C'est un éternel revival. Les années 90 et l'esprit grunge, l'envie de nuisette, le flash du fluo... Les eighties et leurs tailles étranglées et épaules carrées. Les seventies, qui oscillent entre disco et baba cool. Autant de gimmicks régulièrement revisités par la mode. Là, c'est un détail. Ici, une référence, qui est extirpée, puis remaniée, pour être remise au goût du jour. Les exemples en la matière ne manquent pas, que ce soit sur les catwalks ou à travers des capsules. Ainsi, Marc Jacobs qui vient de relancer sa sulfureuse...

C'est un éternel revival. Les années 90 et l'esprit grunge, l'envie de nuisette, le flash du fluo... Les eighties et leurs tailles étranglées et épaules carrées. Les seventies, qui oscillent entre disco et baba cool. Autant de gimmicks régulièrement revisités par la mode. Là, c'est un détail. Ici, une référence, qui est extirpée, puis remaniée, pour être remise au goût du jour. Les exemples en la matière ne manquent pas, que ce soit sur les catwalks ou à travers des capsules. Ainsi, Marc Jacobs qui vient de relancer sa sulfureuse collection Grunge, datant du printemps 1993. A l'époque, cette série avait essuyé des critiques acerbes, entraînant le renvoi de l'Américain par la griffe Perry Ellis, où il était alors en charge de la création. Vingt-six looks ont aujourd'hui été réédités des pieds à la tête, en reprenant les imprimés, les textiles et les broderies d'origine. Du côté de Hugo Boss, c'est la décennie des eighties qui titille la marque, et plus particulièrement l'année 1982, lorsque Michael Jackson sort son mythique Thriller. Le costume que le roi de la pop portait sur la pochette de l'album fait en effet l'objet d'une réédition, limitée à 100 exemplaires seulement. Parfait pour accompagner l'exposition Michael Jackson : On the Wall, qui vient de démarrer au Grand Palais, à Paris... Toujours plus sensibles à ce qu'ils ont vécu étant enfants, les créateurs se plaisent le plus souvent à revisiter leurs années de jeunesse... quand ils ne sont pas stimulés par une période qu'ils n'ont pas connue et qu'ils imaginent de façon sublimée. Chacun s'inspire de ce qu'il a vu, senti, entendu, et ce n'est pas propre à notre époque. Les silhouettes des années 60, mises au point par Courrèges, Paco Rabanne, Cardin ou Mary Quant, et considérées alors comme révolutionnaires, n'étaient déjà pas sans lien esthétique avec les années 20 - le look garçonne commençait à apparaître, les jambes et les bras à se dénuder... Mais pas question pour autant de crier au manque d'imagination. Dans la sphère fashion, l'invention ex nihilo n'existe pas. Ce sont ces retours en arrière successifs qui, justement, sont indispensables au renouvellement de la mode. Des mouvements temporels qui permettent des mutations inédites, en prenant différentes époques qui a priori n'ont rien à voir entre elles, pour les croiser et les faire évoluer. Pour les fêtes, vous reprendrez bien un peu de paillettes, mixées à du velours et un cuir bien dark ?