Depuis quand êtes-vous dans le milieu de la mode ? Comment l'envie vous est-elle venue ?
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Depuis quand êtes-vous dans le milieu de la mode ? Comment l'envie vous est-elle venue ?Depuis deux ans et demi. Adolescente, j'ai été approchée par une agence, mais on m'a très vite fait comprendre que j'étais trop forte pour m'imposer dans le secteur, j'ai donc rapidement laissé tomber cette idée. J'ai ensuite fait des études de psychanalyse, et une formation en tourisme. Un beau jour, je suis tombée sur une photo de couverture de Tara Lynn pour le magazine ELLE. Quand j'ai vu pour la première fois un mannequin grande taille dans un magazine, je me suis dit " waouh ". Une petite voix m'a poussée à m'interroger sur mon avenir professionnel, sur la possibilité de faire, moi aussi, carrière dans la mode. Mais à cette époque, je manquais d'assurance et d'audace. Trois ans plus tard, j'ai répondu à une annonce de casting, j'ai été prise pour défiler au Palais des Congrès de Namur. Par la suite, j'ai eu quelques propositions, et trois mois plus tard, j'étais à la Pulp Fashion Week de Paris en 2016. Je pense que c'est ce défilé qui a réellement lancé ma carrière.Quelle image, d'après vous, les gens ont-ils vis-à-vis de la mode " plus size " ?L'opinion public, en général, est super positive. Certaines filles se reconnaissent en nous. C'est important de donner une image positive, mais surtout réelle de la femme. Cependant, dans le milieu de la mode, ça reste encore très fermé. On a vraiment notre rôle à jouer, nous, en tant que tops grande taille.Vous défilez le 15 décembre, à Paris, pour la lutte contre la grossophobie, est-ce une cause qui vous touche particulièrement ?C'est un sujet qui me tient à coeur. En tant que mannequin plus size, je me sens évidement concernée. Nous ne sommes pas toujours mises sur le même pied d'égalité que les modèles standards, même si finalement nous fournissons le même effort. De nos jours, une femme en surpoids a huit fois a plus de difficultés à trouver un emploi, et cela ne s'applique pas seulement dans la mode. C'est une réalité dans tous les milieux confondus. L'autre jour, je discutais avec une make-up artist, et elle me disait qu'en étant forte, elle avait plus de mal à trouver du boulot.J'ai moi-même, adolescente, été victime de harcèlement et subi le " body shaming ". Je me suis sentie profondément isolée et incomprise durant une grande partie de ma jeunesse. Le sentiment de honte et de rejet est dévastateurs Aucun homme, ni aucune femme, ne devrait subir des discriminations relatives à un physique hors des normes, dictées par on ne sait qui.Vous posez également pour The Pajany Calendar, un calendrier spécial femme ronde créé par Julia Pajany. Peut-on en savoir plus ?Julia Pajany est une jeune femme ambitieuse. Il y a deux ans, elle a décidé de lancer son calendrier, et de mettre la beauté de la femme ronde en valeur. Ce projet est assez spécifique car nous ne prêtons pas simplement notre image, mais nous le portons comme un étendard car nous sommes devenues de vraies partenaires, collaboratrices et ambassadrices de cette cause. Julia nous a conviées à faire la promotion avec elle (lors de l'inauguration ce 8 décembre). The Pajany Calendar n'est pas un simple calendrier, il promeut la diversité et les rondeurs dans le milieu de la mode, et tente de faire passer un vrai message de tolérance. Si je devais résumer notre le leitmotiv en une phrase, c'est que la beauté n'est pas une question de taille.Comment avez-vous été contactée pour participer à ces projets ?J'ai passé un casting pour le défilé à Paris. La plupart du temps, j'utilise les photos faites par le photographe Pascal Bouault. Pour The Pajany Calendar, j'ai été contactée par les réseaux sociaux. Je suivais déjà Julia Pajany - la créatrice - avec admiration. Ella a été une des premières modèles plus size à être médiatisée en France et je pense qu'elle a inspiré beaucoup de jeunes mannequins grande taille. Quand Julia m'a appelée pour participer à la deuxième édition, j'étais ravie.Des projets pour 2018 ?Je compte évoluer dans ma carrière et continuer sur ma lancée. Il y a deux mois j'ai eu l'opportunité de signer à l'agence Plus à Paris. J'imagine donc que 2018 s'annonce bien. Avec Julia et toute l'équipe du Pajany Calendar, nous avons du pain sur la planche : nous devons faire toute la promotion du calendrier. Je vais également travailler à Paris de manière régulière pour une marque française de prêt-à-porter : 46 et plus. On m'a proposé la direction artistique de deux évènements, je suis super motivée à l'idée de pouvoir exprimer ma créativité. Je désire également ardemment travailler avec, et pour, des créateurs belges car les choses bougent aussi dans notre petit pays, je pense par exemple à la marque Xandres. Néanmoins, je pense aller jeter un oeil outre-Atlantique, là où le milieu de la mode grande taille est beaucoup plus varié. C'est malheureux parce que j'ai envie de rester, et de faire changer les choses ici, mais je dois penser à ma carrière, car je voudrais en vivre.Propos recueillis par Era Balaj Pour suivre l'actualité de Victoria Sarlet, rendez-vous sur son compte instagram : @victoriasarletA propos du Pajany Calendar, rendez-vous sur la page facebook