"Je suis tellement passionnée par ce que je fais en ce moment que je me contente de deux heures de sommeil par jour !", avoue Alicia Vikander. C'est que cela marche fort pour la jolie Scandinave. Depuis ses débuts à l'écran, dans des feuilletons télévisés suédois, alors qu'elle fréquentait encore le Ballet royal pour devenir danseuse professionnelle, les choses se sont enchaînées sans relâche.
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"Je suis tellement passionnée par ce que je fais en ce moment que je me contente de deux heures de sommeil par jour !", avoue Alicia Vikander. C'est que cela marche fort pour la jolie Scandinave. Depuis ses débuts à l'écran, dans des feuilletons télévisés suédois, alors qu'elle fréquentait encore le Ballet royal pour devenir danseuse professionnelle, les choses se sont enchaînées sans relâche. En 2009, son premier rôle dans un long-métrage - Till det som är vackert, commercialisé sous le titre Pure à l'étranger - lui vaut d'emblée le prix de la meilleure actrice dans son pays. Cette distinction sera suivie d'autres récompenses : un Shooting Star à Berlin, en 2011, et un Rising Star lors des BAFTA (British Academy of Film and Television Arts) 2013. Du coup, les réalisateurs les plus en vue se bousculent au portillon pour lui proposer de rejoindre leur casting. Elle est aujourd'hui dans les salles obscures avec Agents très spéciaux : code U.N.C.L.E. , de Guy Ritchie, l'adaptation de la série légendaire des années 60. Et fera encore plusieurs incursions dans nos cinémas d'ici 2016, notamment avec Une vie entre deux océans, de Derek Cianfrance, dans lequel elle donne la réplique à Michael Fassbender, devenu depuis lors son compagnon. Récemment, on a appris qu'elle avait par ailleurs été choisie comme partenaire de Matt Damon dans le cinquième opus des aventures de Jason Bourne. Drame, action, fresque en costumes, science-fiction : rien ne lui est impossible. Tantôt elle apparaît devant les caméras pure et innocente, tantôt elle dégage une sensualité torride, avec ses cheveux et yeux sombres... qui n'ont rien de l'archétype suédois. Un trésor sur les genouxCe sont cette polyvalence et cette aura qui ont très probablement poussé le directeur artistique de Louis Vuitton, Nicolas Ghesquière, à faire de cette native de Göteborg le nouveau visage de la maison de luxe. Dans ce rôle, elle succède à des consoeurs telles que Jennifer Connelly, Charlotte Gainsbourg et Michelle Williams, qui s'affichèrent toutes, dans les campagnes, en femmes élégantes, mais aussi aventurières, franches et indépendantes. Alicia, elle, n'a pas hésité un seul instant à accepter la proposition de la griffe. "A 13 ans, je me suis mise à acheter des magazines comme Elle, se souvient-elle. J'étudiais religieusement les publicités. Il ne m'est jamais venu à l'esprit que je pourrais un jour incarner l'une de ces célèbres marques. Et maintenant, je fais partie de l'histoire d'une maison telle que Louis Vuitton. Surréaliste, non ?" Très tôt, la jeune femme s'est pourtant senti des affinités avec le Monogram. "A 15 ans, j'ai pris part, avec trois autres filles, à une audition de l'école supérieure de danse du Ballet royal suédois. Nous logions chez la grand-mère de mon amie et quand nous nous sommes préparées pour cette journée, j'ai voulu mettre mon sandwich et une bouteille d'eau dans un simple sac en plastique. Mais celle qui nous hébergeait a insisté pour me prêter son Louis Vuitton vintage. Elle l'avait depuis une éternité, les couleurs étaient estompées, mais je n'avais jamais eu un accessoire si cher et si prestigieux en main. Je me vois encore serrant ce trésor sur mes genoux dans le métro, de crainte qu'on me le vole." Les créations actuelles du label l'interpellent également : "Ces talons hauts en croco, par exemple, sont si bien conçus ! Dans un premier temps, ils me faisaient un peu peur ; puis, j'ai eu envie de me les approprier. Les réalisations de Nicolas Ghesquière sont audacieuses, et même visionnaires. En revenant sur ce qu'il a inventé il y a un an, on ne peut que se rendre compte qu'il avait une très bonne perception de l'instant présent. De plus, c'est fantastique de collaborer avec lui, car c'est quelqu'un d'aimable et de très simple. Je lui ai parlé de films et il m'a introduite dans l'univers de la mode qui est le sien, une forme d'art visuel finalement assez proche du cinéma." Un choix cornélien En réalité, Alicia Vikander n'a jamais suivi de cours de théâtre, mais elle met à profit sa formation de danse pour parfaire son interprétation. "J'avais conscience de mon expérience en matière de ballet, lorsque j'ai interprété un robot dans Ex Machina (2015). Sa corporéité et sa manière de bouger étaient très importantes. Pendant mon cursus, j'ai eu des leçons de chorégraphie et d'improvisation, qui me sont très utiles pour me mettre dans la peau d'un personnage, tant pour l'attitude que la manière de se mouvoir ou de parler." Sa décision de devenir comédienne plutôt que ballerine est sans doute la plus difficile qu'elle ait dû prendre dans sa vie. "Ce choix m'angoissait. Je ne voulais pas décevoir les personnes qui m'avaient aidée au départ. Mais je souffrais de blessures, j'ai dû me faire opérer du pied et j'ai eu des maux de dos qui m'affectent encore aujourd'hui. Cependant, le plus grand problème, c'était mon implication. Une danseuse fait partie d'une équipe de sport d'élite : elle doit se donner à 150 %. Le matin, certaines de mes camarades arrivaient une heure à l'avance à l'entraînement, qui durait sept heures. J'aimais cette discipline, mais pas à ce point-là... Aujourd'hui, je sais que j'ai pris la bonne décision. Comme j'ai trouvé ma véritable passion, la motivation est venue d'elle-même. Si je me sens stressée lors d'un tournage, je n'ai qu'à me rappeler que la danse exigeait de moi un travail ô combien plus dur et intense." En 2015, on pourra voir Alicia dans pas moins de huit films. N'en fait-elle pas parfois un peu trop ? "Je suis encore novice. C'est un pur hasard si tant de longs-métrages sortent simultanément. Certains restent longtemps à la postproduction, d'autres pas. Mais il est vrai que, ces derniers mois, j'ai dû me pincer je ne sais pas combien de fois. Il est incroyable que moi, une Suédoise, j'aie été choisie pour incarner, dans Mémoires de jeunesse, l'écrivain britannique Vera Brittain, une héroïne nationale de la Première Guerre mondiale (NDLR : en salles le 19 septembre prochain). Et sur le tournage du Septième fils (NDLR : sorti en février dernier), j'ai vu Julianne Moore quitter son mobil-home en jogging, une tasse de café à la main, j'en avais les jambes en coton. Elle s'est vraiment occupée de moi. Non pas en me donnant des conseils, mais en me communiquant un sentiment de paix intérieure. J'ai alors su que j'étais à ma place, que j'étais crédible."Par Linda Asselbergs