Avec une vigueur semblant parfois dépasser celle de son époux, qui a longtemps limité ses déplacements, cette enseignante de 69 ans a, durant la campagne électorale, multiplié les visites dans les Etats-clés, essentiels à la victoire démocrate le 3 novembre.

Elle appelle alors tous les Américains, "démocrates et républicains, ruraux et urbains", à se rassembler pour dépasser les clivages politiques, battre la pandémie et la crise économique. "Nous ne sommes pas d'accord sur tout, ce n'est pas nécessaire, on peut toujours s'aimer et se respecter", affirme-t-elle dans un discours aux antipodes des diatribes du président sortant Donald Trump.

Elle montre alors aussi une image plus intime de Joe Biden, dont la vie a été frappée par des "tragédies inimaginables".

AFP
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Jill Biden raconte notamment comment l'ancien vice-président de Barack Obama (2009-2017) avait trouvé la force de reprendre ses activités à la Maison Blanche, quelques jours seulement après la mort de son fils Beau, décédé d'un cancer du cerveau en 2015.

"Il a appris à guérir une famille, et de la même façon on guérit un pays: avec amour, compréhension, des petits gestes de gentillesse, du courage et un espoir inébranlable", lance-t-elle durant un meeting, en écho aux crises frappant actuellement les Etats-Unis.

"Elle fera entrer la fonction de Première dame dans le 21e siècle"

Mariée une première fois de 1970 à 1975, Jill Tracy Jacobs reprend ses études aprèss son divorce et retourne à l'université. C'est là, en 1975 qu'elle rencontre pour la première fois Joe Biden. Ils se marieront deux ans plus tard, soit cinq ans après une première tragédie qui frappa Joe, dont la première épouse et leur fillette périrent dans un accident de voiture. Encore petits, ses deux fils survivants, Beau et Hunter, avaient eux-mêmes suggéré à leur père d'épouser Jill, a raconté Joe Biden dans des mémoires, où il avait écrit: "Elle m'a redonné la vie".

Jill Biden en 1988, Getty Images
Jill Biden en 1988 © Getty Images

Première dame du 21e siècle

Jill Biden avait interrompu sa carrière à la naissance de leur fille, Ashley, en 1981, mais avait ensuite repris ses études pour décrocher un doctorat en éducation.

En 2008, lorsque Joe Biden devient vice président d'Obama, Jill Biden devient la Deuxième dame des Etats-Unis, rôle qu'elle occupe durant huit ans. Tout en assumant ce rôle, elle continue d'enseigner à l'université en Virginie du Nord, mais poursuit également son engagement en faveur des enfants défavorisés et des familles de militaires.

Durant la campagne, elle enseignait encore à l'université, près de Washington, où elle veut continuer à travailler sous la présidence de Joe Biden. Sans compter Hillary Clinton, brièvement sénatrice à la fin du mandat de son mari Bill, elle deviendrait ainsi la première Première dame à poursuivre sa carrière professionnelle.

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© belgaimage

Jill Biden transformerait alors "à jamais les attentes et les limites" de la fonction, estime Kate Andersen Brower, auteure d'un livre sur l'histoire des Premières dames américaines.

"Elle fera entrer la fonction de Première dame dans le 21e siècle", ajoute Katherine Jellison, spécialiste de l'histoire américaine à l'université de l'Ohio, soulignant que "la plupart des Américaines doivent concilier vie professionnelle et vie de famille".

Jill Biden et son mari, Joe, Reuters
Jill Biden et son mari, Joe © Reuters

Elle s'est totalement investie dans la campagne de son mari, dès les primaires. Le candidat démocrate avait ainsi pris l'habitude de se présenter comme "le mari de Jill Biden". Malgré sa fine silhouette, la prochaine "First Lady" avait repoussé, sans hésiter, une protestataire qui s'approchait de son époux lors d'un meeting à Los Angeles en mars.

Rare moment d'apaisement dans une campagne abrasive, le sénateur républicain et allié de Donald Trump, Lindsey Graham, a salué en Jill Biden "une personne remarquable" après son discours à la convention démocrate.

Solide aux côtés de son mari, elle a dénoncé les "calomnies" lancées par le camp Trump pour "détourner l'attention" au sujet des accusations récentes de corruption portées contre Joe et Hunter, cadet à problèmes qui a fait des affaires en Chine et en Ukraine lorsque son père était numéro deux de Barack Obama.

Elle est toutefois restée discrète face à l'accusation de viol dans les années 1990 faite par une femme, Tara Reade, que Joe Biden a catégoriquement nié. Le président-élu s'est aussi vu reprocher d'avoir un rapport trop tactile avec des femmes, qui se sont plaintes de gestes trop envahissants. Jill Biden affirme ne voir qu'un comportement innocent de son mari, qui a admis avoir "appris" des déclarations de ces femmes jugeant leur espace intime envahi.

Avec une vigueur semblant parfois dépasser celle de son époux, qui a longtemps limité ses déplacements, cette enseignante de 69 ans a, durant la campagne électorale, multiplié les visites dans les Etats-clés, essentiels à la victoire démocrate le 3 novembre. Elle appelle alors tous les Américains, "démocrates et républicains, ruraux et urbains", à se rassembler pour dépasser les clivages politiques, battre la pandémie et la crise économique. "Nous ne sommes pas d'accord sur tout, ce n'est pas nécessaire, on peut toujours s'aimer et se respecter", affirme-t-elle dans un discours aux antipodes des diatribes du président sortant Donald Trump.Elle montre alors aussi une image plus intime de Joe Biden, dont la vie a été frappée par des "tragédies inimaginables".Jill Biden raconte notamment comment l'ancien vice-président de Barack Obama (2009-2017) avait trouvé la force de reprendre ses activités à la Maison Blanche, quelques jours seulement après la mort de son fils Beau, décédé d'un cancer du cerveau en 2015. "Il a appris à guérir une famille, et de la même façon on guérit un pays: avec amour, compréhension, des petits gestes de gentillesse, du courage et un espoir inébranlable", lance-t-elle durant un meeting, en écho aux crises frappant actuellement les Etats-Unis.Mariée une première fois de 1970 à 1975, Jill Tracy Jacobs reprend ses études aprèss son divorce et retourne à l'université. C'est là, en 1975 qu'elle rencontre pour la première fois Joe Biden. Ils se marieront deux ans plus tard, soit cinq ans après une première tragédie qui frappa Joe, dont la première épouse et leur fillette périrent dans un accident de voiture. Encore petits, ses deux fils survivants, Beau et Hunter, avaient eux-mêmes suggéré à leur père d'épouser Jill, a raconté Joe Biden dans des mémoires, où il avait écrit: "Elle m'a redonné la vie".Jill Biden avait interrompu sa carrière à la naissance de leur fille, Ashley, en 1981, mais avait ensuite repris ses études pour décrocher un doctorat en éducation. En 2008, lorsque Joe Biden devient vice président d'Obama, Jill Biden devient la Deuxième dame des Etats-Unis, rôle qu'elle occupe durant huit ans. Tout en assumant ce rôle, elle continue d'enseigner à l'université en Virginie du Nord, mais poursuit également son engagement en faveur des enfants défavorisés et des familles de militaires. Durant la campagne, elle enseignait encore à l'université, près de Washington, où elle veut continuer à travailler sous la présidence de Joe Biden. Sans compter Hillary Clinton, brièvement sénatrice à la fin du mandat de son mari Bill, elle deviendrait ainsi la première Première dame à poursuivre sa carrière professionnelle.Jill Biden transformerait alors "à jamais les attentes et les limites" de la fonction, estime Kate Andersen Brower, auteure d'un livre sur l'histoire des Premières dames américaines."Elle fera entrer la fonction de Première dame dans le 21e siècle", ajoute Katherine Jellison, spécialiste de l'histoire américaine à l'université de l'Ohio, soulignant que "la plupart des Américaines doivent concilier vie professionnelle et vie de famille".Elle s'est totalement investie dans la campagne de son mari, dès les primaires. Le candidat démocrate avait ainsi pris l'habitude de se présenter comme "le mari de Jill Biden". Malgré sa fine silhouette, la prochaine "First Lady" avait repoussé, sans hésiter, une protestataire qui s'approchait de son époux lors d'un meeting à Los Angeles en mars.Rare moment d'apaisement dans une campagne abrasive, le sénateur républicain et allié de Donald Trump, Lindsey Graham, a salué en Jill Biden "une personne remarquable" après son discours à la convention démocrate.Solide aux côtés de son mari, elle a dénoncé les "calomnies" lancées par le camp Trump pour "détourner l'attention" au sujet des accusations récentes de corruption portées contre Joe et Hunter, cadet à problèmes qui a fait des affaires en Chine et en Ukraine lorsque son père était numéro deux de Barack Obama. Elle est toutefois restée discrète face à l'accusation de viol dans les années 1990 faite par une femme, Tara Reade, que Joe Biden a catégoriquement nié. Le président-élu s'est aussi vu reprocher d'avoir un rapport trop tactile avec des femmes, qui se sont plaintes de gestes trop envahissants. Jill Biden affirme ne voir qu'un comportement innocent de son mari, qui a admis avoir "appris" des déclarations de ces femmes jugeant leur espace intime envahi.