Le complexe hôtelier où nous avons posé nos valises, Gothia Towers, est déjà un parfait résumé de l'effervescence urbaine ambiante. Le décor : trois hautes tours abritant 1 200 chambres et cinq restaurants, mais surtout, une piscine en verre accrochée à même la façade où, avec des lunettes de plongée, on peut observer les piétons et les voitures qui passent en contrebas. Impressionnant. Et révélateur. " A terme, le lieu devrait s'enrichir de deux tours supplémentaires de 35 étages ", nous apprend l'un des responsables de l'établissement. Un authentique miroir des ambitions économiques de Göteborg, la seconde ville de Suède après Stockholm. Si la capitale reste une ville très appréciée - à juste titre, d'ailleurs -, nous sommes ici face à une métropole au caractère très différent. " Göteborg a un côté plus personnel, il est plus facile d'y trouver ses marques. Sa population est aussi plus sociable. " Une opinion que nous entendrons à plusieurs reprises durant notre séjour...
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Le complexe hôtelier où nous avons posé nos valises, Gothia Towers, est déjà un parfait résumé de l'effervescence urbaine ambiante. Le décor : trois hautes tours abritant 1 200 chambres et cinq restaurants, mais surtout, une piscine en verre accrochée à même la façade où, avec des lunettes de plongée, on peut observer les piétons et les voitures qui passent en contrebas. Impressionnant. Et révélateur. " A terme, le lieu devrait s'enrichir de deux tours supplémentaires de 35 étages ", nous apprend l'un des responsables de l'établissement. Un authentique miroir des ambitions économiques de Göteborg, la seconde ville de Suède après Stockholm. Si la capitale reste une ville très appréciée - à juste titre, d'ailleurs -, nous sommes ici face à une métropole au caractère très différent. " Göteborg a un côté plus personnel, il est plus facile d'y trouver ses marques. Sa population est aussi plus sociable. " Une opinion que nous entendrons à plusieurs reprises durant notre séjour... Un anthropologue rétorquerait que, même au fond de la brousse, une tribu trouverait toujours ses propres membres plus sympathiques que ceux qui vivent de l'autre côté de la rivière. Néanmoins, Göteborg a des arguments objectifs à invoquer. Sa population de 500 000 habitants, d'abord, soit deux fois moins qu'à Stockholm. Mais aussi ses prix plus démocratiques, son rythme de vie plus paisible et peut-être une conscience moins aiguë de sa propre importance - la ville a beau rêver grand, elle accorde ainsi à ses fonctionnaires la semaine de trente heures. La Suède, à ce titre, possède un point commun avec les États-Unis : la côte est se révèle assez détendue, tandis que la côte ouest est plus trépidante. Quand on lui demande s'il est né ici, notre interlocuteur répond avec un sourire en coin : " Non, je viens des environs de Stockholm, mais j'ai eu le coup de foudre pour Göteborg... " Un poisson dans une main, un coquillage dans l'autre, une statue de Poséidon en bronze se dresse au centre de la place de Götaplatsen, où se pressent les touristes pour photographier cet imposant symbole de la ville. Que vient faire une divinité méditerranéenne sous ces latitudes ? Elle célèbre les marins et les pêcheurs, tout simplement, dans cette cité suédoise véritablement imprégnée par la mer. " Imprégnée ", c'est le mot : un guide nous affirme que, si on n'a jamais osé construire de métro à Göteborg, c'est parce que son sol est trop humide. On nous dit aussi que lorsque Bruce Springsteen s'est produit ici en 1985, le public s'est tellement déchaîné que le stade d'Ullevi a manqué de s'affaisser en raison de cette même terre gorgée d'eau... La ville, bâtie à l'embouchure de la rivière Göta en 1621, est traversée par des canaux, prétexte idéal à une petite promenade romantico-maritime. Et bien sûr, Göteborg doit un large pan de son identité à son port, qui constitue à la fois une plaque tournante du commerce international et l'endroit où les pêcheurs viennent larguer leur cargaison. Suggestion de halte : le très beau musée flottant, le Göteborg Maritiman Centrum, qui a été installé dans des bateaux amarrés. Ensuite, pour s'aérer l'esprit, rien de tel qu'une petite virée en navire dans la zone entre terre et mer, dans les méandres d'un archipel où il fait bon respirer. L'excursion dure environ trois heures. Sous les yeux, défilent les îles de Styrsö, Donsö et Kopstadsö, dont les maisonnettes en bois aux tuiles orange débordent de charme. En guise de pause culinaire, nous acceptons les yeux fermés de goûter à l'inévitable gravlax suédois, dont sa sauce à la moutarde aigre-douce et à l'aneth... ne nous fait pas regretter notre choix. Autant dire que dans cette ville, on mange du poisson partout : debout devant l'échoppe d'un vendeur de rue ou à la table de l'un des nombreux - et excellents - restaurants. Rien d'étonnant au fait que l'un des lieux préférés des habitants soit la Feskekörka - littéralement " église au poisson " -, un marché couvert où l'on trouve tout ce qui possède écailles, pinces ou coquilles, dans un décor aux paysages de glace pilée et de citrons. On ne quitte pas Göteborg sans s'offrir une balade dans ses quartiers réputés ou branchés. Parmi ceux-ci, l'incontournable district de Haga, aux pieds de la colline Skansparken. Atouts principaux du lieu : ses ruelles pavées, ses maisons en bois joliment rénovées, ses cafés et ses petites enseignes d'antiquaires où trouver des jouets vintage, des fringues d'occasion ou des chapeaux originaux. Une suite logique ? Emprunter la Magasinsgatan, une artère flanquée de boutiques, restaurants et bars, ponctuée d'une place charmante où sont installés plusieurs food trucks ouverts du matin au soir. Le quartier universitaire du centre-ville, baptisé Vasagatan, mérite également un petit détour, ne fût-ce que pour découvrir la manière dont Göteborg a pris le soin de varier les plaisirs : à côté des nombreux petits parcs publics, sommeillent d'élégants immeubles bourgeois du siècle dernier. Un contraste avec l'architecture moderne dont on vous parlait au début de ce reportage, mais ça tombe bien : ce sont justement les contrastes qui font la force de cette ville pleine de (bonnes) surprises... PAR FILIP HUYSEGEMS