Ça sonnait comme une bonne résolution de début d'année : en janvier dernier, 500 personnalités, parmi lesquelles Cécile de France, Juliette Binoche, Isabelle Adjani, Yann Arthus-Bertrand, Stéphane Bern ou Matthieu Ricard, s'engageaient " à titre personnel, à remplacer la viande et le poisson chaque lundi (ou à aller plus loin dans ce sens) ". Dans leur tribune, publiée sur le site du journal Le Monde, les signataires justifiaient leur mobilisation par des arguments de santé, de bien-être animal et environnementaux. C'est que, selon les Nations Unies, l'éleva...

Ça sonnait comme une bonne résolution de début d'année : en janvier dernier, 500 personnalités, parmi lesquelles Cécile de France, Juliette Binoche, Isabelle Adjani, Yann Arthus-Bertrand, Stéphane Bern ou Matthieu Ricard, s'engageaient " à titre personnel, à remplacer la viande et le poisson chaque lundi (ou à aller plus loin dans ce sens) ". Dans leur tribune, publiée sur le site du journal Le Monde, les signataires justifiaient leur mobilisation par des arguments de santé, de bien-être animal et environnementaux. C'est que, selon les Nations Unies, l'élevage destiné à nos assiettes représente à lui seul 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre et constitue une des causes principales de déboisement et de disparition de la biodiversité. 85 % des surfaces mises à nu en forêt amazonienne, notamment, sont dédiées à cette activité. Mais les mois ont passé et, à l'inverse de certaines promesses faites un lendemain de réveillon, les préoccupations de nos contemporains, célèbres ou non, face à la dégradation accélérée de la planète ne s'étiolent pas. Au contraire. L'intérêt croissant, toutes générations confondues, pour la Semaine européenne du développement durable, qui commence le 30 mai prochain, ou la Journée mondiale de l'environnement, le 5 juin, le confirme. Sans oublier, bien sûr, ces jeunes manifestant pour rappeler que " quand c'est fondu, c'est foutu ". Au-delà de la conscientisation citoyenne, et sans doute - au moins en partie - parce que ne pas en tenir compte signifierait louper une opportunité commerciale, les géants du soin et de la cosmétique surfent désormais sur la vague verte, auparavant terrain de jeu des labels de niche. Ainsi, L'Oréal annonçait fin 2018 le lancement, dans les différentes chaînes d'hypermarchés de l'Hexagone, de La Provençale bio. Huile d'olive produite écologiquement en France et packaging recyclable combinés à des prix compétitifs pour une gamme reprenant une quinzaine de références, déo, gel douche ou encore crème anti-âge et lait pour le corps... Le poids lourd du secteur, avec son chiffre d'affaires de près de 26 milliards d'euros, met le paquet pour s'implanter massivement sur ce créneau porteur. Dans la foulée, la deuxième marque du groupe, Garnier, s'est à son tour laissé gagner par la tendance : depuis février, elle propose en grande distribution, et cette fois à l'international, onze occurrences garanties sans conservateurs (y compris les très décriés parabènes), huiles minérales, sels d'aluminium, silicones, colorants ou filtres chimiques. Ici aussi, avec une force de frappe qui a de quoi faire trembler les pionniers et leurs initiatives davantage confidentielles. A eux de persévérer dans l'innovation, en vert et contre tout.