Tout emballé par la refonte de son monogramme par Riccardo Tisci, Burberry a déployé une bâche de 80 mètres sur le pont Bir Hakeim, entre les XVe et XVIe arrondissements parisiens. Problème: il faut croire qu'à Londres, ils ont loupé le mémo sur le grand retour du vélo en ville, parce que ce long tapis plastifié recouvrait le marquage d'une piste cyclable, rendant le tronçon extrêmement glissant. Du côté de la mairie, où nul n'avait été prévenu du coup de com', ça a grincé des dents jusqu'à la gingivite. On s'est donc empressé de remballer l'installation sauvage, en maugréant que tout ça allait leur coûter cher et qu'on n'avait pas idée de faire une chose pareille - comme si la mobilité à Paris ne crispait pas déjà suffisamment les esprits.

Hasard du calendrier, cette bavure de guerilla marketing eut lieu à peu près à la date anniversaire de la vraie bataille de Bir Hakeim, du 27 mai au 16 juin 1942, en Libye alors italienne. Trois semaines durant lesquelles les Forces françaises libres tinrent en échec l'Afrika Korps de Rommel, et l'empêchèrent d'accéder au canal de Suez. Qui furent les premiers bénéficiaires de cette résistance héroïque? Les armées de Sa Majesté. Sans crier à la perfidie, on reconnaîtra volontiers que vandaliser le symbole parisien d'un tel fait d'arme témoigne d'une amnésie pas très fair-play, messieurs les Anglais.