Avec sa collection automne/hiver 2020 présentée dimanche soir à Londres dans le cadre de la Fashion Week masculine, cette fille d'un Jamaïcain et d'une Anglaise a rendu hommage à ses origines, explorant la génération des Britanniques issue des Caraïbes vivant à Londres dans les années 1970. "Je me suis intéressée à la façon dont les jeunes et les gens embrassent les traditions britanniques mais aussi construisent leurs identités et leurs liens avec les Caraïbes. C'est aussi une exploration du multiculturalisme au Royaume-Uni à cette époque", a expliqué la styliste à l'AFP.

Défilé janvier 2020 de Wales Bonner, Getty
Défilé janvier 2020 de Wales Bonner © Getty

Baptisée Lover's rock, du nom d'un style de reggae romantique né dans la capitale britannique à cette époque, la collection s'inspire d'un reportage du photographe John Goto sur la communauté afro-caribéenne britannique gravitant autour d'un centre communautaire de Lewisham, dans le sud-est de Londres. Elle puise aussi dans l'histoire personnelle de la créatrice.

"C'était en quelque sorte une collection inévitable pour moi. C'est comme si je revenais à la maison"

Grace Wales Bonner a grandi entre Stockwell et Dulwich, dans le sud de Londres. Les coupes rappellent le Savile Row, prestigieuse rue des tailleurs londoniens synonyme du chic anglais, des années 1960. Les symboles caribéens comme ces boutons dorés sur un caban en sergé, sont exhibés avec fierté. Le métissage se loge aussi dans des bonnets aux couleurs de la Jamaïque faits à la main en laine Shetland, so british. Grace Wales Bonner explique s'être amusée à "bousculer un peu" des matières "très traditionnelles, très reconnaissables".

Défilé janvier 2020 de Wales Bonner, AFP
Défilé janvier 2020 de Wales Bonner © AFP
Défilé janvier 2020 de Wales Bonner, Getty
Défilé janvier 2020 de Wales Bonner © Getty

A peine diplômée de la prestigieuse école londonienne Central Saint Martins, en 2014, Grace Wales Bonner s'est fait remarquer et sa collection de fin d'études, baptisée "Afrique", remporte le L'Oréal Professionnal Talent Awards. Sa première collection Automne-hiver 2015, "Ebonics", est acclamée par la critique. En 2016, un jury de grands noms de la mode, dont Karl Lagerfeld, Marc Jacobs et Nicolas Ghesquière lui attribue le prix LVMH du jeune créateur, coup de pouce bienvenu pour développer sa marque. Autre coup de pub bienvenu : en mai dernier, l'épouse du prince Harry, Meghan Markle, a choisi une de ses créations, une robe blanche sans manche façon trench, pour présenter leur nouveau-né, Archie, sous les objectifs des photographes.

Reuters
© Reuters

Passionnée par les questions d'identité et de représentations, piochant ses idées dans l'art, la littérature, la musique ou l'histoire de la culture noire, Grace Wales Bonner dit avoir trouvé dans la mode "le moyen le plus facile et le plus direct pour moi de communiquer". Admirative de Phoebe Philo et de Coco Chanel, elle explique "toujours rechercher une vision très belle, raffinée, de la masculinité".

Avec sa collection automne/hiver 2020 présentée dimanche soir à Londres dans le cadre de la Fashion Week masculine, cette fille d'un Jamaïcain et d'une Anglaise a rendu hommage à ses origines, explorant la génération des Britanniques issue des Caraïbes vivant à Londres dans les années 1970. "Je me suis intéressée à la façon dont les jeunes et les gens embrassent les traditions britanniques mais aussi construisent leurs identités et leurs liens avec les Caraïbes. C'est aussi une exploration du multiculturalisme au Royaume-Uni à cette époque", a expliqué la styliste à l'AFP. Baptisée Lover's rock, du nom d'un style de reggae romantique né dans la capitale britannique à cette époque, la collection s'inspire d'un reportage du photographe John Goto sur la communauté afro-caribéenne britannique gravitant autour d'un centre communautaire de Lewisham, dans le sud-est de Londres. Elle puise aussi dans l'histoire personnelle de la créatrice.Grace Wales Bonner a grandi entre Stockwell et Dulwich, dans le sud de Londres. Les coupes rappellent le Savile Row, prestigieuse rue des tailleurs londoniens synonyme du chic anglais, des années 1960. Les symboles caribéens comme ces boutons dorés sur un caban en sergé, sont exhibés avec fierté. Le métissage se loge aussi dans des bonnets aux couleurs de la Jamaïque faits à la main en laine Shetland, so british. Grace Wales Bonner explique s'être amusée à "bousculer un peu" des matières "très traditionnelles, très reconnaissables".A peine diplômée de la prestigieuse école londonienne Central Saint Martins, en 2014, Grace Wales Bonner s'est fait remarquer et sa collection de fin d'études, baptisée "Afrique", remporte le L'Oréal Professionnal Talent Awards. Sa première collection Automne-hiver 2015, "Ebonics", est acclamée par la critique. En 2016, un jury de grands noms de la mode, dont Karl Lagerfeld, Marc Jacobs et Nicolas Ghesquière lui attribue le prix LVMH du jeune créateur, coup de pouce bienvenu pour développer sa marque. Autre coup de pub bienvenu : en mai dernier, l'épouse du prince Harry, Meghan Markle, a choisi une de ses créations, une robe blanche sans manche façon trench, pour présenter leur nouveau-né, Archie, sous les objectifs des photographes. Passionnée par les questions d'identité et de représentations, piochant ses idées dans l'art, la littérature, la musique ou l'histoire de la culture noire, Grace Wales Bonner dit avoir trouvé dans la mode "le moyen le plus facile et le plus direct pour moi de communiquer". Admirative de Phoebe Philo et de Coco Chanel, elle explique "toujours rechercher une vision très belle, raffinée, de la masculinité".