L'art. Quelle signification lui donnez-vous ?
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L'art. Quelle signification lui donnez-vous ?Selon moi, l'art est le reflet de l'histoire et de la culture de l'époque dans laquelle nous vivons, aussi bien d'un point de vue esthétique que personnel. J'aime tout particulièrement le portrait, il définit les personnes et les artistes venus d'horizons différents.La représentation des femmes dans l'art est une cause qui vous tient vraiment à coeur. Pourquoi ?Je suis féministe et quelqu'un qui croit en l'égalité. Je ne comprendrais pas qu'on ne puisse pas y croire. C'est triste de voir que les femmes, en particulier de couleur, aient moins de visibilité que les hommes. C'était pour moi normal de remettre les femmes dans le contexte. Elles font aussi parties des grands noms de l'histoire de l'art.Pensez-vous que les mentalités dans le secteur de l'art vont changer ?Je suis pour une société égalitaire ! Je pense vraiment que la société est en train de changer, notamment pour les femmes. D'ailleurs c'est très enthousiasmant. Je découvre un monde qui devient plus fort, plus créatif et une société qui se diversifie. Donc oui, je pense que les choses vont changer.Y-a-t-il une femme en particulier qui vous inspire ?Kimberly Drew alias @MuseumMammy. Elle est conservatrice d'art et gère les réseaux sociaux du Met et du blog Black Contemporary Art. Ce que j'admire par-dessus tout chez elle, c'est sa façon de prendre des risques, sa façon de gérer le succès malgré son jeune âge. Selon moi, elle incarne vraiment l'art et la culture d'aujourd'hui. Et puis, elle est vraiment cool ! Parlez-nous de votre compte Instagram. Comment vous est venue l'idée ?Londres est incroyable pour sa richesse artistique. Depuis que je suis toute petite, je suis dans le milieu de l'art, mes amis, ma famille sont de très grands amateurs. Mais, mon projet est né en 2015. Je me suis rendue à une exposition d'art et j'ai constaté qu'aucune femme n'était représentée, ce qui n'était absolument pas normal. Alors, je me suis tournée vers les réseaux sociaux pour diffuser une vision différente de l'histoire de l'art.Pourquoi Instagram ?En règle général, les réseaux sociaux sont des mediums accessibles et digestes. Ils permettent facilement d'acquérir des connaissances. L'histoire de l'art a souvent été considérée comme un sujet élitiste et universitaire. Je crois que l'art devrait être pour tous, quel que soit le niveau de connaissance. Instagram est parfait pour cela car c'est une plate-forme visuelle.Comment faites-vous pour trouver une femme-artiste chaque jour ?Déjà, mon travail me permet de rencontrer de nombreux artistes lors d'expositions ou de conférences. Ensuite, des personnes très réactives à mon projet m'envoient régulièrement des recommandations. Ma routine matinale me permet aussi d'élargir mes contacts puisque je prends mon petit-déjeuner avec des artistes, des conservateurs ou des écrivains avant de me rendre sur mon lieu de travail, la galerie Mirò, à Londres. Au-delà de ça, je voyage autant que possible, c'est du travail à temps plein, je suis constamment à la recherche de nouvelles idées. J'essaie vraiment que mon flux soit diversifié pour le rendre inclusif. Et ces femmes, sont-elles reconnaissantes de la visibilité que vous leur offrez ?J'espère ! Dans tous les cas, je n'ai reçu que des commentaires positifs.Au-delà du compte Instagram, quels sont vos autres moyens d'action ?J'écris. J'ai notamment écrit pour les magazines iD, Dazed et pour le site web Artsy. J'ai aussi dirigé des conférences sur le sujet. En novembre 2017, j'ai organisé ma première exposition, The Great Women Artists, où j'ai exposé une sélection d'oeuvres de filles qui utilisent Instagram comme plate-forme pour leur carrière artistique. Et, j'ai également repris, depuis mars 2018, le compte Instagram du Tate (l'organisation qui regroupe des musées britanniques) pour célébrer le mois international de la femme. D'autres projets sont prévus ?Oui ! Je co-organise un spectacle le 4 octobre. C'est un concept particulier, il s'agira d'un débat entre des artistes féminines historiques et contemporaines à la galerie TJ Boulting à Londres. Je présenterai Alice Neel, Barbara Hepworth et Lee Miller aux côtés de nombreux autres créateurs londoniens.Je compte également travailler avec la résidence Palazzo Monti, en Italie, où je vais présenter trois artistes, Kate Dunn, Antonia Showering et Flora Yukhnovich. L'exposition se passera courant semptembre et durera six semaines. Le rendu visuel de ces oeuvres au sein de l'ancien palais sera incroyable !Margaux Parthonnaud