Ils ont décidé de la jouer collectif, reniant l'individualisme forcené cher aux générations précédentes. Sans doute n'ignorent-ils pas qu'une histoire de mode se construit sur la conjonction de talents réunis, l'union faisant décidément la force. Mettant les leurs en commun, dans un puissant mouvement centrifuge, ces créateurs inventent un nouveau langage où le pluriel l'emporte sur le singulier. Misant sur l'énergie du groupe pour cimenter leur projet, ils ne veulent plus d'une starification individuelle et égotiste. Ils vont parfois jusqu'à préférer l'anonymat qui, à la façon d'un Martin Margiela à l'époque, garantit la concentration sur le vêtement, rien que le vêtement. Car ils tracent une autre voie, en réaction aux dérapages incontrôlés d'une industrie qu'ils critiquent, qui les écoeure parfois et qu'ils rêvent de révolutionner de l'intérieur, avec cette fougue et cette exigence propre à la jeunesse.
...