier accusant LVMH d'avoir fait traîner des démarches réglementaires, le second répliquant devant la même juridiction américaine. Rendez-vous avait été fixé au 5 janvier 2021 pour un procès.Mais, fin octobre 2020, les deux groupes s'entendaient sur un prix revu en baisse à 131,50 dollars par action contre 135 dollars à l'origine, soit une économie de 425 millions de dollars, et les poursuites étaient abandonnées.Le 5 janvier, Tiffany a annoncé des ventes "record" pour la période des fêtes de fin d'année (du 1er novembre au 31 décembre 2020), en hausse de 2% par rapport à l'année précédente. L'entreprise a été portée par un boom des ventes sur internet (+80%) et dans la région Asie-Pacifique (+20%).LVMH, grâce au bond du chiffre d'affaires de la Mode et Maroquinerie et au dynamisme de l'Asie, avait limité l'érosion au 3e trimestre 2020 et dépassé les attentes en atteignant des ventes de 11,955 milliards d'euros entre juillet et septembre 2020 (-7% en données organiques).Tiffany va être retiré de la Bourse de New York, mais LVMH n'a pas encore dit comment il comptait transformer le joaillier américain, qui a souffert ces dernières années de la concurrence de bijoutiers prisés par les "millennials" (17-34 ans).