Le directeur artistique de cette maison au savoir-faire made in France, née au XIXe siècle dans le Limousin, là où Edouard Blanchard installa sa manufacture de chaussures, connaît la chanson. Il y est à l'oeuvre depuis 2001, avec une justesse de ton vraiment séduisante.

Genèse

"Le mocassin 180 est un modèle d'équilibre. Il est parfait : Eugène Blanchard, le fils du fondateur, voulait une chaussure de voyage, lui qui prenait le bateau pour les traversées transatlantiques. Il la rêvait sans lacets - qui peuvent toujours craquer - et que l'on puisse l'enfiler sans chausse-pied, un derby ou un richelieu en nécessite un, surtout à l'époque, on faisait des chaussures très ajustées. Ce mocassin a donc une empeigne devant très basse tout en ayant une tenue du pied, une construction réelle."

© SDP

Cousu Goodyear

"Cette tradition nous permet de démonter le mocassin, de le remonter, l'entretenir, c'est dommage d'avoir de très beaux cuirs - qui le deviennent encore plus avec le temps - et de devoir les abandonner avec leur belle patine parce qu'on ne peut pas les ressemeler."

Réinventer le 180 ?

"Surtout pas. Il fait partie du patrimoine, y toucher serait une catastrophe, d'autant qu'il est iconique. Pour qu'un produit existe, il faut qu'il soit beau, bien fait et qu'il ait une âme. Pour qu'il ne prenne pas la poussière, il faut juste le réinscrire dans l'époque, c'est-à-dire le porter différemment, comme le firent les jeunes de la bande du Drugstore des Champs-Elysées dans les années 60. Il faut se l'approprier, de façon insolite, pour révéler sa personnalité et sa sensualité."

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