En Savoie et Haute-Savoie tout particulièrement, puisque ces départements qui concentrent les sommets les plus connus et les stations les plus courues par les Belges en accueillent plus de 140, tous types de spectacles confondus. En soi, direz-vous, rien là d'extraordinaire... Après tout, l'été, le plat pays n'est pas avare en ce type d'événements non plus. Mais là où les nôtres accueillent des milliers de festivaliers sur de mornes plaines ou le pavé glissant des centres urbains, la montagne possède un atout indiscutable : ses somptueux décors. Naturels dans les alpages, patrimoniaux dans les villes et les villages. Imaginez la virtuosité d'un François-René Duchâble s'exprimant sur un piano à queue planté au bord d'un lac à 2 000 mètres d'altitude, après y avoir été déposé par hélicoptère ? Le saxo aérien d'un Sylvain Rifflet dont les notes virevoltent au-dessus d'un glacier ? Le rock cristallin d'un John McLaughlin qui résonne entre les murs d'un château millénaire ? Comme le résume très bien André Manoukian, musicien, homme de télé et organisateur, entre autres, du CosmoJazz Festival de Chamonix, " en montagne, le décor change toutes les dix minutes. Et la nature offre une caisse de résonance à la mesure du talent des musiciens venus la célébrer ". Musique, maestro.
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En Savoie et Haute-Savoie tout particulièrement, puisque ces départements qui concentrent les sommets les plus connus et les stations les plus courues par les Belges en accueillent plus de 140, tous types de spectacles confondus. En soi, direz-vous, rien là d'extraordinaire... Après tout, l'été, le plat pays n'est pas avare en ce type d'événements non plus. Mais là où les nôtres accueillent des milliers de festivaliers sur de mornes plaines ou le pavé glissant des centres urbains, la montagne possède un atout indiscutable : ses somptueux décors. Naturels dans les alpages, patrimoniaux dans les villes et les villages. Imaginez la virtuosité d'un François-René Duchâble s'exprimant sur un piano à queue planté au bord d'un lac à 2 000 mètres d'altitude, après y avoir été déposé par hélicoptère ? Le saxo aérien d'un Sylvain Rifflet dont les notes virevoltent au-dessus d'un glacier ? Le rock cristallin d'un John McLaughlin qui résonne entre les murs d'un château millénaire ? Comme le résume très bien André Manoukian, musicien, homme de télé et organisateur, entre autres, du CosmoJazz Festival de Chamonix, " en montagne, le décor change toutes les dix minutes. Et la nature offre une caisse de résonance à la mesure du talent des musiciens venus la célébrer ". Musique, maestro. Il fallait l'enthousiasme communicatif et la force de conviction d'André Manoukian, amoureux de longue date de la vallée de Chamonix, pour parvenir à organiser un festival " pour célébrer le jazz " en plein air et en pleine montagne, dans des lieux aussi magiques que difficiles d'accès. Face au Mont-Blanc, au pied du glacier d'Argentière - dont des morceaux gigantesques se détachent durant le show face aux spectateurs ébahis... - , au coeur de la forêt, au sommet (ou presque) du Brévent, d'où s'élançaient encore l'an dernier des " wingsuiters " complètement déjantés (c'est désormais interdit). " La plus belle salle de concert dans la plus belle vallée du monde ", vantent ses promoteurs. Née en 2010, cette manifestation se distingue par l'organisation, en journée, de concerts gratuits en altitude, dans des écrins naturels de toute beauté que l'on atteint parfois au terme d'une solide randonnée, passé le sommet de la télécabine. Des solutions de repli sont prévues en cas de mauvais temps mais le plus souvent, les notes bleues résonnent dans les décors choisis pour les sublimer. " L'idée consiste à partager avec des contemplateurs de tous horizons une aventure humaine extraordinaire, à la découverte de paysages incroyables, de travellings vertigineux, de sons cosmiques, tout cela dans une atmosphère conviviale ", résume le maître de cérémonie. Conviviale, le mot est faible quand on se retrouve assis à plusieurs centaines sur des fauteuils de roches et des matelas de fleurs, au beau milieu de nulle part, pour communier au rythme des accords de jazz, de blues, de soul ou de reggae. Le line up rassemble volontairement des musiciens de tous horizons, connus ou non, qui se partagent l'affiche entre les concerts dans les alpages, les live au coeur de Chamonix, les jam sessions et autres boeufs improvisés dans les bars. " Ici, chacun tricote une dialectique musicale particulière et produit une pensée sonore originale en la frottant à celle des autres ", conclut André Manoukian. Plus de 300 000 spectateurs recensés depuis les débuts, pari tenu : celui de " populariser l'accès à la culture tout en valorisant le patrimoine naturel par les arts de la scène ". On en profite pour... Grimper à l'Aiguille du Midi (3 842 m) avec le téléphérique le plus vertical du monde - 1,5 km de dénivelé entre deux pylônes - pour le panorama le plus spectaculaire des Alpes, entre le Mont-Blanc, la Vallée Blanche et celle de Chamonix. Redescendre ensuite sur le plan de l'Aiguille pour randonner sur le Grand Balcon, qui conduit à la mythique Mer de Glace, le glacier géant qui fond presque à vue d'oeil, d'année en année. Poursuivre enfin avec le train à crémaillère du Montenvers, non sans avoir admiré au passage (mais de loin) le refuge Albert ier, dédié à notre roi féru d'alpinisme et grand amoureux, jadis, de cette région unique. Et pour loger... A la Pointe Isabelle, pour sa situation centrale, son ambiance jeune, cosmopolite et décontractée, son bar et sa cuisine bistronomique de qualité. http://pointeisabelle.comLa cour d'honneur renvoie les accords jazz-rock du guitariste britannique John McLaughlin, connu pour avoir joué avec Jimi Hendrix, David Bowie ou les Stones. Le public est assis mais conquis. C'est la rencontre anachronique de deux monuments, l'un parfaitement contemporain, l'autre carrément médiéval : les premières pierres du château des Ducs de Savoie, qui domine l'ancienne capitale Chambéry, ont été posées au xie siècle. La scène fait face au bâtiment principal, le corps du château proprement dit. Derrière elle, illuminée au rythme du concert par le jeu des spots multicolores, l'imposante chapelle fut jadis l'écrin du saint suaire. Cela explique peut-être l'atmosphère recueillie, malgré les sons proposés : ce festival possède quelque chose de sacré. Car c'est précisément pour mettre en valeur ce fleuron du patrimoine culturel savoyard que le département a lancé, voici quinze ans, les Estivales en Savoie, qui prennent place chaque été dans son enceinte. " La première année, nous lui avons consacré un week-end à l'occasion des fêtes de la musique, évoque Philippe Veyrinas, initiateur de ce festival des arts de la scène. Puis il s'est largement développé en investissant différents lieux avec le souci de la gratuité, pour rendre la culture accessible à tous. En 2010, nous avons eu près de 50 000 spectateurs. " Années de crise et restrictions budgétaires obligent, il a fallu réduire les ambitions. Depuis 2012, les Estivales ont retrouvé la cour du château et réduit le nombre de dates. Mais elles séduisent encore plus de 20 000 personnes avec une programmation très éclectique - jazz, rock, groove, musiques du monde... " L'idée est d'alterner les grands noms avec les talents savoyards, poursuit Philippe Veyrinas. Avec la gratuité, cela nous permet d'attirer un public qui mélange les initiés et les curieux. " Le tout face à des paysages majestueux. On en profite pour... Visiter Chambéry. Entre lacs et montagnes, la " porte des Alpes " fut pendant plusieurs siècles capitale des Etats de Savoie (duché, puis comté) avant de revenir à la France, en 1860. Elle en a gardé un style unique, façonné par l'influence piémontaise, qui lui vaut aujourd'hui le titre envié de Ville d'Art et d'Histoire. Il faut s'y promener lentement, pousser les portes de ses somptueux hôtels particuliers magnifiquement restaurés, admirer les nombreux trompe-l'oeil et ferronneries qui en ornent les façades, emprunter les " allées ", ce lacis de passages voûtés qui forment un véritable dédale au coeur de la vieille ville. Où l'on se perd avec ravissement. Et pour loger... Au Château de Candie, qui date du xive siècle et domine Chambéry au coeur d'un parc planté de vignes, dont on pourra goûter la production au bar de l'hôtel. Chaque chambre est joliment décorée de mobilier d'époque, pour un retour éphémère aux temps des Ducs de Savoie. www.chateaudecandie.comDe la ville à la montagne, il n'y a qu'à suivre les routes en lacets qui grimpent à l'assaut des sommets surplombant des paysages magnifiés par les couleurs de l'été. Celle que nous empruntons gravit les coteaux de la vallée de la Maurienne, voisine de la Tarentaise, pour aboutir au territoire de la commune de Montsapey. La route s'achève sur un cul-de-sac à près de 1 800 mètres d'altitude, au lieu-dit Tioulévé. Là démarrent certains des plus beaux chemins de randonnée de la région, à travers un paysage totalement préservé dont les sommets culminent à 2 500 mètres. C'est au coeur de cette nature sauvage que s'invite la musique classique, sur les rives du lac Noir. Quitte à hélitreuiller un piano à queue à 2 000 mètres, comme ce fut le cas pour le virtuose François-René Duchâble. Mais l'essentiel du festival des Arts Jaillissants, qui fête son 25e anniversaire, se déroule au coeur du village et notamment dans la troublante église Saint-Barthélemy, l'un des plus beaux trésors néoclassiques de la Maurienne, classé monument historique, et inscrit sur les Chemins du baroque traversant la région. C'est aussi pour lui redonner vie que deux frères jumeaux originaires du cru, historiens de formation mais mélomanes dans l'âme, ont initié en 1993, dans ce village typique, un festival consacré à la musique classique, avec une prédilection pour le baroque. " Mais pas seulement ", précisent Bernard et Jean-Marc Villermet, qui l'ont baptisé Les Arts Jaillissants " pour souligner cette idée de renaissance qui nous tient tant à coeur ".Têtes d'affiche et jeunes artistes prometteurs animent plus de 150 concerts. A côté de cela ? Expos, randos, visites guidées dans les vignobles ou shows en pleine nature attirent des milliers de personnes dans ce petit village qui a repris une place enviable sur les cartes de la région. On en profite pour...Parcourir les Chemins du baroque dans la vallée de la Maurienne, parsemée d'églises, de chapelles et d'oratoires aux décors imprégnés par cet art ostentatoire qui a marqué toute la Savoie aux xviie et xviiie siècles. La Fondation Facim organise notamment des visites guidées dans les villages environnants au départ de Saint-Jean-de-Maurienne. Où l'on ne manquera pas, au passage, de se rendre à une autre curiosité locale : le musée Opinel, conçu pour célébrer l'histoire mouvementée de ce couteau de poche universel dont l'inventeur fut un enfant du pays. http://fondation-facim.frEt pour loger... Au Clocher des Pères, qui domine la vallée sur la célèbre route du col de la Madeleine. C'est dans une ancienne maison forte du xve siècle que Pierre Troccaz et son épouse ont installé quelques ravissantes chambres d'hôtes et proposent une cuisine fine et créative, saluée par une étoile Michelin. www.chambres-d-hote-maurienne-le-clocher-des-peres.fr