Dans un nouvel essai qui s'intéresse entre autres à l'influence sociétale de ce que l'on appelle les " films de potes ", le journaliste Thomas Messias s'interroge sur la place laissée aux femmes dans ces productions culturelles enkystées de clichés machistes.

D'un côté, il y a les " pièces rapportées ", soit les compagnes des mecs de la bande à qui revient le rôle littéral de passe-plats ou d'emmerdeuses de service.

Puis de l'autre, il y a la Schtroumpfette, la seule fille du cercle d'origine, si fière de ce statut qu'elle pense égalitaire alors que pour mériter cette place on lui demande souvent d'intégrer les codes du sexisme qui régissent en douce la dynamique de meute. Alibis parfaits face à toute accusation de misogynie, ces mascottes n'ont souvent d'autre choix que de se faire draguer et/ou de finir en couple avec l'un des membres du clan.

Pour beaucoup d'hommes, privilégier des relations amicales avec des femmes est le signe d'une homosexualité plus ou moins assumée - à moins que ce ne soit l'amitié des femmes qui rende gay

Une manière pour les réalisateurs d'affirmer - même en 2019, année de sortie de la suite des Petits Mouchoirs - que l'amitié homme-femme, la " vraie ", n'existe pas. Et d'entériner, de facto, le principe de non-mixité qui s'installe dès la cour de récré et persiste jusque dans les conseils d'administration.

La réciproque, soit un Schtroumpf Solo au milieu des filles, est tout aussi rare, à l'écran comme dans la vraie vie. " Pour beaucoup d'hommes, privilégier des relations amicales avec des femmes est le signe d'une homosexualité plus ou moins assumée - à moins que ce ne soit l'amitié des femmes qui rende gay, déplore le podcasteur français. Des confusions qui sont aussi nombreuses que nuisibles. Car la réalité nourrit les représentations fictionnelles, qui nourrissent elles-mêmes la réalité. " Le cercle pourrait devenir vertueux. A condition qu'un certain cinéma, patriarcal jusqu'à la moelle, quitte enfin le village des Schtroumpfs...

Dans un nouvel essai qui s'intéresse entre autres à l'influence sociétale de ce que l'on appelle les " films de potes ", le journaliste Thomas Messias s'interroge sur la place laissée aux femmes dans ces productions culturelles enkystées de clichés machistes. D'un côté, il y a les " pièces rapportées ", soit les compagnes des mecs de la bande à qui revient le rôle littéral de passe-plats ou d'emmerdeuses de service. Puis de l'autre, il y a la Schtroumpfette, la seule fille du cercle d'origine, si fière de ce statut qu'elle pense égalitaire alors que pour mériter cette place on lui demande souvent d'intégrer les codes du sexisme qui régissent en douce la dynamique de meute. Alibis parfaits face à toute accusation de misogynie, ces mascottes n'ont souvent d'autre choix que de se faire draguer et/ou de finir en couple avec l'un des membres du clan. Une manière pour les réalisateurs d'affirmer - même en 2019, année de sortie de la suite des Petits Mouchoirs - que l'amitié homme-femme, la " vraie ", n'existe pas. Et d'entériner, de facto, le principe de non-mixité qui s'installe dès la cour de récré et persiste jusque dans les conseils d'administration. La réciproque, soit un Schtroumpf Solo au milieu des filles, est tout aussi rare, à l'écran comme dans la vraie vie. " Pour beaucoup d'hommes, privilégier des relations amicales avec des femmes est le signe d'une homosexualité plus ou moins assumée - à moins que ce ne soit l'amitié des femmes qui rende gay, déplore le podcasteur français. Des confusions qui sont aussi nombreuses que nuisibles. Car la réalité nourrit les représentations fictionnelles, qui nourrissent elles-mêmes la réalité. " Le cercle pourrait devenir vertueux. A condition qu'un certain cinéma, patriarcal jusqu'à la moelle, quitte enfin le village des Schtroumpfs...