Julien Tuffery, tailleur de jean quatrième génération, vient lui de commercialiser "le premier jean au monde en laine". Il a choisi celle des brebis Lacaune, dont le lait est utilisé pour fabriquer le roquefort, et jusqu'à présent peu valorisée par la filière. "Mon arrière-grand père travaillait il y a 125 ans avec des matières locales, il est normal de revenir au bon sens, à la slow fashion", explique-t-il.

L'Occitanie, notamment la région castraise, a longtemps vécu en partie grâce au travail de la laine. Voisine de Castres, Mazamet a détenu entre 1870 et les années 1960 le monopole mondial du délainage, c'est-à-dire le traitement des peaux de mouton pour séparer la laine du cuir. La Nouvelle-Zélande, l'Australie et l'Argentine y envoyaient leurs peaux, raconte l'historien Aimé Balssa, président de la société culturelle du pays castrais.

Laurent Brunas est le patron de la Manufacture Regain à Labruguière fondée il y a 40 ans. Spécialisé en uniformes, il est sollicité depuis trois ans par des créateurs comme Simon Porte Jacquemus, star montante de la mode ou Julien Fournier, pour des collections haute couture.

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Ils cherchent la qualité, l'origine France garantie et des matières recyclées et recyclables. "Je suis scotché face à cette génération des millennials parce qu'à leur âge je ne me suis pas posé toutes ces questions", ajoute-t-il.

Les marques de grande distribution - Célio, Bonobo, Zara- utilisent de telles fibres. "On a remis le recyclage au goût du jour. On n'a pas été élevé avec ça, on voyait le déchet en terme péjoratif. On assiste à une progression fulgurante, pour les jeunes c'est naturel", dit-il.