Afrique

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"Je suis née en Algérie, mon père était officier de marine, nous avons vécu au Maroc, au Sénégal, en Côte d'Ivoire... Il me reste des parfums de là-bas. Avoir appréhendé très jeune une culture extrêmement différente, très visuelle, fait que je suis sensible à l'artisanat. J'aime ce qui n'est pas parfait, pas industriel, cette sensibilité qui vient d'une tradition très ancienne, tous ces objets qui ont une âme. Et puis, quand vous en achetez un, vous aidez quelqu'un à vivre, qui a travaillé avec noblesse, vous acquérez alors cette poésie, quelque chose qui est de l'ordre de la transmission, rien à voir avec le consumérisme excessif."

Avenir

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"Je ne regrette rien de mon ancienne vie, j'aime vraiment l'artisanat, il y a tellement de possibles. Avant je bossais beaucoup, pour des grandes maisons et j'étais extrêmement bien payée, aujourd'hui, le travail est énorme et les finances minuscules... J'avoue que ce n'est pas facile, mon banquier me fait les gros yeux. Mais voilà, je pense que cela a plus d'avenir, l'époque nous porte à nous délester."

Slow Fashion

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"Et soudain, j'ai senti de la lassitude, c'était en 2009, j'étais en désaccord avec la folie marketing de la mode, c'était devenu juste un gros business, auquel j'ai un peu participé en travaillant pour Tod's, Loro Piana, Lacoste et Cacharel. Je ne reconnaissais plus ce qui m'avait passionnée au départ, je ne savais plus pourquoi je faisais ce métier. J'étais heureuse d'entendre des designers célèbres dire qu'il y avait quelque chose qui clochait... J'ai alors décidé de prendre le contre-pied et de me concentrer sur ce qui me semble important, la beauté du geste de l'artisan."

Beau geste

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"En 1992, j'avais lancé ma marque Ursule Beaugeste, c'était déjà de l'artisanat, je faisais faire des sacs, des paniers à Madagascar, des babouches au Maroc, des petits porte-monnaie brodés en Inde. En 2011, j'ai pris le temps de voyager, je suis partie à Jaipur notamment, à la recherche d'artisans ; j'y ai rencontré un brodeur formidable. C'est cela qui m'a fait démarrer ma collection. On a commencé par une trousse avec des broderies en perles. Maintenant que tout cela est rodé, je commence à travailler les pashmina, les mukesh en pur cachemire, tissés à la main et brodés de fils métallisés martelés, ce sont des savoir-faire ancestraux que nous avons perdus en Occident et qui sont sublimes."

Intemporel

"Je suis pour l'intemporel, il n'y a pas de tendances ni de saisons dans ma collection, j'essaie que la qualité soit telle que cela dure dans le temps et que l'on ne se lasse pas du style. J'ai envie de faire des choses qui ne se démodent pas. Moi, je suis classique et fidèle, mon sac, c'est le Plain, qui date de 2013, et je suis toujours contente de le porter."

En vente chez Cachemire Coton Soie, 53, rue Franz Merjay, à 1050 Bruxelles. www.annegrandclement.com

Afrique "Je suis née en Algérie, mon père était officier de marine, nous avons vécu au Maroc, au Sénégal, en Côte d'Ivoire... Il me reste des parfums de là-bas. Avoir appréhendé très jeune une culture extrêmement différente, très visuelle, fait que je suis sensible à l'artisanat. J'aime ce qui n'est pas parfait, pas industriel, cette sensibilité qui vient d'une tradition très ancienne, tous ces objets qui ont une âme. Et puis, quand vous en achetez un, vous aidez quelqu'un à vivre, qui a travaillé avec noblesse, vous acquérez alors cette poésie, quelque chose qui est de l'ordre de la transmission, rien à voir avec le consumérisme excessif." Avenir "Je ne regrette rien de mon ancienne vie, j'aime vraiment l'artisanat, il y a tellement de possibles. Avant je bossais beaucoup, pour des grandes maisons et j'étais extrêmement bien payée, aujourd'hui, le travail est énorme et les finances minuscules... J'avoue que ce n'est pas facile, mon banquier me fait les gros yeux. Mais voilà, je pense que cela a plus d'avenir, l'époque nous porte à nous délester." Slow Fashion "Et soudain, j'ai senti de la lassitude, c'était en 2009, j'étais en désaccord avec la folie marketing de la mode, c'était devenu juste un gros business, auquel j'ai un peu participé en travaillant pour Tod's, Loro Piana, Lacoste et Cacharel. Je ne reconnaissais plus ce qui m'avait passionnée au départ, je ne savais plus pourquoi je faisais ce métier. J'étais heureuse d'entendre des designers célèbres dire qu'il y avait quelque chose qui clochait... J'ai alors décidé de prendre le contre-pied et de me concentrer sur ce qui me semble important, la beauté du geste de l'artisan." Beau geste "En 1992, j'avais lancé ma marque Ursule Beaugeste, c'était déjà de l'artisanat, je faisais faire des sacs, des paniers à Madagascar, des babouches au Maroc, des petits porte-monnaie brodés en Inde. En 2011, j'ai pris le temps de voyager, je suis partie à Jaipur notamment, à la recherche d'artisans ; j'y ai rencontré un brodeur formidable. C'est cela qui m'a fait démarrer ma collection. On a commencé par une trousse avec des broderies en perles. Maintenant que tout cela est rodé, je commence à travailler les pashmina, les mukesh en pur cachemire, tissés à la main et brodés de fils métallisés martelés, ce sont des savoir-faire ancestraux que nous avons perdus en Occident et qui sont sublimes." Intemporel "Je suis pour l'intemporel, il n'y a pas de tendances ni de saisons dans ma collection, j'essaie que la qualité soit telle que cela dure dans le temps et que l'on ne se lasse pas du style. J'ai envie de faire des choses qui ne se démodent pas. Moi, je suis classique et fidèle, mon sac, c'est le Plain, qui date de 2013, et je suis toujours contente de le porter."