La rue Crémieux à Paris : un décor évoquant Portobello Road, Burano, voire, pour les plus extatiques, Bahia ou Valparaiso, planqué entre Bastille et Gare de Lyon, avouez que c'est vachement pratique. A un dét...

La rue Crémieux à Paris : un décor évoquant Portobello Road, Burano, voire, pour les plus extatiques, Bahia ou Valparaiso, planqué entre Bastille et Gare de Lyon, avouez que c'est vachement pratique. A un détail près : selfies par milliers, clips de raps, yoga acrobatique et chorés rappelant les heures les plus sombres de la mode des flashmobs, rien n'est épargné aux riverains. A bout, ceux-ci demandent à la mairie de prendre des mesures pour préserver leur tranquillité, sacrifiée sur l'autel de la coolitude milléniale - et il est question d'opposer aux badauds barrières physiques et laissez-passer. A l'ancienne, quoi. Mais, quitte à recycler de vieilles recettes, on s'étonne que personne n'ait proposé de désengorger la rue en propageant cette si photogénique hémorragie chromatique aux autres artères du quartier des Quinze-Vingts. Evidemment, reproduire l'accident initial lui ôterait en partie sa singularité, mais on ose espérer que les habitants des environs seront ravis. Tant pis pour Instagram, tant mieux pour la vraie vie.