Ses habitants pointent en effet volontiers sa grisaille, ses embouteillages, ses chantiers interminables, ses tracasseries administratives et autres situations surréalistes découlant de ce " mille-feuille " où se superposent décisions fédérales, régionales ou communales.
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Ses habitants pointent en effet volontiers sa grisaille, ses embouteillages, ses chantiers interminables, ses tracasseries administratives et autres situations surréalistes découlant de ce " mille-feuille " où se superposent décisions fédérales, régionales ou communales. Autant de raisons pour lesquelles les plus désabusés d'entre eux n'hésitent pas à lui reprocher son manque d'envergure et, du coup, à contester son statut de capitale de cinq cents millions d'Européens. Ceux qui y viennent en citytrip, en voyage d'affaires ou en ont fait leur cité d'adoption - 30 % de sa population, quand même - s'accordent par contre sur ses charmes et mettent particulièrement en avant sa gastronomie, sa créativité en matière d'art, de mode ou de design, ses dimensions humaines, ses nombreux espaces verts, son cosmopolitisme et la sympathie de ses résidents. Sans oublier, cela va de soi, ses richesses patrimoniales, de la Grand-Place et ses ruelles moyenâgeuses restées dans leur jus aux Arts nouveau et déco en passant par quelques fleurons du modernisme. Dont l'Atomium, attraction la plus visitée avec 573 402 d'entrées l'année dernière, à l'occasion de son soixantième anniversaire - un jubilé concomitant aux 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme et aux 80 du journal Spirou, justifiant l'expo thématique inaugurée en ses murs ce 8 avril et à voir jusqu'au 4 novembre prochain. Et si notre OVNI architectural a vu son taux de fréquentation fléchir après les attentats, il pourrait bientôt battre des records : l'ASBL Visit.Brussels évoque un bilan de 8,5 millions de nuitées en hôtel ou en hébergement touristique en 2018, soit 8,7 % de mieux qu'au cours des douze mois précédents. Un secteur largement boosté par le marché asiatique, avec + 28 % de Japonais, + 21 % d'Indiens et + 15 % de Chinois. Mais les ressortissants de contrées moins exotiques ne boudent pas davantage leur plaisir dès qu'il s'agit d'arpenter les quartiers si diversifiés de l'agglomération. Ainsi, à une semaine de la sortie de son album, Jay-Jay Johanson, dandy modeux et crooner inspiré, nous révèle ses adresses favorites dans ce Bruxelles qu'il connaît depuis vingt ans et dont il souligne " l'atmosphère conviviale et bienveillante ". " Cela m'a marqué ", ajoute le Suédois, qui " garde l'impression qu'il existe ici une énorme solidarité ". Peut-être les natifs du cru devraient-ils s'en rappeler avant de fustiger cette ville qui recèle décidément bien des trésors, à côté desquels ils passent souvent sans les voir ?