Dans l'immense cour carrée du Louvre, contrastant avec les vielles pierres d'un Paris qui vit sur de beaux restes, le malletier Louis Vuitton a aligné des containers noirs, tendus de plastique, éclairés de néons froids, le dernier show de la fashion week peut clore ce mois intense qui vit les capitales de la mode montrer leur printemps-été 19. Celui de Nicolas Ghesquière puise dans ses obsessions récurrentes. Sans jamais se lasser. Car l'homme, bien entouré, s'entête à questionner le vêtement, les volumes, le clash des époques et les fantasmes high-tech.

Entré dans la maison à la fin de l'année 2013, ce prodige autodidacte propose des silhouettes qui projettent la bourgeoise monogrammée dans un univers futuriste. Lequel s'ancre pourtant dans les années 80, le choix est pratiquement viscéral, elles ont laissé tant de traces chez les créateurs qui étaient alors des enfants, à peine des adolescents.

Ses femmes sont donc conquérantes, elles marchent d'un pas nerveux, à grandes enjambées, rien de nonchalant, tenant fermement leur sac qui prend parfois des airs de toupie, à moins que ce ne soit le fantasme d'une soucoupe volante ? Elles portent des pantalon baggy tailorés, des vestes à grand revers, des imprimés Memphis, du mesh référencé, des ennoblissements dans des matières qui n'ont à priori rien de nobles, des manches qui pourraient être celles d'une combinaison spatiale et un manteau virginal au volume parfait, pour calmer le jeu. " L'invention d'un paysage, tel est le coeur de cette collection ", prévient la maison. En faisant défiler au milieu de tout ça trois silhouettes furieusement androgynes et presque classiques, Nicolas Ghesquière cartographie à sa façon les revendications de femmes du XXIe siècle.

Louis Vuitton SS19 © SDP
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