Elle ne sait plus quel fut l'élément déclencheur. Mais un jour, elle a décidé de devenir " avocate en droit des affaires internationales ". Jessica Troisfontaine en sourit aujourd'hui, ce titre-là, en vrai, ne signifie pourtant pas grand-chose, mais ça la faisait rêver. Une voie royale dont il ne serait venu à l'idée de personne de la détourner. Pourtant, au collège, elle aimait déjà le dessin, la mode aussi. " Mais j'avais encore ce côté intello, qui me plaisait bien d'ailleurs, admet-elle. Je n'aurais pas pu imaginer m'inscrire dans une école d'art. Je voyais le stylisme comme quelque chose de trop superficiel pour en faire mon métier. " La fac de droit, ce sera donc, à Bruxelles, puis Paris et New York. Mais dès la première année, le doute s'installe. " Cela ne m'intéressait absolument pas, admet la jeune femme. On me disait que c'était normal, au début, donc je me suis ac...

Elle ne sait plus quel fut l'élément déclencheur. Mais un jour, elle a décidé de devenir " avocate en droit des affaires internationales ". Jessica Troisfontaine en sourit aujourd'hui, ce titre-là, en vrai, ne signifie pourtant pas grand-chose, mais ça la faisait rêver. Une voie royale dont il ne serait venu à l'idée de personne de la détourner. Pourtant, au collège, elle aimait déjà le dessin, la mode aussi. " Mais j'avais encore ce côté intello, qui me plaisait bien d'ailleurs, admet-elle. Je n'aurais pas pu imaginer m'inscrire dans une école d'art. Je voyais le stylisme comme quelque chose de trop superficiel pour en faire mon métier. " La fac de droit, ce sera donc, à Bruxelles, puis Paris et New York. Mais dès la première année, le doute s'installe. " Cela ne m'intéressait absolument pas, admet la jeune femme. On me disait que c'était normal, au début, donc je me suis accrochée. " Elle réussit, et plutôt bien - difficile dans ce cas de se remettre en question. A l'époque, la série Suit cartonne à la TV : " Je m'y voyais déjà. Dans ma ligne de mire, il y avait une place dans un cabinet d'affaires en droit anglo-saxon. " Son diplôme en poche, cinq bureaux prestigieux lui font les yeux doux. Elle signe avec l'un, s'engouffre dans le travail mais l'excitation des premiers pas passée, il ne reste plus, en dépit des bonus récompensant ses performances, qu'un sentiment d'ennui : " J'ai eu un déclic, un lundi matin. Je ne savais pas ce que je comptais faire, mais je ne voulais plus de cette vie-là. " Jessica Troisfontaine démissionne le 7 septembre 2017 pour lancer Septem Paris - 7 en latin, en référence aux sept jours de la semaine -, une marque de prêt-à-porter qui fait la part belle aux combis. " Je ne voulais pas d'une collection classique, justifie-t-elle. Je m'étais rendu compte que ce que je portais influençait mon ressenti. En situation de stress, si j'enfilais un jumpsuit, je me sentais à l'aise et cela me donnait en même temps confiance en moi. L'idée de travailler un monoproduit, de donner ainsi à ma griffe une identité forte, me plaisait également. " Ses combis, cette Parisienne d'adoption les dessine et confie à une modéliste le soin de les traduire en patrons et en prototypes. Elle a décidé, dès le départ, de se détacher du calendrier des Fashion Weeks pour sortir ses collections organisées en " semainiers " et produites dans un atelier familial à Porto. Un modèle calqué sur celui d'autres labels ayant fait leurs débuts, comme elle, en ligne. En marge de ses séries de sept - la deuxième, lancée le... 7 septembre dernier est pratiquement sold-out ! -, Jessica propose des mini-capsules - la prochaine sort pour les fêtes - et des pièces ou accessoires imaginés avec d'autres entrepreneuses : cette saison, les chemises brodées, cosignées avec la griffe Mots d'ordre, affichent sur leur col des slogans inspirants. Dès qu'elle le peut, l'ex-avocate ouvre des pop-up afin de montrer " en vrai " ces vêtements qui s'accommodent mal d'un fitting imparfait. " Je reçois également beaucoup chez moi, ajoute-t-elle. J'aime observer les réactions des femmes quand elles essayent. Cela m'a permis de réaliser le gap qu'il peut y avoir entre une cliente réelle et fantasmée. Et de tenir compte de ce feed-back pour les prochaines saisons. " Des infos qu'elle collecte aussi grâce aux réactions à ses posts Instagram. " Dès que je dévoile les images d'une " semaine " ou d'une collab', je prends le pouls des choses, je peux même prédire ce qui va partir vite... et ce qui sera plus clivant ! " Si la combinaison reste et restera le produit phare de sa marque, la jeune femme, qui espère bientôt engager une styliste, refuse de se priver du plaisir d'une petite robe fluide, en été, ou d'un pantalon, comme pour cet hiver. " J'ambitionne de dessiner un vestiaire du quotidien, un univers dans lequel on se sente bien ", précise-t-elle. De son passage par la case " droit ", elle ne regrette rien, en tout cas. " J'y ai acquis de la rigueur qui m'a donné des clés pour mener à bien mon travail d'aujourd'hui ", conclut-elle. La combinaison de tous les possibles.