Qui est Maud Brunstein, la créatrice qui joue avec la maille pour créer des pièces douces et luxueuses

Maud Brunstein
Les couvertures de Maud Brunstein sont en laine mérinos. © Alexander Dhiet

Ancienne étudiante aux Beaux-Arts à Marseille et ensuite en Design Textile à La Cambre, la native d’Alsace crée à Bruxelles, sa ville d’adoption, des couvertures et des vêtements en mailles lenticulaires. Rencontre.

Maud Brunstein a toujours apprécié capturer des moments où les choses se rencontrent. « Par exemple, les reflets qui se mélangent. J’aime les images abstraites. J’ai toujours adoré les mouvements, que je venais saisir par le médium de la photographie. » Aujourd’hui, elle duplique cet art dans ses créations textiles. « Avec mes couvertures, j’essaie de recréer un mouvement au départ d’un objet statique. »

La maille, star de ses créations

Après trois ans aux Beaux-Arts de Marseille, ses professeurs lui conseillent de suivre un cursus en design textile. Les concours étant terminés en France, elle rejoint alors La Cambre, à Bruxelles, durant 5 ans, pour des études de design textile. Elle y découvre la maille, bien que ce soit surtout son premier stage, chez Christian Wijnants qui l’a fait tomber amoureuse de cette matière. « La maison anversoise utilisait régulièrement la laine de mérinos pour ses créations. Tout de suite, je l’ai associée au luxe. C’est une belle marque que j’admirais, surtout pour ses pièces tricotées. » Maud décide alors de mettre cette technique en avant pour son projet de fin d’études. « Le tricot permet de passer de techniques artisanales, à d’autres techniques plus technologiques qui demandent l’utilisation de logiciels… Ces allers-retours entre l’une et l’autre m’ont toujours fascinée, c’est ce qui m’a mené à mon projet de diplôme qui a été de développer la maille lenticulaire (qui donne l’illusion de la 3D). J’ai passé deux ans à chercher des techniques pour donner cette impression de mouvement au textile. Je suis vraiment fascinée par les illusions d’optique, les mouvements et l’art cinétique. »

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Des couvertures mais pas que…

« J’ai mis du temps à trouver comment mettre au point ces couvertures, comment les faire fabriquer et comment trouver de grosses quantités de fonds de stock de fil de laine pour les réaliser… Tout ce cheminement, de la production à la commercialisation, m’a pris environ un an et demi. À côté, j’ai continué à explorer. Je postais sur Instagram mes petites créations, réalisées pour moi, mes vêtements… Ce travail a plu, et durant cette année et demie, j’ai vécu grâce aux vêtements et accessoires que j’ai réalisés pour le « grand public ». J’ai continué à développer ce volet. »

Avec mes couvertures, j’essaye de recréer un mouvement au départ d’un objet statique.
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Les vêtements et accessoires de Maud Brunstein plaisent tellement, qu’elle ne suit plus au niveau de la production, elle fait donc appel à Zoé Mommen, une styliste qui dispose, à Bruxelles, d’une tricoteuse industrielle, pour l’aider. « On s’est rencontrées au bon moment, elle tricote donc de plus en plus pour moi, mais je fais encore des pièces dans mon atelier car je fais de la customisation où les gens peuvent choisir leur modèle, leurs couleurs… Ce sont des pièces uniques. Les bonnets par exemple, je continue à les tricoter. Zoé tricote sur sa machine certaines pièces pour moi, mais ensuite, l’assemblage se fait dans mon atelier », détaille la spécialiste en design textile.

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Un style bien marqué

« J’ai envie qu’on me reconnaisse pour mes rayures et mes effets d’optique sur le corps. Par la suite, j’ai envie de distordre encore plus cette maille, de jouer davantage avec ses illusions d’optique, tout en y allant doucement et en me laissant le temps. »

Pour créer ces pépites de douceur, l’artiste utilise de la laine de mérinos. « C’est fin et très agréable à travailler. Dès le début, j’ai commencé à utiliser ce fil de mérinos qui est luxueux. Il s’appelle le cashwool, entre le cashmere et la soie. C’est beau, c’est doux, c’est brillant. Depuis, je ne peux plus m’en passer. » Pour ses créations, Maud utilise des fonds de stocks; elle a notamment (presque) vidé tous les stocks de Christian Wijnants. En Italie, où sont fabriquées ses couvertures, elle a ses « chasseurs de deadstocks » qui vont dans les entrepôts des entreprises de luxe dénicher les perles rares.

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Se laisser guider par les fils

Cette technique permet écologiquement de ne pas laisser dormir cette belle matière, mais ne permet pas de faire tout ce que l’on veut. « J’ai souvent des couleurs différentes, que je ne choisis pas. Au début, c’était une contrainte, mais c’est devenu une source d’inspiration parce que ça m’amène à réinventer ma palette, ce qui est assez fun parce que finalement, je n’ai pas beaucoup de modèles. Donc, là où j’ai ma part de créativité et où je m’amuse, c’est en réinventant de nouvelles combinaisons de couleurs. »

Maud Brunstein recrée aussi elle-même ses bobines au départ de plusieurs fonds de bobines. « Sur certaines couvertures, il peut y avoir jusqu’à 10 nuances de couleurs. Mais ça ne se voit pas, ça donne un effet dégradé. C’est un peu un challenge et une surprise quand je les découvre. Pour l’instant, il n’y en a eu qu’une seule qui ne m’a pas plu. »

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Un produit de luxe, qu’on garde tout une vie

Une couverture, même à la tricoteuse industrielle, demande plus de sept heure trente de travail et elle pèse 2,5 kilos. « C’est vraiment un gros boulot. Mes couvertures, ce sont des objets très luxueux. Tandis que mes vêtements touchent des personnes plus jeunes. Ça reste un certain budget mais ce sont de belles pièces que les gens s’offrent. Ils réfléchissent avant de l’acheter et ils ont une conscience écologique. » Maud Brunstein a encore plein d’idées pour exploiter cette maille qui peut être transformée à l’infini…

Pour découvrir le travail de Maud Brunstein: www.maudbrunstein.com (visite à son atelier sur rendez-vous).

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