PIQUE-NIQUER DANS PHOENIX PARK

Habité par des familles de daims en liberté, ce havre de quiétude situé au nord-ouest de la ville est considéré comme le plus grand parc urbain d'Europe : à titre comparatif, il est deux fois plus vaste que Central Park ! En son sein, se trouve notamment la résidence du président irlandais, mais aussi le zoo de Dublin où, paraît-il, le fameux lion de l'entreprise cinématographique MGM aurait grandi.
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Habité par des familles de daims en liberté, ce havre de quiétude situé au nord-ouest de la ville est considéré comme le plus grand parc urbain d'Europe : à titre comparatif, il est deux fois plus vaste que Central Park ! En son sein, se trouve notamment la résidence du président irlandais, mais aussi le zoo de Dublin où, paraît-il, le fameux lion de l'entreprise cinématographique MGM aurait grandi. Dublin serait un peu moins Dublin sans sa Guinness, bière noire au chapeau blanc qui exige des gestes experts de la part des barmans qui la servent. Pour prouver sa fierté d'avoir fait naître le breuvage alcoolisé le plus consommé du pays - environ 1 million de pintes par jour ! -, la capitale irish a décidé de transformer la brasserie originale de St James's Street en musée gigantesque. Résultat : cinq étages qui retracent la longue mise en orbite de la Guinness, depuis sa création en 1759 jusqu'à son statut de stout mondialement réputé, en passant par ses campagnes de pub délirantes, ses procédés de fabrication sans cesse affûtés ou encore ses cuvées spéciales - dont la " special export " imaginée par le brasseur John Martin en 1944 afin de séduire... la Belgique. A ne pas manquer au sommet de cette promenade épatante : le Gravity Bar, où la dégustation est offerte par la maison au même titre que la vue panoramique sur Dublin. Enjambant la rivière Liffey qui coupe la ville en deux, les ponts sont innombrables et, bien entendu, ils possèdent tous une histoire. Ici, le Samuel Beckett en forme de harpe, imaginé par l'architecte espagnol Calatrava. Là, le Millennium bâti à l'aube de l'an 2000. Là-bas, le Grattan, premier et plus vieux pont de Dublin. Mais le plus célèbre reste le Ha'Penny - comme " half penny " -, qui doit son nom au fait que, jusqu'en 1919, il fallait s'acquitter d'un demi-penny pour l'emprunter. La prison où ont fini leurs jours des dizaines de membres de l'IRA et les opposants au(x) pouvoir(s) les plus révoltés d'Irlande. A noter : plusieurs scènes du bouleversant Au nom du père ont été tournées entre ses murs suintants. Du lundi au jeudi, généralement entre 18 et 19 heures, la plupart des restaurants dublinois proposent des formules " early bird ". Soit des menus à prix cassés qui permettent de manger tôt, bien et pas cher. Une tradition tellement ancrée que, depuis quelques années, elle a également été adoptée par les enseignes réputées. Même si c'est à Londres qu'il a décroché la gloire et à Paris qu'il est mort et enterré, l'auteur du Portrait de Dorian Gray est bien né à Dublin. Planquée du côté du très beau quartier géorgien de Merrion Square, juste en face de sa maison d'enfance, la statue du dandy bourgeois au verbe aussi scandaleux qu'orgueilleux attire des curieux de toutes générations. Devant lui, son épouse Constance, enceinte, ainsi que quelques citations ayant fait la renommée de Wilde. Restos, pubs ou galeries d'artisans garnissent ce quartier incontournable de Dublin qui s'étend sur quelques pâtés de maisons. Les touristes s'y pressent, humant l'atmosphère à la fois culturelle et festive qui s'en dégage de bout en bout, puis s'arrêtant face aux fresques murales de Bedford Lane et Adair Lane. Pour la photo, direction... The Temple Bar, dont la façade rouge en coin cache une carte remplie de dizaines de whiskys dédiés aux connaisseurs. Et, oui, on y croise aussi quelques vrais Irlandais, parfois. L'église du XIIe siècle où le plus célèbre et le plus fêté des saints irlandais a décidé de se convertir à la loi catholique. Cela dit, la Christ Church est encore plus belle... Il y a tout juste un sciècle, les " Pâques sanglantes " enflammaient Dublin, faisant plus de 400 morts. Une insurrection menée par des groupuscules nationalistes irlandais afin de faire fuir - en vain - les Britanniques. Aujourd'hui, le 1916 Freedom Tour propose une escapade d'environ une heure, en véhicule militaire, parmi les lieux clés de cette violente révolte manquée. Une exploration passionnante de l'histoire dublinoise, qui n'a rien d'un piège à touristes. Né à Clontarf, dans une vaste demeure du nord de Dublin, Bram Stoker fut élève au Trinity College - où, pour l'anecdote, il était aussi un brillant champion... d'athlétisme. C'est en 1897, à l'âge de 50 ans, qu'il publie son frissonnant Dracula. S'il n'a jamais mis les pieds en Transylvanie, il se serait notamment inspiré de Dublin's Castle pour imaginer le repaire du célèbre comte. Pour suivre ses traces, plusieurs possibilités : le Bram's café (4, St Aidan's Park Road), l'église St Ann où se trouve un buste de l'auteur ou encore le Bram Stoker Festival, sorte de Halloween version dublinoise, avec spectacles de rue, concerts ou projections de films d'horreur à la pelle, tandis que les rues sont envahies de vampires. On y est presque : cette année, l'événement a lieu du 28 au 31 octobre. Soyez sur les dents ! A l'origine, une rengaine écrite en 1880, dans laquelle une certaine Molly Malone, poissonnière jeune et aguichante, vend ses mets en déambulant dans Dublin, avant de mourir d'une fièvre atroce. A l'arrivée, une chanson devenue l'hymne national de la ville, et une demoiselle en décolleté d'époque transformée en statue sur Grafton Street... Dans l'histoire, les docks ont successivement servi d'abri aux lépreux et aux pauvres, à l'exécution publique des criminels, puis aux entreprises gazières. Une époque bel et bien révolue : depuis plusieurs années, à coups de centaines de millions d'euros, la partie Est de Dublin est en train de devenir le quartier préféré des projets qui en jettent. Y ont notamment poussé : The Convention Centre Dublin (avec son atrium de verre visible de très loin), le magnifique Grand Canal Theatre et ses 2 000 sièges, ou encore The O2, la plus grande salle de concert du pays, inaugurée en 2008 par le groupe irlandais le plus célèbre au monde, U2. A la fois quartier d'affaires et lieu de balade aux contours éclectiques, ces " docklands " figurent clairement sur la liste des rénovations les plus passionnantes du continent. Qui, à la nuit tombée, s'illuminent de teintes presque trop scintillantes que pour être dublinoises... N'importe lequel : chauffeur de bus, épicier, musicien de rue, étudiant en pause sandwich sur un banc ou réceptionniste d'hôtel. On vous promet que la légendaire sympathie irlandaise est bien réelle ! La plus ancienne bibliothèque de la ville, au coeur du Trinity College, ne se contente pas de posséder en son sein la plus vieille harpe d'Irlande et l'un des livres les plus précieux d'Europe - The Book of Kells, rédigé par des moines locaux au VIIIe siècle. Elle enivre aussi par son atmosphère rustique, médiévale et boisée, qui plonge les yeux et les pas dans un véritable décor de film... ... En mangeant un fish and chips, cela va sans dire ! Les possibilités sont innombrables, mais voici quelques enseignes testées et approuvées : Brazen Head (ancien relais postal converti en pub... en 1198 !) ; The Church, bâti dans une vieille église où Arthur Guinness himself célébra ses noces ; The Black Sheep, où l'on sert des bières précieuses et où les joueurs de Scrabble essayent de garder la tête froide ; The Bernard Shaw, qui doit son nom au dramaturge né à Dublin, et dont la façade résume parfaitement l'atmosphère joyeusement déglinguée qui y règne ; ou encore O'Donoghue's, fief du groupe local The Dubliners, qui s'est rencontré là avant de devenir un band folk ultrapopulaire. Pour découvrir les secrets de fabrication du plus populaire (on n'a pas dit le meilleur) whisky irlandais, même si plus aucun breuvage n'est distillé sur place. La visite est assez courte - à peine plus de 30 minutes -, et le bâtiment, daté de 1780, est très joli. Pour les fans, c'est l'embarras du choix. Quelques idées originales ? Flâner dans St Stephen's Green, où U2 joua son tout premier concert. Repérer la boutique d'appareils auditifs Bonavox (" belle voix " en latin), qui a donné son surnom à un certain Paul Hewson, alias... Bono. Loger au Clarence Hotel, qui appartient à Bono et The Edge. Se rendre à Fitzwilliam Square, où a été tourné le clip The Sweetest Thing. On en passe, et pas qu'un peu ! C'est beaucoup trop cliché, et les prix ne sont pas si attrayants qu'on pourrait le croire. Bien sûr, la remarque est aussi valable pour les pulls d'Aran. Histoire de comprendre pourquoi l'auteur du célébrissime roman Ulysse est aussi respecté à Dublin. Pour la beauté des monuments et des statues qui servent de décor, et parce que le quartier est souvent décrit comme " les Champs-Elysées de Dublin ". Soyons clairs : ça n'y ressemble absolument pas, mais c'est très agréable quand même...