Dynamique

Petit, Romain Duris était turbulent. Il ne tient d'ailleurs toujours pas en place. L'acteur "très physique" veut préserver l'enfant en lui, à travers ses rôles et ses dessins. Sa mère, coloriste, et son père, ingénieur architecte, l'ont encouragé à dessiner. "A 14 ans, j'avais besoin de comprendre qui j'étais." Il aime le cinéma et la musique, mais, confie-t-il, il voulait recréer son univers. "Exister. Fuir la normalité."

Dessin

L'art est son échappatoire. De là à devenir un métier... Le Français s'inscrit à l'école Duperré, section textile. "J'apprécie la mode, mais ce n'était pas mon monde." Repéré par le cinéma, il y fait ses premiers pas tout en imaginant des livres pour enfants. Son modèle, Alain Le Saux, le prend sous son aile. "Drôle, poétique et jamais consensuel, il m'a appris à canaliser mon énergie." L'envie de dessiner le poursuit. Elle trouve son apogée dans un beau recueil.

Liberté

"Quand je dessine, je suis vraiment moi. Quelle liberté !" Ses carnets de croquis font désormais place à un atelier. Décomplexés, ses tableaux respirent la gaieté. On y fait l'amour en mer ou dans les étoiles, sur fond de feu d'artifice coloré. "L'humour dédramatise tout. J'aime le rouge pêchu qui se retrouve dans les bouches ou les langues en mouvement. Les coloris sont la vie."

Belgique

Romain Duris avoue qu'il a failli s'inscrire à La Cambre, à Bruxelles. "Une ville que j'adore pour ses brocantes. J'aime les Belges car ils n'ont pas perdu leur curiosité, leur générosité, leur humour et leur humanité." Alors qu'il sort du tournage de Ridley Scott, il va travailler avec notre compatriote, Guillaume Senez. L'histoire d'un père en solo, qui bosse à l'usine. "Etre acteur est épanouissant, mais le dessin me remplit d'autre chose. Il m'appartient, tant j'y suis pleinement moi-même."

Corps

© SDP

Dans les dessins de l'acteur, les corps se lèchent et s'imbriquent avec gourmandise. "On croit que je suis un obsédé sexuel (rires), alors que je ne dévoile aucun fantasme. J'aime l'aspect décalé des figures masculines, prises en dérision par leurs désirs. Ne nous rendent-ils pas maladroits ?" Une nudité nous renvoyant à l'universalité.

Pulp, par Romain Duris, Textuel, 168 pages.